Selon le rapport « Spectrum Policy in Africa » publié par la GSMA en octobre 2026, les opérateurs de télécommunications en Afrique font face à une équation financière de plus en plus complexe.
Bien que les investissements restent soutenus représentant environ « 20 % de leurs revenus » , le revenu moyen par utilisateur (ARPU) a chuté de près de « 49 % » au cours de la dernière décennie. Dans le même temps, le revenu généré par gigaoctet s'est effondré de « 92 % », réduisant la rentabilité des capitaux engagés pour étendre les réseaux.
L'un des principaux obstacles financiers réside dans la tarification et le fardeau fiscal du spectre radioélectrique. La GSMA souligne que les opérateurs africains paient en moyenne « 24 % de plus par unité de spectre » que leurs homologues du reste du monde. De plus, dans certains marchés comme le Bénin, le coût réel est considérablement alourdi par les contraintes réglementaires : si les frais directs représentent 7 % des revenus, « les obligations de couverture géographique et de qualité de service ajoutent 66 % de coûts supplémentaires ».
Cette pression financière disproportionnée sur le spectre réduit les marges de manœuvre des entreprises pour moderniser leurs infrastructures.
Dans des pays confrontés à une forte dépréciation monétaire comme l'Égypte, les coûts élevés des licences ont contribué à une baisse du revenu global des opérateurs de « 16 % » et à une chute des investissements de « 40 % » sur la période étudiée. Le modèle actuel fragilise la santé financière du secteur télécoms sur le continent.
Pour restaurer l'attractivité financière et relancer la dynamique d'investissement, le rapport recommande d'aligner le prix du spectre sur sa valeur économique réelle.
La GSMA estime qu'une réforme globale des politiques d'attribution permettrait de générer une « augmentation cumulative du PIB à travers l'Afrique de plus de 120 milliards de dollars » d'ici 2035.