Assassinat des deux journalistes français au Mali: Article 19 dit sa consternation





«Nous sommes consternés et attristés par l’assassinat des deux journalistes et présentons nos condoléances à leur famille, à RFI et à toute la corporation des journalistes. Cet assassinat est un crime odieux que nous condamnons fermement et qui ne doit pas rester impuni», déclare d’emblée Fatou Jagne Senghor, Directrice de Article 19, une organisation internationale indépendante de droits humains qui œuvre à travers le monde pour la promotion, la protection et la défense de la liberté d’expression.

« Ce crime vient rappeler l’environnement hostile et d’insécurité dans lequel les journalistes travaillent au Mali. Il pose avec acuité la problématique des menaces qui pèsent sur la sécurité des journalistes, notamment dans le nord du pays. En effet, des dizaines de journalistes et des organes de presse ont été attaqués dans cette partie du pays depuis le coup d’état du 22 mars 2012 entrainant la fuite de beaucoup de journalistes de ces zones. La grande majorité de ces exactions ont été commises par les insurgés. La mort des deux journalistes Gislaine Dupont et Claude Verlon est un rappel brutal de la grande confusion et la situation de non droit qui règnent encore dans le nord du pays » poursuit l’organisation qui invite par ailleurs « les autorités maliennes ainsi que toutes les forces sur le territoire malien » à « l’obligation de veiller au droit à la sécurité et à la protection des journalistes conformément aux lois nationales et conventions internationales».

A cet effet, Article 19 qui tire son nom de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 qui garantit la liberté d’expression qui se réjouit que « le gouvernement malien » promette « par la voix de son porte-parole, Mahamane Baby que certaines mesures vont être prises, notamment l’ouverture d’une enquête judiciaire au Mali », encourage « de telles mesures. 

Ce, à travers «une enquête indépendante et transparente » qui « doit être ouverte et conduite par les autorités maliennes avec la plus grande célérité pour élucider cet assassinat afin de traduire en justice leurs auteurs. Cela constitue l’un des meilleurs moyen de dissuasion contre de tels actes et de lutter contre l’impunité», souligne Fatou Jagne Senghor.

D’après des informations fournies par RFI et les sources locales, les deux journalistes ont été enlevés à Kidal et embarqués dans une voiture alors qu’ils venaient juste de sortir du domicile d’Ambéry Ag Ghissa, un des responsables du Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA). Les deux journalistes ont été par la suite abattus par leurs ravisseurs quelque temps après.

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a donné plus de précisions sur les circonstances de leur mort en indiquant qu’ils  ont été «assassinés froidement, l'un de deux balles, l'autre de trois balles, et ont été retrouvés à quelques mètres de la voiture fermée à clé».

Dié BA

Mardi 5 Novembre 2013 20:47


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