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    Octobre Rose: ces femmes hantées par la peur de se faire diagnostiquer du cancer (Reportage)

    Plus le diagnostic est fait très tôt, plus il y a des chances de guérir. Cette phrase fétiche des toubibs n’est certainement pas arrivée dans l’oreille de certaines femmes. Dans les artères du quartier populeux de Grand Dakar, des femmes hésitent toujours à se faire dépister en cette période de campagne de sensibilisation dite « Octobre Rose ». La raison, elles ont peur de se faire diagnostiquer du cancer du sein.

    Fama Fall est une étudiante de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, en master II à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Croisée sur l’allée qui mène vers la direction des passeports, avec un enveloppe kaki à la main, elle dit ne pas être au courant de « l’Octobre rose », mois d’opération de communication à l’échelle nationale centrée sur le cancer du sein.

    Prise de court, elle lança un « non, je ne sais pas » madame. Après explication, elle se retrouve. « Ah oui, j’avais oublié qu’Octobre rose, un mois dédié aux femmes qui ont le cancer, je me souviens maintenant ». Rigole cette dame au teint noir, mariée et mère.

    À la question à savoir, si elle a une fois fais le dépistage. La vingtaine, vêtue en jean bleu et body gris, s’empresse de couper court à cette interpellation : « Non, non », répète-t-elle avant de lancer « je ne sens pas le besoin de le faire. En plus, j’ai peur de ça », prend-elle congé de la discussion.

    Et pourtant chaque année, durant cette période de campagne de sensibilisation, plus de 2000 femmes font le dépistage du cancer du sein au Sénégal, selon la Ligue sénégalaise de lutte contre le cancer (Lisca).

    Tout le contraire de Mame Fatou Camara. La trentaine. Teint clair, habillée en tenue classique marron, elle s’entoure de ses agents de terrain. Trouvée au rond-point jet-d’eau, la territorylead de Wave fait le point avec ces employés le programme du jour. Après quelques taches à dispatcher, elle s’assoit sur un banc, le temps pour nous de s’expliquer avec elle sur le cancer du sein. Sourire aux lèvres, elle informe qu’elle fait partie des femmes de son entreprise qui organisent chaque année le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus.

    « J’ai peur »

    « Chaque mois d’octobre, je fais partie des femmes désignées par l’entreprise pour organiser un dépistage gratuit du cancer du sein et du col. Mais jamais je me suis fait dépister », avoue-t-elle. La raison ? Notre interlocutrice craint d’un diagnostic positif de la maladie. « J’ai peur de me faire diagnostiquer du cancer du sein », se confie-t-elle, préférant ne pas se faire prendre ne photo.

    Et quant à Sophie et Aissatou, deux élèves de la classe de second, elles attendent sagement sur les bancs du rond-point, leurs extraits de naissance. Ceux-ci sont en attente de légalisation à la mairie de biscuiterie, juste à côté.

    Le débat sur « Octobre rose », elles n’en savent pas grand-chose. Même si l’une d’elle porte un t-shirt rose. Pourtant, le cancer des adolescents existe bel et bien Sénégal. 

    D’ailleurs Mame Fatma Genoune, présidente de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca) qui était l’invité de Rfm Matin, ce lundi à en donner la confirmation en soutenant « que des filles de 15 ans ont été diagnostiquées positives du cancer du sein ». Mais ces deux âgées l’une 15 ans et 15 ans et demi semblent être sceptiques à un contrôle chez le médecin. « Un dépistage n’est pas envisagé » par « peur et surtout par manque d’informations à ce sujet », avouent les deux « amies ».

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