51ᵉ session de l’APF : El Malick Ndiaye défend la vision du Sénégal sur le multilatéralisme et la souveraineté des États



À l’occasion de la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), tenue à Yaoundé, le vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, est intervenu lors du débat général consacré au thème : « Multilatéralisme et souveraineté des États ».

Dans son allocution, il a réaffirmé l’attachement du Sénégal au renforcement de la coopération parlementaire et plaidé pour une meilleure préparation de l’espace francophone face aux défis sécuritaires contemporains.

« À l'heure de la complexité des défis internationaux, aucun État, aussi puissant soit-il, ne peut aujourd'hui relever seul les menaces auxquelles notre monde est confronté. Changement climatique, terrorisme, pandémies, crises alimentaires et énergétiques ou encore criminalité transnationale imposent des réponses collectives. Le multilatéralisme n'est pas une option, il est une nécessité », a déclaré El Malick Ndiaye.

Selon lui, le multilatéralisme demeure « le cadre privilégié pour construire des solutions communes dans le respect de la souveraineté des États ».

« La souveraineté ne doit pas être perçue comme un obstacle à l'action collective, mais comme le fondement d'une coopération librement consentie, fondée sur le dialogue, la solidarité et le respect mutuel », a-t-il ajouté.

Évoquant les défis sécuritaires, le vice-président de l’Assemblée nationale a estimé que « le terrorisme, la criminalité transnationale, les menaces hybrides, entre autres, ignorent les frontières et appellent des réponses concertées ».
"l’héritage des présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf dans la construction de la Francophonie"

Il a souligné que les Parlements ont « une responsabilité majeure à travers l’adoption des cadres législatifs, le contrôle des politiques de défense et de sécurité ainsi que le partage des bonnes pratiques ».
Dans cette perspective, El Malick Ndiaye a réaffirmé le soutien du Sénégal à la création d’une commission de la défense et de la sécurité au sein de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

« Le Sénégal soutient la création d'une commission de la défense et de la sécurité au sein de l'Assemblée parlementaire francophone afin de renforcer la coopération parlementaire et de mieux préparer notre espace francophone aux défis sécuritaires du XXIᵉ siècle », a-t-il déclaré.

L’ancien ministre des Transports a également défendu une réforme de la gouvernance mondiale.
« Le multilatéralisme est aussi un puissant levier de développement, d’intégration régionale et de partage des savoirs. Mais il ne pourra pleinement répondre aux attentes que s’il devient plus juste, plus inclusif et plus représentatif », a-t-il affirmé.

Il a estimé que « l’Afrique, qui concentre une part importante des enjeux inscrits à l’agenda international, ne peut continuer à être sous-représentée dans les instances de gouvernance mondiale ».

« Un multilatéralisme crédible exige une gouvernance mondiale plus équilibrée, plus équitable et davantage en phase avec les réalités d’un monde désormais multipolaire », a insisté El Malick Ndiaye.

Le parlementaire a enfin rappelé l’engagement historique du Sénégal en faveur du droit international, des droits humains, des opérations de maintien de la paix des Nations unies et de l’intégration africaine.

Il a également salué l’héritage des présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf dans la construction de la Francophonie, estimant que l’évolution du statut de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie vers une véritable organisation internationale constituerait « une avancée majeure », en renforçant « sa crédibilité, son attractivité, son efficacité et sa capacité d’action ».

En conclusion, il a lancé un appel en faveur d’« un multilatéralisme rénové, plus juste, plus représentatif, plus efficace et plus proche des préoccupations de nos concitoyens ».

Moussa Ndongo

Vendredi 10 Juillet 2026 19:43


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