A PROPOS DES MANIFESTATIONS CONTRE DES AFRICAINS ÉTRANGERS DANS CERTAINS PAYS AFRICAINS (Coumba Ndoffène DIOUF Sociologue)



Ce genre de récit contre l'étranger Africain ou afrophobie ne doit pas prospérer au Sénégal comme c'est en train d'être fabriqué et alimenté de façon politique en Afrique du Sud par des forces nébuleuses entretenues à l'intérieur. Ce genre de récit, fondé sur des arguments, entre autre, tels que le problème de l'emploi des nationaux et des violences causées par des africains dits étrangers, à des objectifs connus qui cherchent, entre autre, à démanteler le projet politique panafricain ("le vieux diviser pour mieux régner") d'émancipation et de libération des Africains face à leur dépendance occidentale.

Le continent connaît des dynamiques de peuplement liées à plusieurs facteurs qui ne sont d'ailleurs pas nouvelles. C'est alors aux Etats africains de veiller chacun à ce que chaque Africain vivant sur leurs territoires nationaux, et y compris les nationaux, remplissent les critères pour séjourner sur l'étendue de leurs territoires tout en respectant les engagements pris aux plans national, sous-régional, régional et international. De telle sorte qu'aucun Africain, quel que puisse être son lieu d'origine, comme d'ailleurs tout être humain, ne puisse être inquiété de séjourner sur un autre territoire national africain.

Une production claire des statistiques sur les violences commises au niveau national sur les identités des délinquants permettrait, sans se voiler la face, de mieux trouver des solutions plus objectives et de dépassionner ce genre de récit. Ceci empêcherait toute stigmatisation qui pourrait être fondée sur des cas isolés et qui peuvent ne pas s'avérer être les plus structurants.

Il en est de même du problème de l'emploi notamment des jeunes nationaux. Le diagnostic a été déjà réalisé par beaucoup d'experts africanistes. Les dynamiques politiques souveraines en cours sur le continent, malgré les défis de balbutiement auxquels elles sont confrontées ici et là, essaient de s'engager dans des voies plus durables et responsables pour résoudre définitivement non seulement le problème de l'emploi par une transformation sur place de nos matières premières mais aussi par une réparation de notre dignité africaine.

En définitive, ce que ce genre de récit contre l'"étranger Africain" sous la forme d'Afrophobie cherche à saper ou déstabiliser, c'est ce nouveau souffle pris par ces nouvelles dynamiques politiques souveraines engagées un peu partout au sein du continent et qui cherchent à s'émanciper de la dépendance surtout occidentale de l'Afrique qui n'a malheureusement fait que trop durer. C'est devenue une demande sociale dans le continent et c'est donc aux Africains d'avoir la claire conscience de quel côté de l'histoire ils doivent se placer.


Dakar, le 1er juillet 2026
M. Coumba Ndoffène DIOUF
Sociologue

Moussa Ndongo

Mercredi 1 Juillet 2026 21:17


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