Officiellement, les deux chambres du Parlement algérien ont voté à l'unanimité le déploiement de troupes militaires hors de leurs frontières pour protéger « leurs intérêts énergétiques » quelques jours après la signature d'un protocole d'accord militaire entre Alger et Niamey.
Les intérêts énergétiques sont identifiables : le site de Kafra, dans le nord du pays, dans la région d'Agadez, où un puits de forage pétrolier a été inauguré en août dernier, co-géré par la société publique algérienne Sonatrach, et le grand projet de gazoduc trans-saharien entre l'Algérie et le Nigeria, où le Niger fait office de pays de transit.
Une « rivalité avec les Émirats arabes unis »
« La diplomatie ne suffit plus face à la multiplicité des acteurs dans la région », explique Michael Ayari, chercheur à l'International Crisis Group, qui pointe la passe de Salvador, un point de passage stratégique près de la frontière algérienne, comme zone de rivalités entre plusieurs acteurs. « Il y a cette rivalité avec les Émirats arabes unis, proche du clan Haftar dans l'est libyen, Alger veut éviter que l'armée d'Haftar tire des bénéfices de cette zone, souligne le chercheur. Nous sommes dans un jeu de rôles qui va au-delà de la sécurisation d'investissements et cela pourrait créer des grosses tensions dans la région. »
Après le vote des deux Chambres dimanche, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a décidé ce lundi d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire au Niger, « à la demande des autorités nigériennes », a indiqué la présidence de la République dans un communiqué.
L'annonce vue de Niamey
L'Algérie avait déjà déployé plusieurs avions de combat au Niger suite à la tentative de déstabilisation à Niamey il y a deux mois. Alger fait désormais un pas de plus, avec cette décision d'envoyer des unités militaires « à la demande des autorités nigériennes », selon l'agence de presse APS. L'objectif, selon la présidence algérienne, est de sécuriser des intérêts économiques et énergétiques communs. L'Algérie est notamment présente sur le site pétrolier de Kafra. Aucun détail n'a en revanche été communiqué sur les effectifs, les missions précises des soldats, leur durée, ni leur localisation.
Alors que le pouvoir militaire de Niamey met régulièrement en avant sa souveraineté, certaines voix regrettent la perspective d'une présence militaire étrangère. C'est un partenariat, une coopération avec les forces nigériennes, pas une substitution, répondent les soutiens du pouvoir, comme le projet civilomilitaire ACM.
Autre interrogation : le Conseil consultatif de la refondation – le Parlement nigérien – sera-t-il convoqué ? Selon la charte de la refondation, la présence de forces étrangères au Niger est autorisée par le président après référendum ou, en cas d'urgence, après avis du CCR.
Les intérêts énergétiques sont identifiables : le site de Kafra, dans le nord du pays, dans la région d'Agadez, où un puits de forage pétrolier a été inauguré en août dernier, co-géré par la société publique algérienne Sonatrach, et le grand projet de gazoduc trans-saharien entre l'Algérie et le Nigeria, où le Niger fait office de pays de transit.
Une « rivalité avec les Émirats arabes unis »
« La diplomatie ne suffit plus face à la multiplicité des acteurs dans la région », explique Michael Ayari, chercheur à l'International Crisis Group, qui pointe la passe de Salvador, un point de passage stratégique près de la frontière algérienne, comme zone de rivalités entre plusieurs acteurs. « Il y a cette rivalité avec les Émirats arabes unis, proche du clan Haftar dans l'est libyen, Alger veut éviter que l'armée d'Haftar tire des bénéfices de cette zone, souligne le chercheur. Nous sommes dans un jeu de rôles qui va au-delà de la sécurisation d'investissements et cela pourrait créer des grosses tensions dans la région. »
Après le vote des deux Chambres dimanche, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a décidé ce lundi d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire au Niger, « à la demande des autorités nigériennes », a indiqué la présidence de la République dans un communiqué.
L'annonce vue de Niamey
L'Algérie avait déjà déployé plusieurs avions de combat au Niger suite à la tentative de déstabilisation à Niamey il y a deux mois. Alger fait désormais un pas de plus, avec cette décision d'envoyer des unités militaires « à la demande des autorités nigériennes », selon l'agence de presse APS. L'objectif, selon la présidence algérienne, est de sécuriser des intérêts économiques et énergétiques communs. L'Algérie est notamment présente sur le site pétrolier de Kafra. Aucun détail n'a en revanche été communiqué sur les effectifs, les missions précises des soldats, leur durée, ni leur localisation.
Alors que le pouvoir militaire de Niamey met régulièrement en avant sa souveraineté, certaines voix regrettent la perspective d'une présence militaire étrangère. C'est un partenariat, une coopération avec les forces nigériennes, pas une substitution, répondent les soutiens du pouvoir, comme le projet civilomilitaire ACM.
Autre interrogation : le Conseil consultatif de la refondation – le Parlement nigérien – sera-t-il convoqué ? Selon la charte de la refondation, la présence de forces étrangères au Niger est autorisée par le président après référendum ou, en cas d'urgence, après avis du CCR.