Crise au sommet du football nigérian après la démission du président de la fédération



Sur fond de soupçons de corruption, de contre‑performances sportives et de gestion financière contestée, le président de la Fédération nigériane de football (NFF) et tout son comité exécutif ont démissionné. Un comité de normalisation, soutenu par le gouvernement, devrait reprendre temporairement les rênes d’un football nigérian en pleine tourmente.

Le football nigérian traverse une crise majeure. Le président de la Fédération nigériane de football (NFF), Musa Ibrahim Gusau, a annoncé sa démission, emportant avec lui l’ensemble du comité exécutif, alors que les critiques se multipliaient sur la gestion financière et les résultats des sélections nationales masculine et féminine.
                      
La Commission nationale des sports (NSC) recommande désormais la mise en place d’un comité de normalisation pour diriger la NFF. Cette structure transitoire doit prendre le relais après le départ collectif et effectif du président et des membres du comité exécutif, dans un contexte d’enquêtes approfondies sur le déclin du football nigérian et la gestion de 17 milliards de nairas, soit environ 12 millions de dollars américains, octroyés par le gouvernement à la Fédération.
 
« Plus célèbre que Trump... »

Cette crise intervient après l’échec historique des Super Falcons, qui ont manqué la qualification pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Sous la pression croissante des supporters, des autorités et des partenaires, Musa Gusau a officialisé son départ jeudi 27 aout lors d’un point de presse au siège de la Fédération, à Abuja.

 « Comme vous le savez, tout le monde parle de la situation actuelle. Mon nom est même devenu plus célèbre que celui de Donald Trump. On ne parle que de moi partout. Personne n'est plus grand que ce pays. Après de nombreuses consultations, je viens vous annoncer que j'ai décidé de démissionner de mon poste de président de la Fédération nigériane de football. »
 
Dans la foulée, le prochain congrès électif, initialement prévu le 25 septembre, a été suspendu jusqu’à nouvel ordre. Un comité de normalisation devrait être mis en place pour gérer les affaires courantes de la Fédération pendant trois mois. Soutenu par le gouvernement nigérian, ce comité aura pour mission de réorganiser l’administration du football national, restructurer la gouvernance, réviser les statuts, notamment ceux de la Fédération des jeunes, et relancer les systèmes de développement.

L’objectif affiché est d’assainir le processus administratif avant l’organisation d’élections jugées crédibles et transparentes. Le président nigérian, Bola Tinubu, a chargé le président de la Commission nationale des sports de travailler en étroite collaboration avec le secrétariat de la NFF et les principaux acteurs du football afin d’assurer la continuité de la gestion administrative essentielle et de faciliter un vaste processus de réforme, ouvert et participatif.
 
Ce chantier devra se dérouler en concertation avec la Fifa et la CAF, tout en respectant les obligations du Nigeria dans le cadre du football international. En attendant la mise en place officielle du comité de normalisation, la NFF est placée sous la responsabilité du secrétaire général adjoint, qui assure l’intérim et veille aux affaires courantes.
 
Sur le terrain, la crise institutionnelle ne suspend pas le calendrier sportif : la sélection masculine du Nigeria doit entamer les qualifications pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations par deux rencontres face à Madagascar et à la Guinée‑Bissau, les 23 et 27 septembre prochains.

RFI

Vendredi 28 Aout 2026 12:22


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