L’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES) ambitionne de briser les cloisonnements entre science, religion et médias. Pour ce faire, l’ASES a décidé de mettre la compréhension du système solaire à la portée des décideurs d'opinion. Durant trois jours, imams et journalistes ont été simultanément initiés à l'astronomie, à la compréhension des mouvements de la Terre et de la Lune, à la distinction de la nouvelle lune astronomique de l'apparition visible du premier croissant, à l'interprétation des éphémérides et à la connaissance des conditions d'observation des astres. La rencontre a également démontré que la technologie satellitaire constitue désormais un pilier de la souveraineté nationale.
Cet atelier a permis d'articuler la rigueur scientifique autour des urgences socio-économiques du pays et de la présentation des grandes orientations du Sénégal dans le domaine spatial. Lors de la cérémonie d'ouverture, le directeur général de l’ASES, Maram Kaïré, a rappelé « l’importance cruciale du spatial dans des domaines aussi variés que la météorologie, l’agriculture, la sécurité, l’éducation ou la gestion des inondations », puis il a insisté sur « la nécessité de rendre cette réalité accessible à l’ensemble de la société sénégalaise ».
Le directeur général a clarifié la philosophie de l’événement en affirmant que « cet atelier ne se substitue en aucun cas aux autorités religieuses et n’a pas pour objet de trancher les divergences relatives au calendrier ou à l’observation du croissant lunaire, mais constitue avant tout une formation rigoureuse aux sciences spatiales et à l’astronomie ». Il a expliqué que « l’étude du système Terre-Lune-Soleil, des éphémérides et des mouvements célestes vise à mettre des outils scientifiques utiles à la disposition des imams et guides religieux pour enrichir leur compréhension ». Il a rappelé que « la science, dont le ciel demeure le langage universel, offre aux journalistes les repères indispensables pour structurer un journalisme scientifique affranchi des approximations ». Cette approche théorique s’est accompagnée d’une dimension expérimentale avec des séances nocturnes d’observation de la Lune et des corps célestes à l'aide de télescopes sous la conduite des astronomes.
Interrogé par la presse en marge de l’événement, Maram Kaïré a explicité les ambitions fondamentales de l’agence. « L’objectif de cet atelier, comme on l’a dit, c’est de mettre à la portée de la société sénégalaise et des médias l’importance des sciences spatiales dans notre processus de développement », a-t-il déclaré. Il a précisé l'urgence de la démarche pour les populations : « Dans un pays en voie de développement où tout est prioritaire, quand vous utilisez un outil comme le spatial qui a un impact considérable sur toutes les urgences que nous avons en termes d’agriculture, d’élevage, de pêche, d’aménagement, d’urbanisme, de mobilité, de sécurité, d’éducation, de santé, il est normal qu’on puisse montrer à ces populations comment cet investissement va impacter leur quotidien », a-t-il ajouté.
S’agissant des deux piliers de l’atelier, le patron de l’ASES a indiqué que former les acteurs religieux sur « ce que c’est des sciences spatiales, mais spécifiquement ce qu’est l’astronomie, notre place dans l’univers, comment fonctionne la relation entre la terre, le soleil et la lune, comment naissent, vivent et meurent les étoiles, toutes ces structurations dans notre univers, c’était leur mettre à disposition ces connaissances qui permettent, peut-être même sur un plan religieux, de mieux comprendre et de mieux appréhender certaines notions, certains concepts qui sont utilisés au quotidien pour le cadre purement religieux ». M. Kaïré a souligné que pour la presse, l'enjeu consiste à « leur donner les outils nécessaires pour que demain, quand il s’agit de couvrir le secteur spatial, les éléments de langage soient au rendez-vous ».
Selon le DG de l’ASES, « les pays les mieux outillés aujourd’hui pour atteindre ces ODD, c’est les pays qui ont misé sur le spatial très tôt ». Il a souligné l'impact opérationnel sur l'ensemble des secteurs vitaux : « C’est grâce à la technologie des satellites que nous avons développé la télémédecine », a-t-il précisé. « Sur la pêche, nous avons 700 kilomètres de côtes. Si nous ne prenons garde, sans cette surveillance par satellite, beaucoup de menaces et de risques peuvent survenir sans que nous ne soyons au courant. Donc, les satellites nous aident à protéger notre environnement maritime, notre économie bleue », a-t-il détaillé. Selon lui, « notre économie devrait avoir dans le futur, dans son ADN même, l’utilisation des technologies spatiales pour s’enrichir ».
