La ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, Fatou Diouf, a affirmé vendredi à l’Assemblée nationale que l'attribution récente de licences de pêche démersale côtière respectait strictement le Code de la pêche et ses décrets d'application.
Intervenant lors d'une séance plénière consacrée aux questions au gouvernement en présence du Premier ministre Ousmane Sonko, elle a précisé que la polémique reposait sur des données inexactes, le dossier ne concernant que quatre licences et non cinq. Depuis sa prise de fonction en 2024, la ministre n'a signé que deux licences après vérification des formalités administratives, sur quatre demandes introduites, alors que certains opérateurs historiques détiennent jusqu'à 36 licences obtenues antérieurement, parfois sur la base de paiements en attente depuis 2020.
Cette clarification s'inscrit dans le cadre des réformes sectorielles engagées, dont la révision globale du Code de la pêche entamée en octobre 2025 et dont le rapport préliminaire est finalisé. L'objectif de ce nouveau texte est de mieux concilier les exportations de produits halieutiques avec la souveraineté alimentaire et les besoins du marché national. En 2023, le Sénégal avait exporté 259 805 tonnes sur les 421 292 tonnes produites (53,92%), tandis qu'en 2024, les exportations ont représenté environ 52% du volume global, soit 230 072 tonnes sur une production de 448 756 tonnes, une partie des opérateurs bénéficiant du statut d'entreprise franche d'exportation qui leur impose d'exporter au moins 80% de leur production.
Les nouvelles orientations stratégiques, définies lors du conseil interministériel de mai 2025, visent également la sécurité alimentaire et la « sénégalisation » du pavillon maritime pour garantir que l'exploitation profite au pays. La ministre a insisté sur le fait que toute future décision d'exploitation reposera obligatoirement sur une évaluation scientifique préalable des stocks disponibles, conformément à la réglementation. Elle a notamment partagé des données issues de la recherche scientifique évaluant à environ 3 000 tonnes la biomasse disponible pour certaines espèces spécifiques dans les eaux sénégalaises.