Plus de 500 acteurs de l'agriculture écologique, réunis au sein de l’Association Sénégalaise des producteurs de semences paysannes (ASPSP), appellent l'État à reconnaître officiellement les systèmes semenciers paysans. Cette revendication majeure a été formulée lors de la Foire locale des semences paysannes tenue du 14 au 16 avril 2026 à Ndiémane, dans la région de Thiès.
Le collectif, qui regroupe des producteurs, chercheurs et organisations de femmes, dénonce la « criminalisation » des semences traditionnelles par les lois actuelles sur la propriété intellectuelle, au profit de l'agro-industrie. Pour ces acteurs, la sauvegarde des variétés végétales endogènes est l'unique garant de la souveraineté alimentaire nationale face à la montée des intrants chimiques et des organismes génétiquement modifiés (OGM).
Au cœur des recommandations de Ndiémane figure l'accélération d'une politique nationale accordant aux semences paysannes les mêmes droits qu'aux variétés industrielles, mais via une réglementation distincte. Les participants ont également plaidé pour un renforcement du rôle des femmes, qualifiées de « gardiennes des semences », dans la gouvernance de ces systèmes et pour la création de « cases de semences communautaires » territorialisées.
Enfin, l'ASPSP et ses alliés sollicitent la mobilisation des juristes et des partenaires financiers pour sécuriser les droits collectifs sur ce patrimoine génétique. Cette démarche s'inscrit dans une volonté d'institutionnaliser l'agroécologie au Sénégal, en s'appuyant notamment sur l'intérêt croissant de l'Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) pour ces savoir-faire ancestraux.