Affaire Diagne : son avocat dénonce un retour aux « méthodes du passé »



L'avocat de Cheikh Oumar Diagne, Me Hosni Maati du Barreau de Paris, a réagi ce vendredi 6 mars 2026 au placement en garde à vue de son client à Dakar. Dans un communiqué de presse, la défense précise que le Directeur des Moyens Généraux de la Présidence est officiellement visé par deux chefs d'accusation graves : la diffusion de fausses nouvelles (article 255) et des manœuvres de nature à compromettre la sûreté de l’État (article 80). Ces poursuites font suite à ses déclarations publiques sur la responsabilité politique du gouvernement dans la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba.
 
La défense souligne une ironie politique marquante en rappelant que le Premier ministre actuel, Ousmane Sonko, avait lui-même subi des accusations pénales similaires sous le régime de Macky Sall. Me Maati insiste sur le fait que le changement politique de 2024 est né d'un sentiment d'injustice face à de telles pratiques. Il exhorte les nouvelles autorités à ne pas reproduire les méthodes qu'elles dénonçaient autrefois, affirmant que le Sénégal ne peut progresser « en reculant » vers l'instrumentalisation judiciaire.
 
Pour l'avocat parisien, les propos de Cheikh Oumar Diagne s'inscrivent dans un cadre légitime de débat d'intérêt public concernant l'usage de la force par les unités de sécurité. La mort d'Abdoulaye Ba est qualifiée de « drame humain » exigeant une transparence totale. La défense soutient que la recherche de vérité sur les conditions de vie des étudiants et le versement des bourses ne doit pas être étouffée par des poursuites pénales, au nom du respect de l'État de droit.


Vendredi 6 Mars 2026 22:06


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