Sur sa table de travail au siège de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), au quartier Elig-Essono à Yaoundé, s'empilent toutes sortes d'« urgences », en tête desquelles, les prochaines échéances électorales. En ce début du mois de septembre 2026, Pierre-Flambeau Ngayap, sénateur et secrétaire général, a le regard rivé sur le code électoral, point d'appui de ses calculs : « Les élections législatives et municipales se tiendront probablement entre le 29 janvier et le 8 février 2027. Conséquemment, le corps électoral sera convoqué dans l'intervalle des dix derniers jours du mois d'octobre 2026 », prédit-il.
Fort de cette prospective, l'UNDP, deuxième force politique du pays, au terme des dernières législatives et municipales de 2020, accélère les préparatifs des scrutins à venir. Le 7 septembre, une « circulaire » signée de Maïgari Bello Bouba, le président national, arrivé quatrième à l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, mentionne les « commissions de préinvestiture », dont elle fixe les attributions : « procéder à la sélection des circonscriptions électorales dans lesquelles [le] parti a de réelles chances de remporter des sièges de députés et des conseillers municipaux ; recevoir toutes les candidatures et procéder à la sélection des candidats », notamment.
Formation, veille, remobilisation...
L'UNDP est loin d'être la seule formation politique à se préparer aux prochaines législatives et municipales. Le Social Democratic Front (SDF), dirigé par Joshua Osih, classé sixième à la dernière présidentielle, déploie une stratégie en trois points : « Nous procédons à la vérification des inscriptions sur les listes électorales, à la formation des représentants dans les bureaux de vote pour le contrôle du PV [procès-verbal, NDLR] du scrutin, et à la mise en place d'une cellule de veille contre les irrégularités. Nous finalisons une offre alternative axée sur les attentes socio-économiques à la base, et sur la gouvernance locale. En matière de mobilisation citoyenne, nos cadres mènent des campagnes de proximité auprès des abstentionnistes, procèdent à la sensibilisation à la protection du vote en vue de contrer la résignation politique », détaille Louis-Marie Kakdeu, deuxième vice-président du SDF.
Sur le terrain aussi : le Front des démocrates camerounais (FDC), jeune formation politique, déterminé à se faire une place sur l'échiquier politique. « Nous sommes en pleine remobilisation : mise à jour de nos bases militantes, formation de nos encadreurs électoraux, et surtout, présélection de nos potentiels candidats à l'investiture dans les 3360 communes et les 58 départements. Nous parcourons le pays pour former nos cadres sur la constitution des listes inclusives et les techniques de montage rapide des dossiers de candidature », révèle Denis Emilien Atangana, son président.
Fidèle à une tradition de participation aux rendez-vous électoraux depuis 1992, à l'exception de la présidentielle 1997 qu'elle avait boycottée, l'Union démocratique du Cameroun (UDC) est, elle aussi, bien engagée pour ces prochaines échéances. À sa manière : « Ce que nous faisons, à la suite des assises du Conseil exécutif national des 28 et 29 août derniers, c'est le coaching qui consiste à évaluer et donner des nouvelles consignes en fonction des réalités, des nouveaux enjeux et de nos objectifs spécifiques », confie Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, la présidente nationale.
Quant au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), sa ligne de conduite jure avec le boycott des législatives et municipales de 2020. Le parti longtemps dirigé par Maurice Kamto, écarté de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, est décidé à briguer des sièges à l'Assemblée nationale et dans les communes. « Comme indiqué depuis plusieurs mois, le MRC se présentera avec le maximum de listes et de candidats aux prochaines échéances électorales. Nous avons sensibilisé nos militants et je puis assurer que le parti sera prêt quel que soit le jour de la convocation du corps électoral », confirme Emmanuel Simh, troisième vice-président.
Incertitude du calendrier électoral
De toute évidence, le Rassemblement démocratique du peuple (RDPC, au pouvoir), prendra part aux compétitions électorales prévues, désireux qu'il est de conserver ses majorités à l'Assemblée nationale et dans les municipalités. Indicateur probant : la tenue à Yaoundé, le 22 juillet 2026, d'un « séminaire stratégique » sur le thème : « L'impérative large victoire du RDPC aux élections législatives et municipales : raisons, conditions préalables, actions », suivi de campagnes de mobilisation sur le terrain.
Encore faudra-t-il que le calendrier électoral soit respecté. C'est tout le paradoxe de cette mobilisation tous azimuts au sein des partis politiques. Car rien n'indique que les mandats des députés et des conseillers municipaux élus en 2020, qui ont déjà fait l'objet de deux prorogations, soient à l'abri d'une troisième. De fait, la loi offre la possibilité au président de la République de prendre de telles mesures, « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l'exigent ». Depuis toujours, l'appréciation de ces exigences est à la discrétion du seul Paul Biya.
Or, « le chef de l'Etat va-t-il laisser organiser les élections, avec l'équipe gouvernementale en place qui est si impopulaire ? Va-t-il tenir compte des données du nouveau recensement général de la population, même si ses chiffres ne sont pas encore consolidés ? Va-t-il procéder à un redécoupage administratif comme cela semble envisagé avant les élections ? », s'interroge une tête pensante du RDPC.
Le FDC développe un argumentaire différent, pour justifier un report des élections. « Il subsiste deux préalables majeurs qui rendent juridiquement et politiquement intenables la tenue des scrutins en l'état. Le découpage électoral actuel est obsolète. L'exigence de l'attestation de conformité fiscale comme pièce du dossier de candidature pose un grave problème de légalité et d'accès », pointe Denis Emilien Atangana.
