Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, a fermement critiqué ce qu'il qualifie de traitement judiciaire différencié entre deux citoyens poursuivis pour des chefs d'accusation identiques. À travers les cas d'Abdou Nguér et de Cheikh Oumar Diagne, l'organisation soulève un débat de fond sur l'équité devant la loi au Sénégal.
L'analyse de Babacar Ba repose sur la chronologie comparée de deux dossiers de flagrant délit pour diffusion de fausses nouvelles. D'un côté, Abdou Nguér, placé sous mandat de dépôt le 18 février 2026, a vu son procès renvoyé au 20 mars, soit un délai d'un mois. De l'autre, Cheikh Oumar Diagne, écroué le 9 mars 2026, a été jugé séance tenante le 11 mars, seulement deux jours après son arrestation.
Pour le Forum du Justiciable, cette disparité dans le traitement de faits similaires constitue une rupture majeure d'égalité entre les citoyens. Selon Babacar Ba, une justice qui s'applique de manière si différenciée sape la confiance du public envers l'institution judiciaire. Cette situation alimente des suspicions de partialité et renforce, aux yeux de l'opinion, l'idée d'une justice à « deux poids, deux mesures ».
L'exigence de restauration de l'État de droit
Face à ce constat, l'organisation rappelle que l'égalité devant la loi est un pilier démocratique incontournable. Restaurer cette équité est présenté comme une condition sine qua non pour garantir le respect des droits fondamentaux et préserver la crédibilité de l'appareil judiciaire. Pour le Forum du Justiciable, la consolidation de l'État de droit passe impérativement par une application uniforme et prévisible des règles de procédure pour tous les justiciables.