Clôture de la DPG : Ousmane Sonko rappelle le sens des institutions et la nécessité d'un débat digne



À l'issue d'une intense journée de débats marquant la deuxième session extraordinaire de l'année 2026, le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a prononcé le discours de clôture de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Il a recadré le sens des institutions et tracé la feuille de route des relations futures entre l'exécutif, la majorité et l'opposition.

D'emblée, Ousmane Sonko a tenu à rappeler la nature profondément démocratique de ce grand oral. Pour lui, la DPG ne doit pas être réduite à une simple joute oratoire ou à un catalogue de promesses chiffrées.

« Le gouvernement expose ses choix, la représentation nationale les soumet à la question publique, et c'est le peuple sénégalais qui demande à travers elle où nous voulons aller, par quels moyens et au bénéfice de qui », a-t-il martelé, avant d'ajouter avec force qu'« une politique publique ne se juge pas à l'élégance de sa formulation ni à l'ampleur des financements annoncés ».

Un contrôle parlementaire exigeant, mais sans harcèlement

S'adressant directement au Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale a garanti que la majorité veillera scrupuleusement à ce que chaque accord soumis serve exclusivement les intérêts du pays. Les prochains chantiers législatifs sont d'ores et déjà d'ordre économique, à commencer par le vote attendu d'une loi de finances rectificative (LFR) qui transcrira budgétairement les engagements pris par le gouvernement.

Ousmane Sonko a toutefois insisté sur la déontologie qui doit entourer la mission de contrôle des députés. 

Pour la majorité et l'exécutif, il dira que « nous devons traduire nos engagements en lois utiles, contrôler sans harceler, questionner sans humilier, et placer les conditions de vie des populations au-dessus des intérêts ». 

Pour l'opposition, il souligne qu'elle doit assumer pleinement sa part de responsabilité dans la qualité et la tenue des débats constitutionnels.

Dans son discours, le président de l'Assemblée nationale a également  inscrit l'action du Sénégal dans une dynamique géopolitique plus large. Face aux grands ensembles économiques mondiaux, il a estimé que le pays ne pourra pas défendre durablement ses intérêts en s'isolant.

« Le renforcement de notre souveraineté nationale passe aussi par la construction d'une souveraineté africaine partagée », a-t-il affirmé, fixant le peuple sénégalais comme priorité absolue de la coopération, et l'unité du continent comme horizon indépassable.

Pacifier le conflit par les règles démocratiques

Face aux tensions qui peuvent parfois traverser l'hémicycle, Ousmane Sonko a livré une réflexion philosophique sur le rôle de l'institution parlementaire.

Selon lui, la démocratie ne cherche pas à supprimer le conflit, mais elle lui « Elle lui retire les armes pour lui donner des règles et des institutions. Elle ne promet pas l'accord permanent, mais nous impose de ne jamais transformer nos désaccords en négation de la légitimité de l'autre ».

En conclusion, le président de l'Assemblée nationale a appelé à ouvrir davantage l'institution à la société civile, aux syndicats, aux chercheurs et à la diaspora afin que le Parlement devienne le réceptacle de la « parole nationale ». 

Il a clos la session en adressant ses félicitations au Premier ministre, à l'ensemble des députés, ainsi qu'aux forces de sécurité et aux médias ayant assuré la couverture des travaux.

Moussa Ndongo

Mardi 8 Septembre 2026 23:58


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