À l'opposé, l'UDC plaide pour le respect scrupuleux du calendrier électoral. « Nous pensons que le président de la République saura mesurer le risque d'instabilité dans laquelle une telle décision [nouvelle prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux, NDLR] conduirait le pays et qu'il fera tout pour que les élections se tiennent effectivement en début du mois de février de l'année prochaine. L'UDC n'envisage pas l'hypothèse d'un autre report qui sera fatalement de trop », insiste Tomaïno Ndam Njoya.
Fort de cette prospective, l'UNDP, deuxième force politique du pays, au terme des dernières législatives et municipales de 2020, accélère les préparatifs des scrutins à venir. Le 7 septembre, une « circulaire » signée de Maïgari Bello Bouba, le président national, arrivé quatrième à l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, mentionne les « commissions de préinvestiture », dont elle fixe les attributions : « procéder à la sélection des circonscriptions électorales dans lesquelles [le] parti a de réelles chances de remporter des sièges de députés et des conseillers municipaux ; recevoir toutes les candidatures et procéder à la sélection des candidats », notamment.
Formation, veille, remobilisation...
L'UNDP est loin d'être la seule formation politique à se préparer aux prochaines législatives et municipales. Le Social Democratic Front (SDF), dirigé par Joshua Osih, classé sixième à la dernière présidentielle, déploie une stratégie en trois points : « Nous procédons à la vérification des inscriptions sur les listes électorales, à la formation des représentants dans les bureaux de vote pour le contrôle du PV [procès-verbal, NDLR] du scrutin, et à la mise en place d'une cellule de veille contre les irrégularités. Nous finalisons une offre alternative axée sur les attentes socio-économiques à la base, et sur la gouvernance locale. En matière de mobilisation citoyenne, nos cadres mènent des campagnes de proximité auprès des abstentionnistes, procèdent à la sensibilisation à la protection du vote en vue de contrer la résignation politique », détaille Louis-Marie Kakdeu, deuxième vice-président du SDF.
Sur le terrain aussi : le Front des démocrates camerounais (FDC), jeune formation politique, déterminé à se faire une place sur l'échiquier politique. « Nous sommes en pleine remobilisation : mise à jour de nos bases militantes, formation de nos encadreurs électoraux, et surtout, présélection de nos potentiels candidats à l'investiture dans les 3360 communes et les 58 départements. Nous parcourons le pays pour former nos cadres sur la constitution des listes inclusives et les techniques de montage rapide des dossiers de candidature », révèle Denis Emilien Atangana, son président.
Fidèle à une tradition de participation aux rendez-vous électoraux depuis 1992, à l'exception de la présidentielle 1997 qu'elle avait boycottée, l'Union démocratique du Cameroun (UDC) est, elle aussi, bien engagée pour ces prochaines échéances. À sa manière : « Ce que nous faisons, à la suite des assises du Conseil exécutif national des 28 et 29 août derniers, c'est le coaching qui consiste à évaluer et donner des nouvelles consignes en fonction des réalités, des nouveaux enjeux et de nos objectifs spécifiques », confie Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, la présidente nationale.
Quant au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), sa ligne de conduite jure avec le boycott des législatives et municipales de 2020. Le parti longtemps dirigé par Maurice Kamto, écarté de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, est décidé à briguer des sièges à l'Assemblée nationale et dans les communes. « Comme indiqué depuis plusieurs mois, le MRC se présentera avec le maximum de listes et de candidats aux prochaines échéances électorales. Nous avons sensibilisé nos militants et je puis assurer que le parti sera prêt quel que soit le jour de la convocation du corps électoral », confirme Emmanuel Simh, troisième vice-président.
Incertitude du calendrier électoral
De toute évidence, le Rassemblement démocratique du peuple (RDPC, au pouvoir), prendra part aux compétitions électorales prévues, désireux qu'il est de conserver ses majorités à l'Assemblée nationale et dans les municipalités. Indicateur probant : la tenue à Yaoundé, le 22 juillet 2026, d'un « séminaire stratégique » sur le thème : « L'impérative large victoire du RDPC aux élections législatives et municipales : raisons, conditions préalables, actions », suivi de campagnes de mobilisation sur le terrain.
Encore faudra-t-il que le calendrier électoral soit respecté. C'est tout le paradoxe de cette mobilisation tous azimuts au sein des partis politiques. Car rien n'indique que les mandats des députés et des conseillers municipaux élus en 2020, qui ont déjà fait l'objet de deux prorogations, soient à l'abri d'une troisième. De fait, la loi offre la possibilité au président de la République de prendre de telles mesures, « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l'exigent ». Depuis toujours, l'appréciation de ces exigences est à la discrétion du seul Paul Biya.
Or, « le chef de l'Etat va-t-il laisser organiser les élections, avec l'équipe gouvernementale en place qui est si impopulaire ? Va-t-il tenir compte des données du nouveau recensement général de la population, même si ses chiffres ne sont pas encore consolidés ? Va-t-il procéder à un redécoupage administratif comme cela semble envisagé avant les élections ? », s'interroge une tête pensante du RDPC.
Le FDC développe un argumentaire différent, pour justifier un report des élections. « Il subsiste deux préalables majeurs qui rendent juridiquement et politiquement intenables la tenue des scrutins en l'état. Le découpage électoral actuel est obsolète. L'exigence de l'attestation de conformité fiscale comme pièce du dossier de candidature pose un grave problème de légalité et d'accès », pointe Denis Emilien Atangana.
À l'opposé, l'UDC plaide pour le respect scrupuleux du calendrier électoral. « Nous pensons que le président de la République saura mesurer le risque d'instabilité dans laquelle une telle décision [nouvelle prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux, NDLR] conduirait le pays et qu'il fera tout pour que les élections se tiennent effectivement en début du mois de février de l'année prochaine. L'UDC n'envisage pas l'hypothèse d'un autre report qui sera fatalement de trop », insiste Tomaïno Ndam Njoya.