2026 : le Sénégal au bord de l’abîme, la chronique d’un pays qui saigne



Après le souffle court de 2024 sous le virus et l'estomac noué de 2025 face à la vie chère, 2026 s'avance comme l'année de toutes les fractures. À peine un mois s’est écoulé, et déjà, le deuil et l'effroi s'invitent à la table des Sénégalais. Étudiants torturés, élèves tombés et dérives sociétales. Jusqu’où irons-nous ?
 
L’espoir d’une accalmie s’est brisé net sur les récifs d’un début d’année 2026 sanglant. Le temple du savoir est devenu le théâtre de l'horreur la plus absolue. La mort d'un étudiant. Oui, un étudiant a perdu la vie, non pas dans les livres, mais sous les coups de la torture. Comment accepter, dans un État de droit, que ceux qui représentent l'avenir soient broyés par une violence d'un autre âge ?

Cette situation sonne comme le glas de notre humanité. Qu’un jeune, censé porter les aspirations d’une nation, finisse ses jours dans la douleur atroce des sévices est une tache indélébile sur notre conscience collective. Ce drame en a entraîné un autre, fauchant la vie d'un élève dont le seul crime a été de manifester sa solidarité envers ses aînés. Deux destins brisés, deux familles dévastées, et une jeunesse qui ne sait plus si l'école est un chemin vers l'avenir ou un raccourci vers le linceul.
 
À cette violence physique s’ajoute une menace plus insidieuse, une perversion qui défie l’entendement. L'émergence d'un gang dont l'objectif aurait été de propager délibérément le virus du VIH au sein de la population révèle un niveau de déchéance morale terrifiant. C'est une attaque directe contre l'intimité, la santé et la survie même de la population. Une forme de terrorisme biologique qui s'ajoute au climat d'insécurité généralisé.
 
Le constat est d'une amertume insoutenable.

Entre les tensions politiques qui saturent l'air et ces faits divers qui relèvent de la pathologie sociale, le Sénégalais se retrouve pris en étau. On ne parle plus de progrès ou de développement, on en est réduit à compter les morts et à redouter le lendemain. L'accumulation de ces malheurs n'est pas une simple fatalité, c'est le cri d'une société qui craque de toutes parts, où l'impunité et le désespoir finissent par engendrer des monstres.

Le Sénégal ne peut plus se contenter de simples prières ou de communiqués laconiques. Entre la cherté de la vie qui continue d'étrangler les pères de famille et cette violence qui s'attaque à la jeunesse, le contrat social est en train de se rompre sous nos yeux.
 
Si 2026 continue sur cette lancée, ce n'est plus seulement l'économie ou les infrastructures qui seront en ruines, mais le ciment même de notre vivre-ensemble. L'heure n'est plus aux lamentations de circonstance, mais à une prise de conscience radicale. Un pays qui laisse torturer ses fils et qui voit sa santé publique sabotée de l'intérieur est un pays en état d'urgence morale.

Il est urgent de briser la glace avant que tout ne s'effondre.


Vendredi 13 Février 2026 17:51


Dans la même rubrique :