Contribution: LETTRE AUX HEUREUX ELUS DU PEUPLE SENEGALAIS (par Pathé Bâ)

Honorables, vous êtes cent cinquante respectables Messieurs et Dames à être heureux élus
du peuple Sénégalais, pour être sa voix, ses parlementaires, ses dignes et légaux représentants
à l’hémicycle. Soyez en donc chaleureusement et très sincèrement félicités.



Cependant ayez à l’esprit, que le Sénégal se trouve à la croisée des chemins, dans un espace
communautaire et dans un monde ouvert et globalisé et que son peuple vous a choisi en toute
connaissance de cause.
 
Il vous écoute dans l’espoir que votre mandat sera synonyme de l’expression d’une classe
politique vertueuse et d’une ressource humaine de qualité exceptionnelle. Des députés
soucieux d’une véritable réhabilitation de leur institution.
 
Rappelez vous à tout instant et en toute circonstance, que vous avez en face de vous, un
peuple calme, mais de plus en plus éclairé, par conséquent exigeant.
 
Souverain, il élèvera votre carrière politique jusqu’aux stations suprêmes, que lorsque vous
élèverez ses préoccupations premières. Votre ascension sera consumée, lorsqu’il verra ses
fortes et pressantes inquiétudes foulées aux pieds pour de basses sinécures.
 
Droit dans ses bottes, en bonne sentinelle en guet, il a farouchement démontré le jeudi 23 juin
2011, toute sa détermination à combattre toute scénographie « législativo-scélératesse », toute
tentative de transformation du prince en dieu, et du peuple en bête.
 
Prenez donc garde, de ne jamais être de médiocres héritiers d’une chambre d’enregistrement.
Ne confisquez point notre belle démocratie. Pour mieux vous éloigner d’une législature
oiseuse et unitile, ne vous contentez pas d’être uniquement de simples représentants du
peuple, mais soyez le peuple lui même.
 
N’oubliez surtout pas que vous n’êtes élus, ni pour un concours de beauté, ni sélectionnés
pour un sprint d’invectives. Évitez que Morphée ne s’empare de vous en plein débat
parlementaire, en milieu contrôle et évaluation de l’action gouvernementale.
 
Refusez d’être ces piètres comédiens d’un gigantesque théâtre de Titus Maccius Plautus.
 
Les lois que vous proposerez, discuterez et que vous aurez l’insigne privilège et la grave
responsabilité de voter, ne doivent être caprices, ni de vos partis, ni de vos coalitions, encore
moins de « votre » Président. Elles ne doivent avoir comme motivation principale, que la
sauvegarde et la préservation de l’intérêt général, de l’intérêt du peuple, véritable et unique
Souverain.
 
Honorables, veuillez bien prendre en comptes ces différentes préoccupations, afin de ne pas
vous perdre, afin de ne pas perdre « votre » exécutif. Mais surtout, afin de ne pas sitôt siffler,
vous-mêmes, la fin de l’histoire, la fin de votre propre histoire.
 
Par Pathé BA.
 
Email : pathebateps@yahoo.fr

Mamadou Sakhir Ndiaye

Mardi 3 Juillet 2012 13:41


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