Assassinats de Ghislaine Dupont et Claude Verlon : un juge réclame une nouvelle déclassification de documents

Le juge d'instruction antiterroriste qui enquête sur l'assassinat au Mali de la journaliste de RFI Ghislaine Dupont et du technicien de reportage Claude Verlon, en novembre 2013, a demandé une nouvelle déclassification de documents secret-défense. Cette requête, envoyée le 12 janvier au ministère français des Armées, intervient après une demande des parties civiles.



 Il y avait déjà eu des déclassifications demandées par les juges précédents. Mais sans grand succès.
 
Aujourd'hui, le contexte a changé, depuis le retrait des militaires français du Mali en 2021. Pour la présidente de l'Association des amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, Danièle Gonod, « il n'y a plus de militaire français au Mali, donc plus de source à protéger sur place ».
 
Le juge a demandé au ministère des renseignements sur deux suspects encore vivants : l'un des deux commanditaires présumés, Sidan Ag Hita, devenu un chef jihadiste important, et le membre du commando, Hamadi Ag Mohamed.
 
Autre suspect concerné, l'ancien chef touareg Cheick Ag Haoussa. L'homme était déjà cité dans l'enquête en tant que témoin mais il est devenu un suspect important à la suite de nouvelles informations. Les deux reporters l'avaient rencontré deux jours avant leur assassinat et quelques heures avant l'enlèvement, l'homme aurait été vu dans son véhicule en compagnie de Baye Ag Bakabo, chef du commando responsable des enlèvements et des assassinats. Depuis, Cheick Ag Haoussa est mort dans un attentat contre son véhicule à Kidal en 2016.
 
Les parties civiles s'étonnent aussi de l'absence au dossier du rapport des Forces spéciales françaises sur le drame, et réclament l'écoute téléphonique où l'on entendrait un commanditaire reprocher à un membre du commando d'avoir « gâché la marchandise ».
 
Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, avaient été enlevés lors d'un reportage pour RFI, puis tués le 2 novembre 2013 près de Kidal, quelques mois après l'opération française Serval destinée à contrer des jihadistes menaçant de prendre Bamako. Si ce double assassinat a été revendiqué par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'affaire n'a jamais été élucidée. Et de nombreuses informations n'ont toujours pas été déclassifiées.

RFI

Lundi 9 Février 2026 22:48


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