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    L’inflation ralentit en France mais se maintient à des niveaux élevés

    Pour le deuxième mois consécutif, la hausse des prix a ralenti en France en septembre à la faveur d’un petit répit du côté de l’énergie, même si l’inflation devrait rester à un niveau élevé dans un contexte incertain à l’approche de l’hiver.

    La hausse des prix à la consommation en France a ralenti en septembre, à 5,6% sur un an, contre 5,9% en août, selon les données provisoires publiées vendredi par l’Insee. Après août, c’est le deuxième ralentissement en glissement annuel depuis juillet 2021, lorsque l’inflation était limitée à 1,2%.

    Ce recul de l’inflation est dû au « ralentissement » de la hausse des prix de l’énergie et des services, explique l’Institut national de la statistique dans un communiqué.#photo1

    Les prix de l’énergie emboîtent le pas aux cours du pétrole, qui pâtissent des craintes de récession. Le baril de Brent évoluait fin septembre sous les 89 dollars, en recul d’un peu moins de 4% sur mois.

    Pour l’économiste d’ING Charlotte de Montpellier, pour qui cette baisse de pression était « attendue mais en trompe-l’œil », la France bénéficie surtout des politiques publiques mises en place, notamment la ristourne sur le prix du carburant, gonflée en septembre mais qui va peu à peu diminuer pour s’éteindre à la fin de l’année.

    « Ce n’est pas un signe de la modération des pressions inflationnistes », estime Mme de Montpellier. L’économiste table sur une nouvelle accélération de l’inflation « en novembre et en décembre, quand la réduction des prix à la pompe va diminuer ».

    Elle s’appuie aussi sur les indicateurs des prix à la production de l’industrie publiés vendredi par l’Insee: en hausse de 2,3% sur un mois, ils affichent une progression de 27,7% sur un an en août. « On sait que cela se répercute après sur les prix à la consommation. Là il y a encore clairement des pressions inflationnistes », argue Mme de Montpellier.

    Risque de récession

    Le gouvernement s’attend quant à lui à un recul de l’inflation « courant 2023 ».

    « Le recul de l’inflation en septembre est certainement une bonne nouvelle, bien qu’il soit trop tôt pour crier victoire, car la pression sur le secteur de l’énergie devrait s’intensifier dans les mois à venir », prévient de son côté Diego Iscaro, économiste pour S&P Global Market Intelligence.

    Du côté des prix des services, la progression des prix ralentit à +3,2% sur un an en septembre, contre +3,9% le mois précédent. Cela reflète la suppression de la redevance audiovisuelle, qui entrait dans cette catégorie, relève Charlotte de Montpellier. L’Insee souligne aussi un effet saisonnier dans les prix de certains services liés au tourisme, en baisse par rapport à l’an passé où septembre avait bénéficié d’un engouement avec le relâchement de restrictions sanitaires.

    Sur la même période, la hausse des prix de l’alimentation atteint +9,9% en septembre. Les prix des produits frais progressent de 11% sur un an, contre +3,5% en août. La hausse des prix des produits manufacturés se poursuit à un rythme modéré (+3,6% contre +3,5% en août).

    L’indice de hausse des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui sert de base de comparaison au niveau européen, augmente lui de 6,2% sur un an en septembre, contre 6,6% en août. Sur un mois, l’IPCH recule de 0,5%, contre +0,5% le mois précédent.

    Pour Diego Iscaro, le ralentissement de l’inflation observé en septembre « ne suffira peut-être pas » à éviter une récession en France, avec un secteur de l’énergie sous pression et « des niveaux d’incertitude croissants ».

    « Avec l’affaiblissement de la demande de services liée à la pandémie, l’effondrement de la confiance des consommateurs et la pression sur les finances des ménages, il est probable que la consommation privée perdra beaucoup de son élan à la fin de 2022 », estime-t-il.

    Selon les chiffres publiés vendredi par l’Insee, la consommation des ménages en France est restée totalement stable (+0,0%) en août. Ces derniers mois, les dépenses des ménages n’affichaient pas de direction claire: elles avaient diminué de 0,9% en juillet, après deux petites hausses consécutives en mai (0,4%) et juin (0,1%).

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