Alerte rouge au Sahel : 53 millions de personnes menacées par la faim dès juin 2026



Le spectre de la famine s’intensifie en Afrique de l’Ouest. Selon les dernières données du Cadre Harmonisé, plus de 52,8 millions de personnes pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë lors de la prochaine période de soudure (en juin-août 2026).  Alors que 41,8 millions de personnes luttent déjà pour se nourrir convenablement en ce début d'année, les projections pour la période juin-août 2026 sont alarmantes. Sans intervention massive, le nombre de victimes de la faim augmentera de plus de 10 millions en seulement six mois. Pour l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture  (FAO)  cette dégradation résulte d'un cocktail toxique de facteurs qui s'auto-alimentent. « L’insécurité persistante limite l’accès aux terres et aux marchés », explique Koffy Dominique Kouacou, chef du REOWA (FAO).

Si 15 pays de la région sont sous surveillance, la situation dans l’État de Borno, au nord-est du Nigéria, est jugée critique. Dans les localités de Dikwa, Kaga et Kalabalge, plus de 15 000 personnes risquent de franchir le seuil de la "Phase 5" celui de la catastrophe alimentaire, l’ultime étape avant la famine déclarée. D'autres nations comme le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Ghana affichent également des indicateurs préoccupants, avec plus de 1,4 million de personnes déjà classées en phase d'urgence (Phase 4). Si 15 pays de la région sont sous surveillance, la situation dans l’État de Borno, au nord-est du Nigéria, est jugée critique. Dans les localités de Dikwa, Kaga et Kalabalge, plus de 15 000 personnes risquent de franchir le seuil de la "Phase 5" celui de la catastrophe alimentaire, l’ultime étape avant la famine déclarée. D'autres nations comme le Tchad, le Cameroun, le Niger, le Burkina Faso et le Ghana affichent également des indicateurs préoccupants, avec plus de 1,4 million de personnes déjà classées en phase d'urgence (Phase 4).

Face à cette "détérioration majeure" qui se profile, la FAO exhorte les gouvernements et les bailleurs de fonds à ne pas attendre que le pire survienne. L'organisation plaide pour un double changement de paradigme : Soutenir la production vivrière locale pour réduire la dépendance aux importations et d’Investir dans la résilience des communautés pour qu'elles puissent absorber les futurs chocs climatiques. « Ces chiffres sont un rappel de l'urgence d'agir collectivement », martèle Mme Bintia Stephen-Tchicaya, coordinatrice sous-régionale de la FAO. Pour les experts, le Cadre Harmonisé ne doit plus seulement être un outil d'observation, mais le point de départ d'une offensive diplomatique et financière sans précédent pour stabiliser l'Afrique de l'Ouest. Il faut rappeler que le cycle actuel couvre 1 142 zones pour la période en cours (octobre – décembre 2025) et la période projetée (juin – août 2026). Trois pays (Gambie, Guinée-Bissau et Burkina Faso) n’ont pas organisé d’analyse pour ce cycle.

F. Bakary Camara

Mardi 27 Janvier 2026 15:54


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