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​Meurtre d’un militant anti-apartheid : un policier inculpé 47 ans après



Près d’un demi-siècle après les faits, un ancien policier du régime d’apartheid a été inculpé lundi par la justice sud-africaine pour le meurtre d’un opposant.

L’affaire vient raviver le douloureux souvenir de l’apartheid. Lundi, Joao Rodrigues, un ancien policier du régime de ségrégation, a été inculpé pour le meurtre d’Ahmed Timol le 27 octobre 1971.
 
Une affaire rouverte il y a un an
Ahmed Timol, enseignant communiste de 29 ans et militant anti-apartheid, avait été déclaré mort après s’être, selon la police de l’époque, jeté du 10e étage du quartier général de la police à Johannesburg, célèbre pour abriter des interrogatoires musclés. Une version à laquelle n’avait jamais cru sa famille.
 
En 2017, ses proches avaient obtenu la réouverture de l’enquête. Une opiniâtreté récompensée puisqu’en octobre 2017, à la lumière de nouveaux témoignages et preuves, la justice sud-africaine a requalifié le suicide du jeune homme en meurtre. Une première dans l’histoire de ce pays.
D’après les éléments dont dispose le juge, le dernier policier à avoir officiellement vu Ahmed Timol vivant, n’est autre que Joao Rodrigues. Les autres policiers impliqués dans son interrogatoire étant aujourd’hui tous décédés.

Remis temporairement en liberté
Visé par deux chefs d’inculpation, meurtre et parjure, Joao Rodrigues a néanmoins été remis en liberté moyennant une caution de 2 000 rands (130 euros) et l’obligation de répondre en septembre à une convocation auprès du tribunal de Johannesburg. La porte-parole du procureur national, Phindi Mjonondwane a précisé que l’issue de ce procès pourrait être « la prison à vie ».
 
Si le régime d’apartheid a officiellement pris fin en 1994, l’Afrique du Sud porte encore très largement les stigmates de cette période. Entre 1963 et 1990, 73 personnes sont mortes en garde à vue et jamais à ce jour, aucun policier n’a été tenu responsable.        

Aminata Diouf

Lundi 30 Juillet 2018 - 21:49



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