A la Une: Bouteflika plie mais ne rompt pas



Dans un message à la nation hier, le président algérien a annoncé qu’il ne briguerait finalement pas un 5e mandat et que l’élection présidentielle du 18 avril prochain était reportée sine die, dans le prolongement d’une conférence nationale.

Pour le quotidien gouvernemental El Moudjahid, c’est « une nouvelle ère » qui s’ouvre en Algérie. « Il s’agit d’une réponse franche et sans aucune ambiguïté aux revendications des récentes manifestations populaires. »

Non, répond la presse privée…

En effet, précise Le Huffpost, « en reportant les présidentielles, Abdelaziz Bouteflika semble ainsi envisager de rester à son poste, ce que les Algériens ont déjà refusé en sortant, par millions, manifester un troisième vendredi de suite à travers le pays. »

En fait, avance le site Maghreb Emergent, « Bouteflika veut prolonger indirectement son 4e mandat. »

Ce que ne permet pas la Constitution, pointe pour sa part TSA. En effet, Bouteflika ne précise pas « sur quelle base juridique la décision a été prise puisque la constitution ne prévoit pas de prolongation de mandat. » En fait, poursuit TSA, « le pouvoir cède sur le 5e mandat mais garde la main sur la gestion de la transition. » Et le site algérien de s’interroger : « l’idée a déjà été rejetée unanimement par l’opposition. Qu’en pensera-t-elle maintenant ? Et surtout, que pensera la rue maintenant que Bouteflika propose une transition gérée par le pouvoir ? »

Un piège ?

Pour Le Matin, c’est clair : « Algériens, Bouteflika veut vous duper », s’exclame le site. « C’est une farce, un piège : Bouteflika n'a rien concédé du tout. Mieux : il fera son cinquième mandat tout en passant pour un président à l'écoute de son peuple ! »

En effet, précise Le Matin, « que nous dit-il ? En gros, ceci : je renonce à un cinquième mandat et je reporte les élections présidentielles à plus tard. Pendant ce temps je reste président de la République. Je ne quitterai le pouvoir qu’après la tenue des nouvelles élections… qui n’auront lieu, dans le meilleur des cas, qu’en 2022-2023, le temps de préparer la Conférence nationale inclusive et indépendante (qu’il prévoit pour la fin de l’année 2019 ), conférence qui sera suivie d’un projet de Constitution qui émanera de la Conférence, et le temps d’un référendum populaire. Ajoutons le temps de constituer le gouvernement de compétences nationales, cela nous conduit bien à l’année 2023 voire 2024 ! Autrement dit, conclut Le Matin, Bouteflika compte rester encore le temps d’un mandat ! »

Rfi

Mardi 12 Mars 2019 09:56


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