Abdourahmane Sarr : «Le Sénégal ne doit pas être géré dans le juridisme quand le peuple souverain peut arbitrer»

Abdourahmane Sarr, économiste et ancien ministre sénégalais de l'Économie, du Plan et de la Coopération (avril 2024 – mai 2026), a soutenu que son pays «ne doit pas être géré dans le juridisme quand le peuple souverain peut arbitrer», dans un contexte de bras de fer entre l’exécutif et la majorité parlementaire sur le projet de Loi de finances rectificatives (LFR). Il a même appelé à «dissoudre l’Assemblée nationale le 2 décembre pour que le peuple puisse arbitrer cette impasse si le Sénégal veut un programme avec le FMI».
PressAfrik vous propose, en intégralité, son texte publié sur Facebook.



Le FMI avait donné son accord sur la LFR 2026 qui a été déposée à l’assemblée nationale avec son complément qui est la LFI 2027 avec comme objectifs principaux selon la directrice de la communication 1) la soutenabilité budgétaire 2) la protection des couches vulnérables et 3)  la préservation des dépenses prioritaires alignées aux objectifs du Sénégal dit-elle. Cette logique suppose en partie que le Sénégal soit en ajustement budgétaire durant la période du programme.
 
Il se trouve que si une LFR 2026 de réalisation probable est adoptée, le déficit budgétaire sera beaucoup plus faible que ce que l’accord avec l’exécutif a prévu et le déficit de 2027 après rebasing sera facilement à 3% du PIB. Même le financement de l’année 2026 pourrait être bouclé sans le décaissement du FMI.
 
Cela veut dire que ce qui devrait sortir d’un compromis entre l’exécutif et le législatif sera meilleur que ce qui avait été convenu pour la consolidation budgétaire.
 
Ce compromis au-delà des budgets devrait faire l’objet d’un engagement conjoint de l’exécutif et de la majorité parlementaire pour que le programme du Sénégal soit approuvé par le conseil d’administration du FMI au vu de notre configuration politique. À défaut, il faudra dissoudre l’assemblée nationale le 2 décembre pour que le peuple puisse arbitrer cette impasse si le Sénégal veut un programme avec le FMI. Le Sénégal ne doit pas être géré dans le juridisme quand le peuple souverain peut arbitrer lui même
 
Un programme avec le FMI est désirable mais comme nous l’avons soutenu depuis 2024: 1) la dette du Sénégal est viable 2) nous pouvons refinancer notre dette sans restructuration 3) les ressources du PRES ont renforcé notre résilience contribuant à hauteur de 300 milliards sur les 955 milliards de recettes budgétaires collectées entre 2025 et 2026 permettant également d’amortir un choc majeur de près de 600 milliards de subventions.
 
L’année 2027 devrait être l’année de mise en œuvre de la SND avec des finances publiques assainies. Nous sommes déjà au rez-de-chaussée.
 
Librement. 

Abdourahmane Sarr 

Charles KOSSONOU

Vendredi 30 Octobre 2026 11:26


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