Affaire AEE Power-ASER : le collectif des avocats de Seydou Kane exige la traçabilité des 37 milliards décaissés



Le collectif des avocats de Seydou Kane a dénoncé ce mardi 5 mai, lors d'une conférence de presse, une confusion entretenue dans le litige opposant la société AEE Power à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). La défense centre désormais le débat sur la traçabilité d’une avance de démarrage de 37 milliards de francs CFA, décaissée en juin 2024, dont l'utilisation reste, selon elle, indéterminée alors que les travaux sur le terrain n'ont pas débuté.

 

Au cœur de cette sortie médiatique, Me Boubacar Koïta a interpellé directement les autorités et l'opinion publique : « La seule question qui vaille aujourd’hui est simple : où est passé l’argent du contribuable sénégalais ? ». Cette interrogation fait suite au versement de 56 millions d’euros (environ 37 milliards FCFA) effectué sous garantie souveraine de l’État du Sénégal auprès de partenaires espagnols. Les avocats fustigent le fait que l'on se focalise sur des accusations de faux portant sur 900 millions de francs CFA pour, disent-ils, « distraire l'opinion » et rester « silencieux sur des montants bien plus importants ».

 

Les conseils de l’homme d’affaires soutiennent que Seydou Kane a été le véritable « structurant » du projet. Ils dénoncent son éviction brutale une fois les fonds sécurisés, s’interrogeant sur la logique d'écarter le partenaire local après le décaissement. Cette situation a d'ailleurs conduit les institutions financières espagnoles à suspendre le financement global, inquiètes de l'absence de démarrage des travaux dans les régions de Kaffrine, Kolda, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou.

 

Pour Me Abdou Dialy Kane, cette affaire porte atteinte au climat des affaires et à l'image d'un opérateur qu'il qualifie de patriote. Il déplore que « dans tous les pays, les hommes d’affaires accompagnent l’économie » mais qu'au Sénégal, on tente de « jeter en pâture » son client sans fondement légal. La défense réfute également l'amalgame fait entre plusieurs projets pour créer une « affaire dans l’affaire » et appelle les organes de contrôle à suivre la trace du virement massif initial pour éclairer la lanterne des Sénégalais.



Mardi 5 Mai 2026 21:49


Dans la même rubrique :