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    Procès de l’attentat de Nice: Chokri Chafroud, l’un des principaux accusés, nie toute implication

    Au procès de l’attentat de Nice, ce jeudi 10 novembre était consacré à l’interrogatoire de Chokri Chafroud, un des trois principaux accusés, poursuivis pour association de malfaiteurs terroristes. Ce Tunisien, ami de Mohamed Lahouaeij Bouhlel, est notamment mis en cause par un message retrouvé dans le téléphone du tueur, qui mentionne une commande d’armes pour « Chokri et ses amis ». Un message que l’accusé, qui nie toute implication, affirme ne pas comprendre.

    Vous connaissez mieux les enjeux de ce procès que moi », s’agace le président, qui presse Chokri Chafroud, un Tunisien âgé de 43 ans, d’être plus clair et complet. Car si l’accusé a contre lui des « éléments qui en soi ne signifient pas grand-chose», leur « convergence créée une présomption de charges laissant penser que vous pourriez avoir connaissance du projet » de l’attentat, le met en garde Laurent Raviot.

    Les réponses du Tunisien, via son interprète, sont souvent laconiques, les « je ne me souviens pas » fréquents. C’est « par peur » et par souci de « se distancer » de l’auteur de l’attentat, dit-il, qu’il a d’abord nié avoir sa proximité avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel, cet « ami » dont il espérait de l’aide pour un logement, lui qui vivait dans des conditions précaires, et qui lui payait des sandwichs et avec qui il échange une quantité de messages, souvent vulgaires: « Il me casse les couilles Daesh » lance ainsi Chokri Chafroud en mars 2016, « on niquera Daesh » réplique alors le futur terroriste.

    Mais c’est sur le sens d’un autre message, envoyé un mois plus tard alors que des affrontements meurtriers ont eu lieu en Tunisie, que la Cour s’attarde: « Charge le camion, mets 2 000 tonnes de fer, coupe-lui les freins et moi, je regarde », écrit Chafroud. « Une blague à la tunisienne » plaide-t-il, pour moucher Mohamed Lahouaeij Bouhlel qui se plaignait sans cesse de son métier de chauffeur, alors qu’il avait la chance d’avoir un emploi et une famille, quand lui n’avait ni travail ni argent.

    Chokri Chafroud à bord du futur camion-bélier qui fera 86 morts

    Et comment explique-t-il ce trajet de cinq minutes – comme en attestent les caméras – dans le futur camion-bélier le 12 juillet 2016 sur la promenade des Anglais ? Mohamed Lahouaiej Bouhlel a « insisté pour que je monte » indique l’accusé, mais « une fois à bord, j’ai vu qu’il parlait tout seul, disait des choses incompréhensibles. Quand j’ai voulu descendre, il s’est énervé, il a commencé à taper sur le volant ».

    Et puis il y a ce texto envoyé juste avant l’attentat à un autre accusé, dans lequel le tueur commande cinq pistolets pour « Chokri et ses amis ». « Peut-être qu’il y a une part d’élucubrations, mais aurait-il pu penser que vous pourriez être impliqué dans un projet terroriste avec d’autres personnes ? », tente le président. « Je ne sais pas ce qu’il avait dans la tête », répète une énième fois Chokri Chafroud, avant d’assurer avec une conviction inédite: « Impossible, je ne suis pas ce type de personne, je ne ferai jamais une chose pareille. »

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