L’ancrage opérationnel de cette stratégie s’est poursuivi lors des interventions thématiques, notamment le troisième jour avec la présentation des projets applicatifs exposée par M. Souleye Wade. Ce dernier a mis en lumière des initiatives concrètes telles que le système d’alerte précoce aux inondations du fleuve Sénégal nommé FEWS, mené en pilote à Matam en partenariat avec SOLAFUNE Inc. pour anticiper les débits de crue six jours à l’avance au bénéfice de la Protection civile. M. Souleye Wade a également exposé le projet de détection et de valorisation économique des algues sargasses sur le littoral développé avec GROGENICS et l’Université Amadou Mahtar Mbow (UAM), ainsi que les études de faisabilité consacrées à l’agriculture intelligente, à la gestion de la transhumance et à la cartographie pédologique des sols pour apaiser les tensions entre agriculteurs et éleveurs.
Sur le chapitre des grandes infrastructures nationales, le directeur général de l’ASES a révélé que l'agence a « initié le projet de construire le plus grand observatoire de recherche en astronomie et astrophysique qui va être le plus grand en Afrique de l’Ouest ». Il a précisé que cet ouvrage « va comporter en son sein le premier institut d’astrophysique du Sénégal ». Il a annoncé qu'une « deuxième infrastructure qui va arriver, c’est le centre d’assemblage de microsatellites et de nanosatellites », sans oublier la préparation d'une « constellation de satellites qui va être développée avec l’État-Major Général des Armées » pour assurer la surveillance maritime et frontalière.
S’exprimant longuement sur la présence du Sénégal sur la scène internationale, Maram Kaïré a expliqué que « les accords Artemis en fait, c’est la suite du programme Apollo des années 60 ». Détaillant les fondements de ce partenariat d’envergure, il a rappelé que « la NASA a décidé de mettre en place une sorte de consortium, un regroupement de nations pour préparer le retour de l’homme sur la lune. Et ce programme s’appelle Artemis et c’est en train d’être déroulé actuellement ». Il a estimé que « quand plusieurs pays rassemblent leurs technologies, leur savoir-faire pour poser l’homme sur la lune, pas pour une petite visite mais pour installer des bases à la surface lunaire, ça signifie tout simplement que le meilleur de la technologie va être déployé dans le cadre de ce projet-là ».
Revenant sur l’histoire des grands programmes spatiaux, le patron de l’agence a rappelé que « dans le passé, les programmes Apollo, c’était 450 000 ingénieurs et techniciens qui ont travaillé dedans et le maximum de ce que nous avions comme technologie à l’époque dans les années 70-69 a été mis en œuvre pour que les programmes Apollo réussissent ». Il a réaffirmé la posture proactive du pays en précisant que « quand vous dirigez une agence spatiale comme le Sénégal, vous êtes au courant de ce programme-là, vous savez que toute la technologie que nous avons dans le cadre du spatial sera mise à contribution, vous n’avez pas le droit de rester en retrait. Nous ne voulons pas être des spectateurs, nous voulons être des acteurs ».
« Un an après la création de l’agence, nous avons commencé à travailler avec le département d’État américain, avec la NASA et l’ambassade des États-Unis ici pour préparer l’entrée du Sénégal dans les accords Artemis », a-t-il expliqué, tout en précisant qu’il s’agit d’« un ensemble de principes : comment nous allons ensemble aller sur la lune ? Quelles sont les règles à respecter ? L’usage pacifique de ces moyens qui vont être déployés ». Il a insisté sur le fait que « le Sénégal a décidé de rejoindre les accords Artemis avec un principal objectif qui est la montée en compétence de nos ingénieurs et techniciens qui vont être dans le cadre de ce projet ».
Il a affirmé aussi qu’« il n’est pas juste question de coopération, il n’est pas juste question d’être autour de la table, il est question également de participer aux missions techniquement ». Il a révélé à ce propos que « la NASA nous a sollicités il y a très peu de temps pour faire des propositions de projets soit de robots, soit en tout cas de mécanismes techniques qui pourraient être utilisés sur la lune, et on a mis à contribution nos équipes techniques pour faire des propositions ».
Maram Kaïré a indiqué que « les projets Artemis, les accords vont permettre de rassembler l’ensemble des pays signataires sur le développement de cette technologie qui va être déployée sur la lune et ce n’est que bénéfique pour le Sénégal ». « Quand vous faites décoller une fusée ou en tout cas un programme depuis les États-Unis, vous traversez l’océan Atlantique. Quand vous arrivez sur le continent africain, le premier pays avec lequel vous allez être en contact, c’est le Sénégal. Donc stratégiquement, on a une position privilégiée qui fait que dans le cadre de ces accords Artemis, on peut apporter considérablement à la NASA », a soutenu le DG de l’ASES. Il a qualifié cette opportunité de « fenêtre qui s’ouvre aux générations d’ingénieurs et de techniciens du Sénégal pour contribuer de façon significative au retour de l’homme sur la lune », affirmant que « c’était vraiment un point important pour nous de ne pas rater ces accords Artemis ».
