Le visage du Sénégal change, et nos maisons en sont le premier témoin. Le dernier rapport de l'ANSD sur les conditions de vie des ménages dresse le portrait d'un pays en pleine mutation : le ciment est devenu le roi incontesté de nos murs. Nos édifices en béton sont de véritables « éponges à chaleur ». Ils offrent une isolation thermique très faible, nous rendant extrêmement vulnérables face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et aux inondations.
C’est une hégémonie presque totale. Au niveau national, le ciment s'impose comme le matériau de référence. Plus de 90 % des ménages utilisent le ciment (dont 12,6 % y ajoutent le luxe des carreaux) pour ériger les murs de leur bâtiment principal. Dans la capitale, Dakar, ce chiffre atteint un sommet de 99,2 %. Mais le ciment n’est plus l’apanage des citadins : en milieu rural, il concerne désormais 73,7 % des foyers. Cependant, le banco (terre crue) n’a pas dit son dernier mot. S’il a quasiment disparu des centres urbains (0,3 %), il reste une réalité pour près de 10 % des ménages ruraux. Les régions de Kédougou (25,5 %) et Tambacounda (23,3 %) restent les bastions de ce matériau traditionnel.
Au Sénégal, le ciment est le roi des chantiers. Mais ce prestige a un coût environnemental exorbitant. Le « Feuille de route pour l’action climatique dans le secteur du bâtiment et de la construction au Sénégal » révèle que le « carbone incorporé » c’est-à-dire la pollution générée depuis l’extraction des matières premières jusqu’au transport et à la construction atteint des sommets. En 2024, les émissions liées à la fabrication de nos bâtiments ont atteint environ 4 milliards de tonnes de CO2 équivalent. À titre de comparaison, c’est infiniment plus que le « carbone opérationnel » (l'électricité que nous consommons pour éclairer ou ventiler nos maisons), qui ne représente que 27 millions de tonnes. En clair, nos maisons polluent avant même que nous n'y habitions. Des maisons inadaptées aux vagues de chaleur
Le parc immobilier sénégalais, particulièrement à Dakar où la pression foncière est étouffante, souffre d'un défaut de conception majeur. La majorité des bâtiments actuels ont été construits sans tenir compte de la durabilité. Résultat : nos édifices en béton sont de véritables « éponges à chaleur ». Ils offrent une isolation thermique très faible, nous rendant extrêmement vulnérables face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et aux inondations.
Le Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement des Territoires a déjà tiré la sonnette d’alarme. Dans la « Feuille de route pour l’action climatique », les experts pointent du doigt un coupable inattendu dans la lutte contre le réchauffement : le carbone incorporé de nos bâtiments. Le Ministère déplore un manque de réglementation pour la construction « bas carbone » et l’absence de mesures incitatives pour pousser les Sénégalais à construire autrement.
Pour le Ministère, l'avenir ne se trouve pas dans le béton à outrance, mais dans le retour aux techniques traditionnelles. Si rien n'est fait pour promouvoir les matériaux locaux lors des rénovations et des futures constructions, les émissions de gaz à effet de serre du secteur continueront de grimper, emprisonnant un peu plus nos villes dans un étau de chaleur et de pollution. L’évaluation de la situation de l’environnement physique des bâtiments existants au Sénégal a permis de développer des projections partant d’une analyse des lacunes restantes et des progrès à adopter pour l’environnement habilitant, à travers les 4 objectifs de la GlobalABC.
C’est une hégémonie presque totale. Au niveau national, le ciment s'impose comme le matériau de référence. Plus de 90 % des ménages utilisent le ciment (dont 12,6 % y ajoutent le luxe des carreaux) pour ériger les murs de leur bâtiment principal. Dans la capitale, Dakar, ce chiffre atteint un sommet de 99,2 %. Mais le ciment n’est plus l’apanage des citadins : en milieu rural, il concerne désormais 73,7 % des foyers. Cependant, le banco (terre crue) n’a pas dit son dernier mot. S’il a quasiment disparu des centres urbains (0,3 %), il reste une réalité pour près de 10 % des ménages ruraux. Les régions de Kédougou (25,5 %) et Tambacounda (23,3 %) restent les bastions de ce matériau traditionnel.
Au Sénégal, le ciment est le roi des chantiers. Mais ce prestige a un coût environnemental exorbitant. Le « Feuille de route pour l’action climatique dans le secteur du bâtiment et de la construction au Sénégal » révèle que le « carbone incorporé » c’est-à-dire la pollution générée depuis l’extraction des matières premières jusqu’au transport et à la construction atteint des sommets. En 2024, les émissions liées à la fabrication de nos bâtiments ont atteint environ 4 milliards de tonnes de CO2 équivalent. À titre de comparaison, c’est infiniment plus que le « carbone opérationnel » (l'électricité que nous consommons pour éclairer ou ventiler nos maisons), qui ne représente que 27 millions de tonnes. En clair, nos maisons polluent avant même que nous n'y habitions. Des maisons inadaptées aux vagues de chaleur
Le parc immobilier sénégalais, particulièrement à Dakar où la pression foncière est étouffante, souffre d'un défaut de conception majeur. La majorité des bâtiments actuels ont été construits sans tenir compte de la durabilité. Résultat : nos édifices en béton sont de véritables « éponges à chaleur ». Ils offrent une isolation thermique très faible, nous rendant extrêmement vulnérables face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et aux inondations.
Le Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement des Territoires a déjà tiré la sonnette d’alarme. Dans la « Feuille de route pour l’action climatique », les experts pointent du doigt un coupable inattendu dans la lutte contre le réchauffement : le carbone incorporé de nos bâtiments. Le Ministère déplore un manque de réglementation pour la construction « bas carbone » et l’absence de mesures incitatives pour pousser les Sénégalais à construire autrement.
Pour le Ministère, l'avenir ne se trouve pas dans le béton à outrance, mais dans le retour aux techniques traditionnelles. Si rien n'est fait pour promouvoir les matériaux locaux lors des rénovations et des futures constructions, les émissions de gaz à effet de serre du secteur continueront de grimper, emprisonnant un peu plus nos villes dans un étau de chaleur et de pollution. L’évaluation de la situation de l’environnement physique des bâtiments existants au Sénégal a permis de développer des projections partant d’une analyse des lacunes restantes et des progrès à adopter pour l’environnement habilitant, à travers les 4 objectifs de la GlobalABC.