AES : le Burkina et le Mali assument leur riposte aux sanctions américaines



Au Mali et au Burkina Faso, la réponse aux nouvelles restrictions migratoires décidées par les États-Unis ne se limite pas à une réaction diplomatique. Elle est revendiquée comme un choix politique assumé, au nom de la souveraineté nationale et du respect mutuel.
 
Après l’inscription des deux pays sahéliens sur une liste américaine limitant l’entrée de leurs ressortissants sur le territoire des États-Unis, Bamako et Ouagadougou ont annoncé des mesures de réciprocité visant les citoyens américains. Les autorités parlent de « restrictions équivalentes », appliquées sans délai.
 
« Le respect doit être réciproque »
Dans les rues de Bamako, la décision est largement soutenue. Pour de nombreux habitants, il s’agit d’un signal fort adressé à Washington. « Aucun pays ne peut nous manquer de respect, qu’il soit une superpuissance ou non », estime Daba Soumano, chauffeur. « Le respect est mutuel. »
 
Même détermination chez d’anciens militaires et partisans de l’Alliance des États du Sahel. « Nous avons pris un chemin sans retour », affirme un soldat retraité sous couvert d’anonymat. « Ni les États-Unis ni la France ne pourront nous faire plier. »
 
Un bras de fer diplomatique assumé
Du côté des autorités, le ton est tout aussi ferme. Le Mali affirme appliquer « exactement les mêmes conditions » aux Américains que celles imposées aux Maliens se rendant aux États-Unis, dénonçant une décision américaine prise sans concertation préalable. Le Burkina Faso évoque, lui aussi, des mesures de visa strictement équivalentes.
 
Pour certains observateurs et citoyens, cet épisode illustre une nouvelle manière de concevoir les relations internationales. « C’est un combat diplomatique, souvent un rapport de force », explique l’ingénieur Diakaridja Sidibé. « Ils ont montré leur puissance. À nous de défendre notre dignité et notre patriotisme. »
 
Une ligne politique cohérente dans le Sahel
Cette posture s’inscrit dans une dynamique plus large portée par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Depuis leur rupture avec la CEDEAO et leur prise de distance avec plusieurs partenaires occidentaux, ces pays revendiquent une diplomatie fondée sur la souveraineté et le refus de ce qu’ils perçoivent comme des décisions unilatérales.
 
Si le Niger n’a pas encore officialisé de contre-mesures, des sources diplomatiques indiquent qu’une réponse similaire est à l’étude.
 
Dans un contexte international marqué par un durcissement des politiques migratoires et des relations de plus en plus tendues, Bamako et Ouagadougou affirment leur ligne : face aux restrictions américaines, la riposte est assumée, et le message, sans ambiguïté.

Africanews

Jeudi 1 Janvier 2026 12:06


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