Cet atelier a permis d'articuler la rigueur scientifique autour des urgences socio-économiques du pays et de la présentation des grandes orientations du Sénégal dans le domaine spatial. Lors de la cérémonie d'ouverture, le directeur général de l’ASES, Maram Kaïré, a rappelé « l’importance cruciale du spatial dans des domaines aussi variés que la météorologie, l’agriculture, la sécurité, l’éducation ou la gestion des inondations », puis il a insisté sur « la nécessité de rendre cette réalité accessible à l’ensemble de la société sénégalaise ».
Le directeur général a clarifié la philosophie de l’événement en affirmant que « cet atelier ne se substitue en aucun cas aux autorités religieuses et n’a pas pour objet de trancher les divergences relatives au calendrier ou à l’observation du croissant lunaire, mais constitue avant tout une formation rigoureuse aux sciences spatiales et à l’astronomie ». Il a expliqué que « l’étude du système Terre-Lune-Soleil, des éphémérides et des mouvements célestes vise à mettre des outils scientifiques utiles à la disposition des imams et guides religieux pour enrichir leur compréhension ». Il a rappelé que « la science, dont le ciel demeure le langage universel, offre aux journalistes les repères indispensables pour structurer un journalisme scientifique affranchi des approximations ». Cette approche théorique s’est accompagnée d’une dimension expérimentale avec des séances nocturnes d’observation de la Lune et des corps célestes à l'aide de télescopes sous la conduite des astronomes.
Interrogé par la presse en marge de l’événement, Maram Kaïré a explicité les ambitions fondamentales de l’agence. « L’objectif de cet atelier, comme on l’a dit, c’est de mettre à la portée de la société sénégalaise et des médias l’importance des sciences spatiales dans notre processus de développement », a-t-il déclaré. Il a précisé l'urgence de la démarche pour les populations : « Dans un pays en voie de développement où tout est prioritaire, quand vous utilisez un outil comme le spatial qui a un impact considérable sur toutes les urgences que nous avons en termes d’agriculture, d’élevage, de pêche, d’aménagement, d’urbanisme, de mobilité, de sécurité, d’éducation, de santé, il est normal qu’on puisse montrer à ces populations comment cet investissement va impacter leur quotidien », a-t-il ajouté.
S’agissant des deux piliers de l’atelier, le patron de l’ASES a indiqué que former les acteurs religieux sur « ce que c’est des sciences spatiales, mais spécifiquement ce qu’est l’astronomie, notre place dans l’univers, comment fonctionne la relation entre la terre, le soleil et la lune, comment naissent, vivent et meurent les étoiles, toutes ces structurations dans notre univers, c’était leur mettre à disposition ces connaissances qui permettent, peut-être même sur un plan religieux, de mieux comprendre et de mieux appréhender certaines notions, certains concepts qui sont utilisés au quotidien pour le cadre purement religieux ». M. Kaïré a souligné que pour la presse, l'enjeu consiste à « leur donner les outils nécessaires pour que demain, quand il s’agit de couvrir le secteur spatial, les éléments de langage soient au rendez-vous ».
Selon le DG de l’ASES, « les pays les mieux outillés aujourd’hui pour atteindre ces ODD, c’est les pays qui ont misé sur le spatial très tôt ». Il a souligné l'impact opérationnel sur l'ensemble des secteurs vitaux : « C’est grâce à la technologie des satellites que nous avons développé la télémédecine », a-t-il précisé. « Sur la pêche, nous avons 700 kilomètres de côtes. Si nous ne prenons garde, sans cette surveillance par satellite, beaucoup de menaces et de risques peuvent survenir sans que nous ne soyons au courant. Donc, les satellites nous aident à protéger notre environnement maritime, notre économie bleue », a-t-il détaillé. Selon lui, « notre économie devrait avoir dans le futur, dans son ADN même, l’utilisation des technologies spatiales pour s’enrichir ».
L’ancrage opérationnel de cette stratégie s’est poursuivi lors des interventions thématiques, notamment le troisième jour avec la présentation des projets applicatifs exposée par M. Souleye Wade. Ce dernier a mis en lumière des initiatives concrètes telles que le système d’alerte précoce aux inondations du fleuve Sénégal nommé FEWS, mené en pilote à Matam en partenariat avec SOLAFUNE Inc. pour anticiper les débits de crue six jours à l’avance au bénéfice de la Protection civile. M. Souleye Wade a également exposé le projet de détection et de valorisation économique des algues sargasses sur le littoral développé avec GROGENICS et l’Université Amadou Mahtar Mbow (UAM), ainsi que les études de faisabilité consacrées à l’agriculture intelligente, à la gestion de la transhumance et à la cartographie pédologique des sols pour apaiser les tensions entre agriculteurs et éleveurs.
