Bande de Gaza: le Conseil de la paix de Trump, une coquille de plus en plus vide

L’organe lancé par le président américain il y a quatre mois pour œuvrer à la pacification et à la reconstruction de l’enclave palestinienne dévastée par plus de deux ans de bombardements n’est toujours pas à la tâche. Très controversé, il se voulait être un tremplin pour de futures missions pacificatrices dans le monde.



En février 2025, Donald Trump choque une grande partie du monde avec son projet de faire du petit territoire palestinien ravagé par la guerre une Riviera dépeuplée de ses habitants originels. Six mois plus tard, à la fin de l’été, le président américain présente une nouvelle institution, le Conseil de la paix, qui reçoit l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU. Sa mission est de s’atteler à la reconstruction de la bande de Gaza, administrativement, économiquement, etc.  

Tout cela dans le cadre de la seconde phase du plan de paix prévoyant, outre le désarmement du Hamas, le retrait des forces israéliennes et la reconstruction de l’enclave ravagée depuis le 8 octobre 2023. 

En janvier 2026 au sommet de Davos, le locataire de la Maison Blanche, fier d’avoir instauré un cessez-le-feu dans la bande Gaza, annonce en grande pompe la création officielle du Conseil de la paix. Mais Donald Trump affirme de but en blanc que sa mission ne se cantonne plus seulement au territoire palestinien, qu’elle est de « promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par un conflit ». La bande de Gaza sera son premier chantier. 

À la tête de ce nouvel organe, le président Trump lui-même, qui entend continuer de le diriger après son mandat présidentiel. Pour devenir membre permanent du Conseil, les États et gouvernements, choisis par le président américain, s’engagent à verser une contribution d’un milliard de dollars chacun. Les autres membres sont considérés comme membres fondateurs. 
Une justification douteuse  

Sauf que, quatre mois plus tard, le Conseil n’a vu le jour que sur le papier. « C'est une coquille vide en réalité. Il n’y a aucun membre de l’institution sur le terrain pour parler avec les Gazaouis ! Ce Conseil de la paix est de l'esbroufe. C'est une initiative purement politique », analyse Alexandra Novosseloff, docteur en sciences politiques, chercheuse associée au Centre Thucydide de l’université de Paris-Panthéon-Assas. 

La raison avancée du non-démarrage du Conseil serait principalement financière. Les caisses sont toujours vides alors que 17 milliards de dollars, dont dix versés par Washington, ont été annoncés en début d’année pour financer l’institution.  

Une source proche du dossier justifie ce non-financement à l’AFP ce 27 mai en expliquant que le fonds, administré par la Banque mondiale et approuvé par l’ONU, a été pensé pour la phase de reconstruction et de développement, qui n’a pas encore débuté. Selon le Financial Times, le Conseil a reçu des dons directs, mais sur un compte à la banque privée JPMorgan, un compte pour lequel Donald Trump n’est tenu à aucune transparence. 

Concernant Gaza, cette absence de fonds a des conséquences très concrètes Certes, le journal britannique affirme que de petits versements ont permis de payer, entre autres, le bureau du Haut représentant, le Bulgare Nikolaï Mladenov. Mais les Émirats arabes unis, qui avaient de leur côté accordé 100 millions de dollars pour former une nouvelle force de police à Gaza, les ont finalement gelés. Faute de financements toujours, le Comité national des technocrates palestiniens, chargé de gérer la bande de Gaza, n’a pas pu entamer ses fonctions.  


RFI

Samedi 30 Mai 2026 10:03


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