Chronique : La santé qui tue !



Dans la Charte du malade dans les Etablissements publics de santé hospitaliers au Sénégal, il est indiqué en son article 3 que : « les Etablissements publics de santé garantissent un accueil et des soins de qualité… veillent au soulagement de la douleur… ». Les extraits de cette charte affichée dans nos structures de santé ne reflètent pas la réalité. Aujourd’hui, on meurt anormalement là où on vient pour chercher la santé à cause de séries de grèves interminables. Mais surtout à cause de l’insouciance, de l’incompétence, de l’incivisme des principaux acteurs concernés, syndicalistes comme autorités gouvernementales. Ils n’ont pas le droit de jouer avec la vie de l’écrasante majorité des sénégalais. Ces derniers n’ont que leurs maigres ressources pour venir rechercher dans ces établissements un hypothétique état de santé. Ils sont nombreux ceux qui vont à l’hôpital pour se faire juste bonne conscience, ne pas baisser les bras devant la cherté des ordonnances et autres prises en charge… La pauvreté est passée par là ! La presse a rapporté récemment l’histoire de cette femme qui accouche en pleine rue aux Parcelles Assainies ne parlons pas de ces personnes qui meurent dans la rue faute d’assistance mais surtout de moyens d’aller dans une structure de santé.

Après plus de trois mois de grève ponctué par des grèves cycliques de 72 heures renouvelables, la Convergence Sutsas–Sas a décidé de suspendre son mouvement. Le motif de ce changement de direction peut pousser à dire tout ce bruit et tapage médiatique pour ça ! " La tenue dans les meilleurs délais au mois de septembre d’un Conseil présidentiel sur la Santé intégrant les recommandations des Assises nationales de l’action sociale d’une part, et d’autre part, la convocation d’une séance plénière sur les questions que le gouvernement qualifiait de nouvelles: allongement de l’âge de la retraite à 65 ans, intégration de l’indemnité des risques dans la liquidation de la pension de retraite des agents, basculement des non-fonctionnaires dans le fonds national de retraite, indemnité de logement et indemnité de responsabilité verticalisée…". N’importe quoi ! Pour atteindre de tels objectifs purement matériels, la vie des personnes est reléguée au second plan. La presse parle de plusieurs bébés qui ont perdu la vie faute d’assistance, ils ne sont pas les seuls, combien de malades ont rebroussé chemin à cause de ces grèves et qui ne sont jamais revenus ? Devant de tels massacres, le gouvernement comme les syndicats sont responsables et ont des comptes à nous rendre, ce n’est pas normal. La nécessité de la santé doit pousser les travailleurs du secteur à changer de méthode de combat. Pourquoi ne pas demander aux populations de se battre par d’autres manières à la place des travailleurs de la santé qui ne peuvent rester des semaines les bras croisés. Les dégâts sont là et exposés par ces grévistes, « la consommation de près de mille heures de grève, 365 jours de rétention de l’information sanitaire avec leur cortège de malheurs, de souffrances sans compter les pertes au plan économique et financier ».

Dans un pays avec une situation normale et des dirigeants sérieux, une telle grève allait secouer des institutions ou coûter leurs postes à des autorités. Elles n’ont pas la tête à ça, leur préoccupation majeure c’est 2012. Elles ont la possibilité de se soigner à l’étranger et dans des cliniques. Ce sont les syndicalistes qui doivent regarder du côté du peuple. « La Convergence Sutsas-Sas représente en toute modestie 95% des effectifs et ferme plus de 700 postes de santé, met au ralenti près de 70 centres de santé, près de 20 hôpitaux », semble se glorifier les dirigeants de cette alliance, nous n’avons rien à faire des forces de frappe syndicales qui tuent. Il faut changer de méthode !


Mercredi 17 Aout 2011 18:39


Dans la même rubrique :