Changement climatique : Podor, Sédhiou et Kolda, nouveaux refuges face aux risques littoraux, selon des chercheurs



Une étude scientifique internationale associant l'Université Penn State, l'Université Paris Cité et des chercheurs sénégalais de l'Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR) apporte un éclairage nouveau sur la mobilité face au changement climatique au Sénégal.


Publiée dans la revue Global Environmental Change, cette recherche montre que les décisions de migrer ne découlent pas seulement d'une réaction immédiate aux catastrophes naturelles, mais sont profondément guidées par les aspirations d'avenir et l'accès à l'éducation, notamment chez les jeunes.

Grâce au modèle informatique « MIDAS », l'équipe de recherche a simulé l'impact des sécheresses et de l'élévation du niveau de la mer sur une période de 25 ans.

Leurs conclusions révèlent que prendre en compte les ambitions à long terme des populations augmente de près de 50 % les flux migratoires projetés par rapport aux modèles traditionnels. L'accès à la formation et à la mobilité permet par ailleurs d'accroître les revenus individuels de 40 % à 250 % après un choc climatique, renforçant ainsi la résilience des ménages.

Cette étude met en lumière une reconfiguration majeure de la géographie migratoire sénégalaise : l'émergence d'un « croissant intérieur » comprenant des départements comme Podor, Nio du Rop, Sédhiou et Kolda.

Alors que Dakar subit la montée des eaux et l'érosion côtière, ces zones de l'intérieur deviennent des corridors de sécurité essentiels pour les populations rurale et littorale. Comme le soulignent les auteurs, « la montée des eaux rend Dakar moins attractive pour les migrants », poussant ces derniers à chercher des opportunités alternatives loin des côtes.

Face à ces mutations, les experts préconisent de réorienter les politiques publiques en s'appuyant sur l'expertise locale. Les centres de formation professionnelle ruraux apparaissent comme un levier stratégique pour offrir des perspectives à la jeunesse tout en répondant à ses aspirations de mobilité sociale.

« D’un point de vue politique, l’un des messages à retenir est que les régions qui n’ont traditionnellement pas eu à se préoccuper d’afflux de population pourraient devoir s’y préparer davantage en raison des risques climatiques futurs », conclut le professeur Nicolas Choquette-Levy, auteur principal de l'étude.
 

Fodé Bakary Camara

Mardi 27 Octobre 2026 19:58


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