Affaire des homosexuels : Ousmane Sonko recadre Mame Makhtar Gueye et lui retire la garde rapprochée

Le Premier ministre sénégalais a vivement critiqué les actions de l'ONG Jamra et de son vice-président, Mame Makhtar Gueye, concernant la lutte contre l'homosexualité, rappelant que la gestion des questions de mœurs est une prérogative exclusive de l'État. Il a par ailleurs annoncé avoir demandé le retrait de la protection policière dont bénéficiait M. Gueye.



Dans une déclaration sans équivoque devant les députés à l'occasion d'une session de Questions d'actualité, le Premier ministre Ousmane Sonko a haussé le ton face à ce qu'il qualifie de dérives de la part d'acteurs de la société civile s'érigeant en "missionnaires divins". Visant directement l'organisation non gouvernementale Jamra, connue pour son activisme conservateur, le chef du gouvernement a tenu à clarifier les rôles et les responsabilités de chacun dans le traitement des questions de société sensibles.

 

Le point central de son intervention repose sur un principe fondamental de l'État de droit : la puissance publique est la seule légitime à intervenir en matière de mœurs. « Il faut qu'on se dise la vérité, c'est une prérogative régalienne », a-t-il martelé, soulignant que la dénonciation et la justice ne sauraient être privatisées. Cette déclaration est faite en référence à la menace de publication d'une liste des personnes typées "homosuxelles" au Sénégal

La fin de la protection rapprochée

Critiquant ouvertement la pratique consistant à publier des listes de noms ou à jeter des individus en pâture à l'opinion publique, Ousmane Sonko a jugé cette méthode inacceptable. Il a estimé que de tels agissements revenaient à substituer une justice privée à celle, officielle, de l'État.

 

En conséquence directe de cette posture, le Premier ministre a révélé avoir pris une décision forte à l'encontre de Mame Makhtar Gueye, qui bénéficiait jusqu'alors d'une protection rapprochée octroyée par les services de l'État. Cette mesure est justifiée par le fait que les actions de dénonciation publique menées par le responsable de Jamra n'ont été mandatées par aucune autorité officielle. « J'ai dit au ministre de l'Intérieur d'aller retirer cette sécurité. Personne ne lui a ordonné de sortir des listes et de donner des noms », a conclu fermement Ousmane Sonko.

 

Cette déclaration marque un tournant dans les relations entre le nouveau gouvernement et certaines organisations de la société civile, et réaffirme avec force le monopole de l'État sur les questions de sécurité et de justice.


Fodé Bakary Camara

Mardi 24 Février 2026 13:03


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