Coronavirus en Afrique du Sud: polémique entre gouvernement et infirmiers

Le coronavirus s’installe encore un peu plus en Afrique du Sud. Quatre nouveaux patients ont été testés positifs, ce lundi 9 mars, portant à sept le nombre total de cas dans le pays. Le gouvernement se veut pourtant rassurant.



En Afrique du Sud, les sept personnes testées positives au coronavirus revenaient du même voyage en Italie. De ce fait, plusieurs dizaines de personnes ont alors été placées en quarantaine pour tenter de stopper l’hémorragie. Les écoles, elles aussi, ont commencé à fermer par mesure de précaution. Le ministre de la Santé a cependant appelé au calme et assure que tout est sous contrôle.
 
Dans son point presse quotidien, Zweli Mkhize, a tenté de rassurer par exemple sur l’état de préparation des hôpitaux sud-africains. « Certains disent que nous n’avons pas assez d’infirmières, pas assez de docteurs et que nos hôpitaux sont vétustes, a-t-il déclaré. C’est vrai, mais ce sont les problèmes quotidiens que nous tentons de régler, depuis longtemps. Le coronavirus est différent. C’est une urgence. Nous sommes prêts à lui faire face ».
 
Désastres
 
Ce discours maladroit, voire contradictoire, fait grincer des dents parmi les spécialistes du secteur. « Les praticiens hospitaliers en première ligne n’ont pas été suffisamment informés ni entrainés à propos de ce virus, alerte Lerato Madumo-Gova, présidente du syndicat infirmier Ynitu. Aussi, tous les hôpitaux désignés ont été le théâtre de différents désastres récemment. Certains même n’ont pas réussi à contenir une simple pneumonie ».
 
Pour l’heure, les patients suspects de la région de Johannesburg sont par exemple placés dans le service de cancérologie et non dans leur service dédié, encore en construction. « Ça vous fait réfléchir sur les risques que l’on fait prendre aux praticiens hospitaliers, mais aussi aux autres patients au système immunitaire fragile, au sein de nos hôpitaux », a ajouté la présidente du syndicat infirmier Ynitu.
 
Pour les plus aisés, un examen privé a été mis en place ce lundi 9 mars. On peut maintenant être testé pour un peu moins d’une centaine d’euros.

RFI

Mardi 10 Mars 2020 14:55


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