Afrique de l’Ouest : La CSRP en première ligne contre le pillage des océans



Un cinquième de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) à l’échelle mondiale se concentre dans les eaux des sept États membres de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP). Face à cette pression sans précédent sur les ressources halieutiques, l’organisation ouest-africaine déploie un arsenal stratégique pour protéger son "or bleu".
 
Le secrétaire permanent de la CSRP, Khallahi Brahim, tire la sonnette d'alarme. Selon lui, la sous-région est devenue une zone d'attraction majeure pour les navires pratiquant la pêche INN, avec des statistiques mondiales plaçant 20 % de ces activités illégales dans cet espace maritime. Depuis sa création en 1985, l'organisation regroupant le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone s’efforce d’harmoniser les politiques nationales pour faire face à ce défi commun.
 
Pour éradiquer ce fléau, la Commission mise sur une approche globale. Le premier levier selon l'Aps qui donne l'information, est d'ordre législatif. Grâce à la Convention sur le droit de poursuite, les États membres disposent d’un cadre légal puissant leur permettant de traquer les navires contrevenants jusque dans les eaux internationales s'ils violent les lois territoriales. En 2025, une nouvelle étape a été franchie avec l'adoption d'une convention dédiée au suivi et au contrôle, renforçant la coordination entre les pays.
 
Parallèlement au droit, la CSRP investit massivement dans l'humain et la technique. Le renforcement des capacités se traduit par des programmes de formation intensifs et la fourniture d'équipements de pointe aux administrations nationales. Sur le terrain, cette solidarité prend la forme d'opérations conjointes de surveillance : les inspecteurs des pêches de différents pays montent à bord de moyens navals mutualisés pour patrouiller dans les zones à risque, une méthode qui a permis à la Commission d'asseoir sa crédibilité bien au-delà du continent africain.
 
Cette expertise accumulée au fil des ans a permis de nouer des partenariats stratégiques de long terme. Du Luxembourg à la Banque mondiale, en passant par l’Union européenne, les bailleurs de fonds soutiennent des projets d'envergure pour la protection des ressources. Un nouveau volet, spécifiquement consacré à la protection des océans, est d'ailleurs en préparation avec le soutien de l'UE.
 
Pour Khallahi Brahim, l'enjeu dépasse la simple police des mers. Il s'agit de garantir la pérennité d'une ressource vitale pour les populations. Après quarante ans d'existence, la CSRP réaffirme son rôle de sentinelle, dévouée à la gestion durable des écosystèmes marins en Afrique de l'Ouest.


Jeudi 19 Février 2026 17:45


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