Sur le chapitre des grandes infrastructures nationales, le directeur général de l’ASES a révélé que l'agence a « initié le projet de construire le plus grand observatoire de recherche en astronomie et astrophysique qui va être le plus grand en Afrique de l’Ouest ». Il a précisé que cet ouvrage « va comporter en son sein le premier institut d’astrophysique du Sénégal ». Il a annoncé qu'une « deuxième infrastructure qui va arriver, c’est le centre d’assemblage de microsatellites et de nanosatellites », sans oublier la préparation d'une « constellation de satellites qui va être développée avec l’État-Major Général des Armées » pour assurer la surveillance maritime et frontalière.
S’exprimant longuement sur la présence du Sénégal sur la scène internationale, Maram Kaïré a expliqué que « les accords Artemis en fait, c’est la suite du programme Apollo des années 60 ». Détaillant les fondements de ce partenariat d’envergure, il a rappelé que « la NASA a décidé de mettre en place une sorte de consortium, un regroupement de nations pour préparer le retour de l’homme sur la lune. Et ce programme s’appelle Artemis et c’est en train d’être déroulé actuellement ». Il a estimé que « quand plusieurs pays rassemblent leurs technologies, leur savoir-faire pour poser l’homme sur la lune, pas pour une petite visite mais pour installer des bases à la surface lunaire, ça signifie tout simplement que le meilleur de la technologie va être déployé dans le cadre de ce projet-là ».
Revenant sur l’histoire des grands programmes spatiaux, le patron de l’agence a rappelé que « dans le passé, les programmes Apollo, c’était 450 000 ingénieurs et techniciens qui ont travaillé dedans et le maximum de ce que nous avions comme technologie à l’époque dans les années 70-69 a été mis en œuvre pour que les programmes Apollo réussissent ». Il a réaffirmé la posture proactive du pays en précisant que « quand vous dirigez une agence spatiale comme le Sénégal, vous êtes au courant de ce programme-là, vous savez que toute la technologie que nous avons dans le cadre du spatial sera mise à contribution, vous n’avez pas le droit de rester en retrait. Nous ne voulons pas être des spectateurs, nous voulons être des acteurs ».
« Un an après la création de l’agence, nous avons commencé à travailler avec le département d’État américain, avec la NASA et l’ambassade des États-Unis ici pour préparer l’entrée du Sénégal dans les accords Artemis », a-t-il expliqué, tout en précisant qu’il s’agit d’« un ensemble de principes : comment nous allons ensemble aller sur la lune ? Quelles sont les règles à respecter ? L’usage pacifique de ces moyens qui vont être déployés ». Il a insisté sur le fait que « le Sénégal a décidé de rejoindre les accords Artemis avec un principal objectif qui est la montée en compétence de nos ingénieurs et techniciens qui vont être dans le cadre de ce projet ».
Il a affirmé aussi qu’« il n’est pas juste question de coopération, il n’est pas juste question d’être autour de la table, il est question également de participer aux missions techniquement ». Il a révélé à ce propos que « la NASA nous a sollicités il y a très peu de temps pour faire des propositions de projets soit de robots, soit en tout cas de mécanismes techniques qui pourraient être utilisés sur la lune, et on a mis à contribution nos équipes techniques pour faire des propositions ».
Maram Kaïré a indiqué que « les projets Artemis, les accords vont permettre de rassembler l’ensemble des pays signataires sur le développement de cette technologie qui va être déployée sur la lune et ce n’est que bénéfique pour le Sénégal ». « Quand vous faites décoller une fusée ou en tout cas un programme depuis les États-Unis, vous traversez l’océan Atlantique. Quand vous arrivez sur le continent africain, le premier pays avec lequel vous allez être en contact, c’est le Sénégal. Donc stratégiquement, on a une position privilégiée qui fait que dans le cadre de ces accords Artemis, on peut apporter considérablement à la NASA », a soutenu le DG de l’ASES. Il a qualifié cette opportunité de « fenêtre qui s’ouvre aux générations d’ingénieurs et de techniciens du Sénégal pour contribuer de façon significative au retour de l’homme sur la lune », affirmant que « c’était vraiment un point important pour nous de ne pas rater ces accords Artemis ».