Le gouvernement sénégalais revoit à la baisse le bilan des suppressions d'emplois dans le pays. Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a annoncé devant les députés un décompte officiel de 351 licenciements vérifiés à l'échelle nationale. Ce chiffre, établi à la suite de concertations entre l'administration et les organisations syndicales, s'éloigne très nettement des estimations de dizaines de milliers de cas évoquées dans le débat public.
Pour régler ces dossiers au cas par cas, l'Exécutif impose une directive claire aux employeurs : la réintégration prioritaire des travailleurs touchés ou, à défaut, la négociation d'un plan social garantissant le versement intégral de leurs droits. La Direction générale du travail supervise actuellement ce processus de régularisation, qui a déjà permis la réintégration de plusieurs salariés, notamment au Port autonome de Dakar où au moins 75 agents ont retrouvé leur poste.
La gestion du cas du Port autonome de Dakar a d'ailleurs servi d'illustration aux divergences de comptage. Alors que la direction du port recensait 181 licenciements et les syndicats 224, le gouvernement a choisi d'aligner son analyse sur le chiffre le plus élevé avancé par les travailleurs, sous réserve de la vérification de chaque dossier. Cette démarche de contrôle individuel vise à distinguer les licenciements fermes des fins de contrats à durée déterminée et des autres formes de rupture de relation de travail.
Malgré ces annonces, la controverse persiste avec les centrales syndicales, qui intègrent les non-renouvellements de contrats dans leur appréciation globale de la crise sociale. Le gouvernement maintient néanmoins sa méthode d'examen dossier par dossier pour assainir le climat social, au moment où se poursuivent les négociations sur la révision du Code du travail et du Code de la sécurité sociale.