Ce mardi 03 mai est célébrée dans le monde la Je Journée internationale de la liberté de la presse. Comme chaque année, Reporters Sans Frontières en a profité pour publier son classement mondial. Le Sénégal a perdu 24 places, passant de la 49 à la 73e position, largement derrière des pays comme la Côte d'Ivoire (37e), la Gambie (50e), le Niger (59e), le Ghana ou le Kenya (69e).
Dans son document analytique, l’organisation Reporters Sans Frontières détaillent les causes générales qui facilitent ces régressions. Les sociétés démocratiques, le développement de médias d’opinion sur le modèle de Fox News et la banalisation des circuits de désinformation, amplifiée par le fonctionnement des réseaux sociaux, provoquent selon le RSF, un accroissement des clivages.
Pour le cas du Sénégal, il y a d’autres raisons. Joint par PressAfrik, le Directeur du bureau d'Afrique de l'Ouest de RSF, Sadibou Marone, a évoqué les facteurs de la chute du Sénégal dans le classement. A en croire M. Marone, la liberté de la presse, c’est la possibilité pour les journalistes de sélectionner, produire et diffuser des informations, généralement dans l'intérêt général « sans interférence politique, économique ect …».
En 2021, plusieurs facteurs ont contribué à la régression du pays. « Pour le Sénégal, on a noté cette année que le classement a chuté. C'est une chute relativement spectaculaire, révélatrice de choses assez graves qui se sont passées dans le pays, en rapport avec la sécurité des journalistes et même des médias », a-t-il d’emblée expliqué, ajoutant que « la référence de ce classement c'est 1er janvier au 31 décembre ».
Poursuivant, le Directeur du bureau d'Afrique de l'Ouest de RSF a rappelé les événements liés à l’affaire Sonko-Adji Sarr. « En 2021, dès le mois de février, il y a un article du journal Les Échos annonçant une plainte contre l'opposant Ousmane Sonko. On avait noté une multitude de coup de fil menaçants et des lynchages à travers les réseaux sociaux contre le directeur de publication du journal. En mars, avec les manifestations, on a vu que des médias ont été attaqués. Des journalistes ont vu leurs biens saccagés ».
A cela, s’ajoute d’après M. Marone, les décisions prises par le Conseil national de Régulation de l'Audiovisuel (Cnra) pour sanctionner la Sen TV pendant 72 heures. Encore durant l'année, il a été constaté que la télévision nationale RTS peinait toujours à donner la parole aux opposants, malgré la richesse des programmes qui ont une portée nationale. « C'est du point de vue de la diversification de la parole et des acteurs qui interviennent. On s'était rendu compte que les acteurs de l'opposition n'avaient presque pas la voix à la télévision », a-t-il regretté.
En outre, il y a les dispositions dans le code de la presse au Sénégal. Elles sont plus ou moins « liberticides » en rapport avec la possibilité de sanctions lourdes pouvant aller jusqu'à 2 ans de prison pour des faits de diffamation. « Ce sont des facteurs qui avaient plus ou moins défavorisés le Sénégal dans le classement », a-t-il fait savoir.
Cependant, on ne peut pas mettre tout dans un tableau sombre en matière de la liberté de presse. Sadibou Marone a évoqué certains efforts des autorités pour promouvoir le pluralisme et la diversité. « Au Sénégal, il y a eu, l'année dernière, des efforts des autorités pour promouvoir le pluralisme et la diversité. Il faut continuer. Surtout s'il y a ce fond d'appui de développement de la presse ».
Par ailleurs, il a évoqué la possibilité pour les journalistes de se soumettre au tribunal des pairs. Selon lui, ça donne de très bons résultats tout ce que fait le Conseil pour l'observation des règles d'éthique et de déontologie dans les médias (CORED). Il a appelé à continuer ainsi afin d’assainir le secteur de la presse, en octroyant aux journalistes leurs cartes de presse pour qu’ils soient identifiés.
Enfin, Sadibou Marone a salué le travail des organisations comme l'Association des Editeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL), le Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), ou les Jeunes Reporters (CJRS). Pour lui, le Sénégal peut s'appuyer sur ces organisations pour une meilleure protection de la liberté de la presse à travers notamment, des sessions régulières de renforcement de capacités.
