Code de la famille et présence des cadis : Dar Al Istiqaamah plaide pour des réformes auprès du ministre de la Justice



Le Code de la famille, la place des cadis dans les juridictions et le respect du principe d’égalité devant la loi ont dominé les échanges entre le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, et une délégation de Dar Al Istiqaamah, reçue ce jeudi 6 août. Sans annoncer de réforme immédiate, le Garde des Sceaux s’est engagé à examiner plusieurs des préoccupations soulevées par l’organisation islamique.
 
Conduite par le Dr Cheikh Mohamed Ahmad Lo, la délégation est venue défendre une série de revendications qu’elle estime « essentielles pour une meilleure prise en compte des réalités sénégalaises dans le fonctionnement de la justice ». En ouverture de la rencontre, ses membres ont salué les premières initiatives du ministre depuis son arrivée à la tête du département, qu’ils jugent « porteuses d’un nouvel élan pour le service public de la justice ».
 
 
Mais c’est surtout le Code de la famille qui a cristallisé les discussions. Selon Dar Al Istiqaamah, certaines dispositions, notamment celles relatives au divorce et aux successions, « ne correspondent plus aux réalités sociologiques, culturelles et religieuses du Sénégal ». L’organisation a ainsi plaidé pour une révision ciblée de ces articles afin de mieux concilier le droit positif avec les spécificités du pays.
 
Autre dossier mis sur la table : le manque de cadis dans plusieurs tribunaux d’instance. La délégation a déploré leur faible présence ainsi que les insuffisances constatées dans leur formation, tout en formulant des propositions pour renforcer leur déploiement dans les juridictions concernées. Les représentants de Dar Al Istiqaamah ont également exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « traitement différencié de certaines procédures impliquant des membres de leur organisation », estimant que cette perception d’une inégalité devant la loi mérite une attention particulière pour préserver la cohésion sociale.
 
Face à ces différentes requêtes, Me Moussa Sarr a adopté une posture d’écoute. Le Garde des Sceaux a indiqué qu’il étudierait la possibilité d’affecter des cadis dans les tribunaux qui en sont dépourvus. Concernant les allégations de traitement inégal, il a rappelé que tous les citoyens sont égaux devant la loi et assuré qu’il veillera au respect de ce principe fondamental. Si aucune décision n’a été annoncée à l’issue de cette audience, la rencontre remet au premier plan des questions sensibles touchant à l’évolution du Code de la famille et à l’articulation entre droit, religion et réalités sociales au Sénégal.


Vendredi 7 Aout 2026 00:37


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