Cameroun: controverse autour de l'interpellation d'un lieutenant-colonel, témoin dans l'affaire Martinez Zogo



Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait, témoin dans l'affaire Martinez Zogo au Cameroun, avait demandé la protection du tribunal parce qu'il disait craindre pour sa vie. Quatre jours plus tard, il était interpellé, puis libéré le lendemain. C'est un nouvel épisode dans l'affaire Martinez Zogo, avec cette fois des soupçons d'intimidation.

Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait, ancien commandant du groupement de gendarmerie du Mfoundi, à Yaoundé, et membre de la commission d'enquête sur l'assassinat du journaliste, s'était présenté la semaine dernière devant le tribunal militaire de Yaoundé. Il réclamait alors une protection du tribunal, en vue de sa déposition prochaine. Quatre jours plus tard, le samedi 17 octobre, il était interpellé et conduit au Secrétariat d'État à la Défense (SEB), avant d'être libéré le lendemain. Selon plusieurs sources médiatiques, Ayissi Nanga Parfait a été libéré sur instruction du président de la République, Paul Biya.
 
L'interpellation de l'officier, pour un motif non communiqué à ce jour, a suscité de nombreux commentaires durant tout le week-end. Des observateurs ont fait part de leur inquiétude pour sa vie. Certains ont soupçonné une manœuvre d'intimidation pour tronquer son témoignage dans l'affaire Martinez Zogo, annoncé pour les 26 et 27 octobre. Quelques jours avant sa brève interpellation, des enregistrements audios attribués à cet officier de gendarmerie ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux.
 
Une désapprobation qui aurait abouti à son arrestation effective

Dans un de ces enregistrements disponible sur la Toile, le lieutenant-colonel dit à son interlocuteur, identifié comme un inspecteur général à la gendarmerie nationale, sa désapprobation contre des procédures dont il semblait avoir connaissance et qui allaient aboutir, quelques heures plus tard, à son arrestation effective.
 
Le 13 octobre, Ayissi Nanga Parfait avait déjà fait parler de lui en faisant irruption en pleine audience au tribunal militaire de Yaoundé pour réclamer, du parquet, sa mise sous protection avant sa déposition. Le témoin avait affirmé, devant une assistance médusée, que sa vie est en danger. Au Cameroun, l'opinion publique s'interroge aujourd'hui sur ce qu'il dira devant les juges, et même s'il pourra toujours témoigner librement. Le rendez-vous est pris pour le lundi 26 et le mardi 27 octobre.

RFI

Mardi 20 Octobre 2026 10:41


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