NB : Cet article fait suite à la série d'enquêtes « Propaganda Machine », menée par un consortium d'investigation formé autour du média panafricain The Continent et de Forbidden Stories, auquel RFI a été inclus. Il explore plus de 1 400 pages de documents internes de la « compagnie » aussi appelée Africa politology, un groupe de consultants en communication et influence mis sur pied par Evgueni Prigojine et récupéré par les services de l'État russe après la mort du fondateur de la galaxie Wagner en août 2023.
Ce dimanche 26 mai 2024, la nuit tombe sur Zemio. Dans la cour d’un bar-restaurant de la sous-préfecture du Haut-Mbomou, une région instable en raison d’un conflit communautaire récurrent, on s’apprête à trinquer au départ de deux visiteurs. Mandaté pour une expertise de terrain par l’ONG américaine FHI 360 dans le cadre d’un appel à projet de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), le chercheur belgo-portugais Joseph Figueira et son confrère ivoirien installé en République démocratique du Congo (RDC) voisine offrent des rafraîchissements à leurs interlocuteurs locaux. Une cinquantaine de personnes sont présentes. Le lendemain, après 48 heures sur place, ils doivent regagner Bangui. C’est alors que trois hommes du groupe Wagner, force supplétive des autorités nationales depuis 2018, interrompent le moment de convivialité, accompagnés d’un gendarme centrafricain chargé de faire la traduction.
Sans attendre, ils embarquent Joseph Figueira. L’humanitaire n’a pas le temps de récupérer ses papiers dans les locaux de l’ONG qui le loge, qu’il est déjà enfermé à l’aérodrome, menottes aux poignets.
Ce spécialiste reconnu des Peuls est parfaitement en règle : il est en Centrafrique depuis neuf jours, a rencontré de nombreux officiels dans la capitale et en province pour préparer ce futur projet de prévention des conflits locaux, en collaboration avec plusieurs organisations locales et internationales. Cela n’empêche pas les hommes de Wagner de l’embarquer, encagoulé, hors de tout cadre légal, dans un aéronef, avec quelques coups au passage et le nez en sang.
Ce dimanche 26 mai 2024, la nuit tombe sur Zemio. Dans la cour d’un bar-restaurant de la sous-préfecture du Haut-Mbomou, une région instable en raison d’un conflit communautaire récurrent, on s’apprête à trinquer au départ de deux visiteurs. Mandaté pour une expertise de terrain par l’ONG américaine FHI 360 dans le cadre d’un appel à projet de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), le chercheur belgo-portugais Joseph Figueira et son confrère ivoirien installé en République démocratique du Congo (RDC) voisine offrent des rafraîchissements à leurs interlocuteurs locaux. Une cinquantaine de personnes sont présentes. Le lendemain, après 48 heures sur place, ils doivent regagner Bangui. C’est alors que trois hommes du groupe Wagner, force supplétive des autorités nationales depuis 2018, interrompent le moment de convivialité, accompagnés d’un gendarme centrafricain chargé de faire la traduction.
Sans attendre, ils embarquent Joseph Figueira. L’humanitaire n’a pas le temps de récupérer ses papiers dans les locaux de l’ONG qui le loge, qu’il est déjà enfermé à l’aérodrome, menottes aux poignets.
Ce spécialiste reconnu des Peuls est parfaitement en règle : il est en Centrafrique depuis neuf jours, a rencontré de nombreux officiels dans la capitale et en province pour préparer ce futur projet de prévention des conflits locaux, en collaboration avec plusieurs organisations locales et internationales. Cela n’empêche pas les hommes de Wagner de l’embarquer, encagoulé, hors de tout cadre légal, dans un aéronef, avec quelques coups au passage et le nez en sang.