À la Une: les répercussions en Afrique de la guerre en Ukraine



Sur le plan économique, on l’a vu hier dans cette même revue de presse, la hausse mondiale des prix de certaines matières premières, notamment, le blé, va avoir des répercussions sur la situation alimentaire sur le continent. On s’attend à des augmentations des prix des aliments de base. En revanche, pour ce qui concerne les exportations de pétrole, certains se frottent les mains : « hydrocarbures : manne en vue pour les producteurs africains », titre Le Point Afrique . En effet, « conséquence de la guerre en Ukraine, la flambée des cours du pétrole et du gaz pourrait gonfler les recettes de pays comme l’Algérie, le Nigeria et la Libye. »
 
« L’Algérie qui a une belle carte à jouer sur le gaz, précise Le Point Afrique. L’Algérie qui se dit prête à augmenter ses exportations de gaz. Techniquement, la Sonatrach, société d’État d’hydrocarbure, dispose d’une capacité non utilisée sur le gazoduc Transmed qui pourrait servir à augmenter les approvisionnements du marché européen. Ce gazoduc peut transporter jusqu’à 32 milliards de m3 par an. » Toutefois, tempère Le Point Afrique, l’Algérie est elle-même grande consommatrice de son gaz et les excédents exportables ne seront pas suffisants pour satisfaire les besoins européens…
 
Pour sa part, Le Monde Afrique estime que « l’Algérie pourrait tirer profit de la situation mais pas à court terme. Ses réserves en gaz avoisinent les 2 500 milliards de m3. L’Algérie pourrait "mettre quelques dizaines de milliards de m3 supplémentaires de gaz sur le marché", mais dans quelques années seulement, expliquait, récemment, Ali Hached, ancien vice-président de Sonatrach, à la radio algérienne. » En effet, « faute d’investissements, les capacités d’exportations algériennes en gaz ont baissé aux cours des quinze dernières années. »
 
 
 
Guerre en Ukraine : responsabilités partagées
Par ailleurs, « face à cette tragédie humaine que vit L’Ukraine, les opinions s’expriment, en Afrique, avec passion et elles sont parfois même très tranchées » : c’est ce que relève Le Pays au Burkina Faso.
 
Le Pays qui précise : « les uns tiennent Poutine pour responsable de la guerre en lui déniant tout droit d’envahir un État souverain dont les frontières sont reconnues par l’ONU, les autres accusent les Occidentaux d’avoir instrumentalisé et dressé le petit poussin ukrainien contre l’ogre russe. »
 
En fait, tranche Le Pays, « les responsabilités sont partagées entre les acteurs internationaux qui ont échoué à empêcher cette guerre fratricide et meurtrière en raison de leurs intérêts géostratégiques et économiques. Et c’est le lieu, ici, de dénoncer l’inefficacité du Conseil de sécurité de l’ONU, estime le journal, pris justement au piège des intérêts des grandes puissances (…). »
 
Et puis « on peut aussi déplorer, poursuit le quotidien ouagalais, que les grandes nations aient fermé les yeux sur les signes avant-coureurs de cette guerre en refusant de tirer les leçons de l’histoire. On sait que les régimes militaristes belliqueux naissent toujours des problèmes économiques comme ce fut le cas de l’Allemagne hitlérienne au sortir de la grande crise économique de 1929. Il était tout à fait certain que les sanctions économiques contre la Russie et l’extension de l’OTAN aux frontières russes finiraient par déclencher une sorte de paranoïa chez Vladimir Poutine. »
 
En tout cas, conclut Le Pays, « souhaitons que la communauté internationale, si prompte à donner des leçons à l’Afrique, trouve les moyens d’amener les belligérants à la raison pour mettre fin à la souffrance du peuple ukrainien. »
 
La fin de l’idylle entre la Mauritanie et le Mali ?
À la Une également, ce coup de froid entre la Mauritanie et le Mali… Des dizaines de ressortissants mauritaniens sont portés disparus depuis ces dernières semaines à la frontière avec le Mali. Les familles accusent l’armée malienne de les avoir tués.
 
« Mauritanie-Mali : la fièvre monte à la frontière ! », s’exclame WakatSéra  à Ouagadougou. « Pourtant, le rapprochement entre les deux voisins s’était renforcé depuis quelque temps, note le site burkinabè. En effet, pour s’éviter l’asphyxie économique, parce que mis au ban de la communauté internationale, le Mali comptait sur les ports mauritaniens pour se donner de l’air. La Mauritanie, elle, avait ouvert les portes à son voisin, ne se sentant pas concernée par les sanctions prises par la CEDEAO. »
 
Du coup, estime encore WakatSéra, « ces derniers événements pourraient bien mettre fin à la nouvelle idylle entre les deux pays, ou tout au moins, provoquer une brouille qui ne ferait nullement l’affaire des autorités de la transition malienne. »

RFI

Mercredi 9 Mars 2022 08:40


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