Le Syndicat des travailleurs de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) tire la sonnette d’alarme face à la perspective d’un éventuel plan social au sein de l’entreprise. Son secrétaire général et délégué du personnel, Pape Mamadou Dia, affirme que le directeur général, Cheikh Bamba Dièye, envisage un tel dispositif, une orientation que les travailleurs disent fermement refuser.
Invité à s’exprimer sur les ondes de la Rfm, Pape Mamadou Dia a également dénoncé la perte de plusieurs acquis sociaux et réclamé des mesures urgentes concernant notamment l’harmonisation des salaires, la retraite complémentaire et la situation des agents mutés à Ziguinchor.
« Uniformiser les salaires est une décision, pas un budget », a martelé le délégué du personnel, qui déplore une différence de traitement entre les agents affectés à Ziguinchor. Il réclame également l’extension à l’ensemble des travailleurs de la retraite complémentaire, actuellement réservée à une partie du personnel depuis 2021.
Le syndicaliste demande que les questions relatives aux salaires, à la retraite et à la situation des agents de Ziguinchor soient réglées avant la fin du mois de septembre. Il réclame également le paiement des arriérés et dénonce ce qu’il considère comme des violations de la loi et de la Constitution.
Sur la retraite, Pape Mamadou Dia s’interroge par ailleurs sur la régularité des cotisations versées à l’IPRES. Selon lui, plusieurs travailleurs ne connaissent même pas leurs numéros d’affiliation ni la situation exacte de leurs cotisations.
Le délégué du personnel pointe également les priorités financières de l’entreprise. « AIBD SA trouve chaque mois 90 millions de francs CFA pour l’ASECNA pendant que sa propre maison attend », dénonce-t-il, estimant que cette situation traduit une « curieuse hiérarchie des priorisations ».
Face à ces revendications, le syndicat réclame sans délai la tenue d’une réunion d’arbitrage consacrée à l’harmonisation des salaires, ainsi que la transmission des simulations chiffrées demandées depuis janvier 2026.
Le spectre d’un plan social
Au-delà des revendications salariales et sociales, le syndicat se dit particulièrement préoccupé par l’éventualité d’un plan social. Pape Mamadou Dia affirme que, depuis la nomination du directeur général Cheikh Bamba Dièye, la question est régulièrement évoquée, alors que, dans le même temps, de nouveaux recrutements seraient observés.
Les travailleurs entendent donc rester « vigilants » sur ce dossier. Pour le délégué du personnel, un éventuel plan social ne doit en aucun cas servir à « régler des comptes ». Il estime qu’une telle démarche risquerait d’aggraver les tensions dans une entreprise issue d’une fusion qu’il juge déjà « mal négociée ».