En 2023, Yaoundé déclare 22,3 kg exportés, quand les importateurs – principalement les Émirats arabes unis – affirment avoir acheté 15,2 tonnes d’or d’origine camerounaise, soit près de 600 fois plus.
Plus de deux semaines après la parution du rapport de l’ITIE Cameroun, une référence internationale en matière de transparence et de redevabilité dans la gestion des ressources naturelles, le ministère en charge du secteur et la Sonamines (société d’État) ont réagi, sans toutefois endosser la responsabilité de l'écart entre les chiffres. Serge Alain Godong, économiste et ancien directeur de la communication du ministère des Mines, de l'Eau et de l'Énergie, enseigne aujourd’hui dans le système universitaire camerounais.
RFI : Avez-vous été surpris par ce décalage que l’on constate entre les chiffres diffusés par le Cameroun et ceux communiqués par les Émirats arabes unis?
Serge Alain Godong : C'est extrêmement étonnant qu'il y ait ce relatif bruit médiatique autour de la publication dissonante des chiffres d'export au niveau du Cameroun et d'import au niveau de quelques pays étrangers. Tout le monde sait que la situation a toujours été ainsi. Nous sommes en présence de plusieurs décennies de désordre et de fonctionnement mafieux, parfaitement tolérés. Cet écart entre les chiffres n'est même qu'une petite partie de la réalité. Si on répertoriait l'ensemble des pays du monde vers lesquels sont exportées les richesses minières du Cameroun, on aurait des chiffres encore plus aberrants, encore plus astronomiques. Et comme à chaque fois, il faut que le signalement soit fait par un acteur étranger, là en l'occurrence, dans le cadre de l'ITIE, pour que cela suscite un peu de gêne localement. Mais c'est une gêne qui va rapidement retomber et ce sera à nouveau « business as usual ».
Plus de deux semaines après la parution du rapport de l’ITIE Cameroun, une référence internationale en matière de transparence et de redevabilité dans la gestion des ressources naturelles, le ministère en charge du secteur et la Sonamines (société d’État) ont réagi, sans toutefois endosser la responsabilité de l'écart entre les chiffres. Serge Alain Godong, économiste et ancien directeur de la communication du ministère des Mines, de l'Eau et de l'Énergie, enseigne aujourd’hui dans le système universitaire camerounais.
RFI : Avez-vous été surpris par ce décalage que l’on constate entre les chiffres diffusés par le Cameroun et ceux communiqués par les Émirats arabes unis?
Serge Alain Godong : C'est extrêmement étonnant qu'il y ait ce relatif bruit médiatique autour de la publication dissonante des chiffres d'export au niveau du Cameroun et d'import au niveau de quelques pays étrangers. Tout le monde sait que la situation a toujours été ainsi. Nous sommes en présence de plusieurs décennies de désordre et de fonctionnement mafieux, parfaitement tolérés. Cet écart entre les chiffres n'est même qu'une petite partie de la réalité. Si on répertoriait l'ensemble des pays du monde vers lesquels sont exportées les richesses minières du Cameroun, on aurait des chiffres encore plus aberrants, encore plus astronomiques. Et comme à chaque fois, il faut que le signalement soit fait par un acteur étranger, là en l'occurrence, dans le cadre de l'ITIE, pour que cela suscite un peu de gêne localement. Mais c'est une gêne qui va rapidement retomber et ce sera à nouveau « business as usual ».