Assemblée nationale: Sonko se prononce sur la saisine du Conseil constitutionnel contre son élection



L’ex-Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a été largement élu président de l'Assemblée nationale du Sénégal, le mardi 26 mai 2026, en obtenant une majorité écrasante de 132 voix sur 133 votants, malgré le boycott des députés de l’opposition. Ces derniers lui reprochent d’avoir violé la Constitution et  le règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

 L’opposition parlementaire affirme qu'en choisissant de rester Premier ministre plus de huit jours après le scrutin de novembre 2024, Sonko aurait définitivement perdu son siège au profit de son suppléant. Les députés contestataires, qui ont saisi le Conseil constitutionnel pour faire annuler l’élection, rejettent fermement l'argument de la majorité qui se défend en évoquant un «mandat suspendu».

Ce lundi 16 juin, au cours d’une interview, les journalistes de RFI et France 24  ont voulu savoir si Sonko serait prêt à se soumettre à une décision défavorable du Conseil constitutionnel. Sa réponse s’est voulue ferme. «Bien sûr, que ferais-je d'autre, si ce n'est de me soumettre ? Nous attendrons cette décision et je n'ai pas de commentaire à faire sur cette question», a dit Sonko, insinuant qu’il n’aura pas d’autre choix que de subir la décision.  

Néanmoins, de façon implicite, le président de l’Assemblée nationale a laissé entendre que le Conseil constitutionnel devrait se déclarer incompétent. «Je pense que c'est le Conseil constitutionnel lui-même qui, le 27 novembre 2024, a proclamé les résultats définitifs [des législatives, Ndlr]. Et dans cette décision, le Conseil constitutionnel a considéré que M. Ousmane Sonko, tête de liste du Pastef, est député à l'Assemblée nationale. Il n'ignorait pas à ce moment-là que j'étais Premier ministre du Sénégal. Donc, le Conseil constitutionnel a lui-même répondu à cette question définitivement. Et dans sa jurisprudence constante, il a toujours considéré qu'il n'était même pas compétent, parce que ça relève des questions d'organisation de l'Assemblée», a-t-il expliqué.

A l’heure actuelle, les experts sont divisés sur la légalité du retour de Sonko à l’Assemblée nationale. La décision du Conseil constitutionnel, quant à elle, devrait intervenir avant le 30 juin 2026.

Charles KOSSONOU

Lundi 15 Juin 2026 10:21


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