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​Présidentielle en RDC: les six candidats invalidés préparent leur contre-attaque​



Après l’invalidation de leur candidature à l’élection présidentielle du 23 décembre en RDC, les prétendants rejetés affinent leur stratégie et, pour certains, préparent les recours qu’ils entendent déposer. Sur vingt-cinq candidatures déposées, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n’en a accepté que dix-neuf. Trois des six recalés – Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito et Samy Badibanga – ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel auprès de la Cour constitutionnelle.

Dès samedi matin, le bureau politique du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba s'est réuni et a désigné une équipe de juristes, chargée de préparer une requête en annulation de la décision de la Ceni, que ce parti doit déposer devant la Cour constitutionnelle au plus tard mardi matin.
 
Le MLC assure qu'il savait depuis plusieurs jours que la Commission électorale « qui est aux ordres de l'exécutif » allait invalider la candidature de son président. Mais, pour le moment, il a choisi de « se focaliser » sur la voie du droit.
 
Pour le sénateur Jacques Djoli, qui développe certains des arguments qui seront au cœur de la défense de son champion, « dire que Jean-Pierre Bemba est exclu parce qu’il est condamné pour subornation de témoins, c’est une évidence ». Mais il accuse la Céni d’avoir « caché de manière malveillante » le fait « que Jean-Pierre Bemba est condamné au premier degré », alors que la loi exige un jugement irrévocable. L’élu ajoute que « la loi électorale cite limitativement les incriminations pour lesquelles on peut être exclu du processus ». Et que la subornation de témoins ne fait pas partie de cette liste.
 
Chez les cadres du parti pourtant, on craint que la Cour constitutionnelle soit instrumentalisée par le pouvoir. Pour l'instant, rassure Jacques Djoli, « nous sommes concentrés sur le seul recours devant les juges », mais d'autres stratégies sont à l'étude. Et si la Cour confirme l'exclusion de Bemba, « chacun devra assumer ses responsabilités ».
 
Adolphe Muzito dénonce « la stratégie du pouvoir » et dépose un recours
 
L’ancien Premier ministre Adolphe Muzito a lui aussi décidé de saisir la Cour constitutionnelle – malgré les suspicions qui, selon lui, pèsent sur les institutions – après son exclusion de la course à la présidentielle.
 
En conférence de presse à Kinshasa, il a estimé que la Céni se substituait au juge en écartant sa candidature. Cette institution d'appui à la démocratie, a-t-il dit, a parlé abusivement d'un conflit d'intérêts avec le Palu, son ancien parti. Le candidat président de la République a affirmé avoir démissionné de ce parti, lettre de démission à l'appui, et avoir ensuite posé sa candidature au nom d'Unis pour la République (URP).
 
Pour Adolphe Muzito, les animateurs de la Céni sont tout simplement engagés dans « la stratégie du pouvoir pour éliminer tous les candidats qui les gênent ». D’après lui, le régime a commencé « par empêcher Katumbi d’entrer » et, s’ils ont laissé Jean-Pierre Bemba rentrer en RDC en donnant « l’impression d’être généreux », c’était pour « l’éliminer par la suite ». Le candidat de l'URP pense que le pouvoir va à présent « continuer » à écarter les autres candidats.
 
Pour Georges Kapiamba, de l’association congolaise pour l’accès à la justice, «si le processus [électoral] se poursuit de cette manière, il y aura effectivement des doutes sur la crédibilité des élections».

Rfi.fr

Dimanche 26 Août 2018 - 12:21



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