Dans son document analytique, l’organisation Reporters Sans Frontières détaillent les causes générales qui facilitent ces régressions. Les sociétés démocratiques, le développement de médias d’opinion sur le modèle de Fox News et la banalisation des circuits de désinformation, amplifiée par le fonctionnement des réseaux sociaux, provoquent selon le RSF, un accroissement des clivages.
Les raisons de la chute spectaculaire du Sénégal
Pour le cas du Sénégal, il y a d’autres raisons. Joint par PressAfrik, le Directeur du bureau d'Afrique de l'Ouest de RSF, Sadibou Marone, a évoqué les facteurs de la chute du Sénégal dans le classement. A en croire M. Marone, la liberté de la presse, c’est la possibilité pour les journalistes de sélectionner, produire et diffuser des informations, généralement dans l'intérêt général « sans interférence politique, économique ect …».
En 2021, plusieurs facteurs ont contribué à la régression du pays. « Pour le Sénégal, on a noté cette année que le classement a chuté. C'est une chute relativement spectaculaire, révélatrice de choses assez graves qui se sont passées dans le pays, en rapport avec la sécurité des journalistes et même des médias », a-t-il d’emblée expliqué, ajoutant que « la référence de ce classement c'est 1er janvier au 31 décembre ».
Poursuivant, le Directeur du bureau d'Afrique de l'Ouest de RSF a rappelé les événements liés à l’affaire Sonko-Adji Sarr. « En 2021, dès le mois de février, il y a un article du journal Les Échos annonçant une plainte contre l'opposant Ousmane Sonko. On avait noté une multitude de coup de fil menaçants et des lynchages à travers les réseaux sociaux contre le directeur de publication du journal. En mars, avec les manifestations, on a vu que des médias ont été attaqués. Des journalistes ont vu leurs biens saccagés ».
A cela, s’ajoute d’après M. Marone, les décisions prises par le Conseil national de Régulation de l'Audiovisuel (Cnra) pour sanctionner la Sen TV pendant 72 heures. Encore durant l'année, il a été constaté que la télévision nationale RTS peinait toujours à donner la parole aux opposants, malgré la richesse des programmes qui ont une portée nationale. « C'est du point de vue de la diversification de la parole et des acteurs qui interviennent. On s'était rendu compte que les acteurs de l'opposition n'avaient presque pas la voix à la télévision », a-t-il regretté.
En outre, il y a les dispositions dans le code de la presse au Sénégal. Elles sont plus ou moins « liberticides » en rapport avec la possibilité de sanctions lourdes pouvant aller jusqu'à 2 ans de prison pour des faits de diffamation. « Ce sont des facteurs qui avaient plus ou moins défavorisés le Sénégal dans le classement », a-t-il fait savoir.
Des efforts à maintenir ou améliorer
Cependant, on ne peut pas mettre tout dans un tableau sombre en matière de la liberté de presse. Sadibou Marone a évoqué certains efforts des autorités pour promouvoir le pluralisme et la diversité. « Au Sénégal, il y a eu, l'année dernière, des efforts des autorités pour promouvoir le pluralisme et la diversité. Il faut continuer. Surtout s'il y a ce fond d'appui de développement de la presse ».
Par ailleurs, il a évoqué la possibilité pour les journalistes de se soumettre au tribunal des pairs. Selon lui, ça donne de très bons résultats tout ce que fait le Conseil pour l'observation des règles d'éthique et de déontologie dans les médias (CORED). Il a appelé à continuer ainsi afin d’assainir le secteur de la presse, en octroyant aux journalistes leurs cartes de presse pour qu’ils soient identifiés.
Enfin, Sadibou Marone a salué le travail des organisations comme l'Association des Editeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL), le Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), ou les Jeunes Reporters (CJRS). Pour lui, le Sénégal peut s'appuyer sur ces organisations pour une meilleure protection de la liberté de la presse à travers notamment, des sessions régulières de renforcement de capacités.