La Déclaration de politique générale du Premier ministre mérite une lecture sérieuse, loin des réflexes de rejet systématique comme de l'autosatisfaction.
Nous voulons être une opposition responsable. Lorsqu'un diagnostic est juste, nous devons savoir le reconnaître. Lorsqu'une orientation sert l'intérêt national, nous devons pouvoir l'encourager. Mais lorsque les faits contredisent les discours, notre devoir est aussi de le dire.
Cette DPG a, de ce point de vue, un premier mérite : elle ramène progressivement le pouvoir au principe de réalité.
Le Premier ministre reconnaît lui-même qu'après presque trente mois de pouvoir, les lignes n'ont bougé qu'à un rythme « particulièrement lent ». Il reconnaît une contrainte financière majeure, un environnement des affaires difficile et des faiblesses administratives importantes. Plus sévèrement encore, il constate que trop de projets ont souffert d'une préparation insuffisante, de délais excessifs, de chaînes de décision interminables et d'un suivi défaillant.
Dans une autre partie de sa déclaration, le diagnostic devient presque un bilan : « les premières années ont révélé une très faible structuration, des démarrages trop lents, un suivi trop irrégulier ».
Nous prenons acte de cette lucidité.
Mais elle appelle nécessairement une question :
Qui a gouverné pendant ces premières années ?
ON NE PEUT PAS CHANGER DE MÉTHODE SANS ASSUMER LE BILAN DE L'ANCIENNE
Le Premier ministre nous dit que « le Cap sera maintenu ». Il reprend les sept ruptures de la précédente DPG et précise qu'elles ont été mises en œuvre par l'équipe entourant le précédent chef du Gouvernement.
Il n'annonce donc pas une rupture avec les deux premières années du régime.
Il annonce une continuité du cap accompagnée d'un changement de méthode.
C'est précisément là que se trouve la première question politique majeure de cette DPG.
Car si le cap reste le même mais qu'il faut aujourd'hui corriger la méthode parce que les projets ont été insuffisamment préparés, que leur démarrage a été trop lent et leur suivi trop irrégulier, alors il faut assumer la responsabilité politique de la méthode appliquée pendant les deux premières années.
Changer de Premier ministre ne remet pas les compteurs à zéro.
Changer de fonction ne saurait davantage effacer un bilan.
Le précédent chef du Gouvernement a dirigé la Primature pendant plus de deux ans. Il a conduit et coordonné l'action gouvernementale. Le PRES a été supervisé sous son autorité. Les orientations budgétaires, les politiques de rationalisation et les arbitrages concernant notamment les subventions énergétiques ont été instruits pendant cette période.
La DPG elle-même le rappelle.
Nous n'avons donc nul besoin de faire un procès de personne. Les faits suffisent.
Et comme le dit Abdoulaye Wilane : « La stratégie qui consiste à déshabiller Jean pour habiller Paul a ses limites. » On ne peut pas attribuer systématiquement au régime précédent tout ce qui va mal et à la nouvelle majorité tout ce qui irait bien. Après presque trente mois de pouvoir, il existe désormais un bilan propre à cette majorité.
LE PRES : LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE DRESSE LUI-MÊME LE CONSTAT DES LIMITES
C'est probablement l'un des passages politiquement les plus importants de la DPG.
Le Plan de redressement économique et social – PRES « Jubbanti Koom » 2025-2028 – représente une ambition annoncée de 6 166 milliards de FCFA. Or le Premier ministre reconnaît aujourd'hui qu'il « peine à délivrer toutes ses promesses ».
À fin août 2026, la mobilisation des ressources domestiques, notamment fiscales, n'atteint que 172,5 milliards sur 303,3 milliards attendus, soit 56,9 %. Le Premier ministre reconnaît également que la réduction du déficit s'est faite au prix de renoncements à certains investissements publics sociaux et productifs, tandis que les arriérés continuent d'affecter les PME-PMI. Plus significatif encore, la DPG reconnaît que le PRES « ne peut produire des résultats spectaculaires avant quelques années au risque d'étouffer l'économie ». Voilà précisément ce que nous demandions : que l'on sorte des slogans et que l'on regarde l'équation économique.
Le PRES n'est pas un héritage d'avant avril 2024.
Il appartient entièrement au pouvoir actuel. Il a été élaboré et supervisé pendant le Gouvernement précédent. Et c'est désormais le nouveau Gouvernement qui annonce qu'il devra être évalué et recentré vers davantage d'efficacité. Cela constitue de fait un constat de limites. Il faut en tirer les conséquences.
FINANCEMENT ENDOGÈNE : LE RETOUR AU PRINCIPE DE RÉALITÉ
Il y a également dans cette DPG une évolution doctrinale que nous considérons importante.
Le Premier ministre affirme désormais que la faiblesse de l'épargne nationale impose au Sénégal de continuer à attirer l'épargne internationale et appelle à « renouer avec la communauté financière internationale des relations objectives et cohérentes ». Nous partageons cette approche.
La souveraineté économique n'est pas l'autarcie.
La souveraineté consiste à négocier librement ses partenariats dans l'intérêt national, et non à prétendre que nous pouvons financer seuls des besoins que notre niveau actuel d'épargne ne permet pas de couvrir.
Ce retour au réalisme doit cependant nous conduire à interroger certains discours des deux dernières années. On ne peut expliquer pendant des mois que le salut résidera principalement dans le financement endogène pour reconnaître ensuite que celui-ci « ne se décrète pas » et que le Sénégal n'a pas encore accumulé suffisamment de richesse pour couvrir seul ses besoins.
Nous préférons cette lucidité nouvelle.
Mais encore une fois : les mots ont changé.
« DETTE CACHÉE » : APRÈS LE RÉCIT POLITIQUE, VIENT L'ÉPREUVE DE LA GESTION
Nous ne devons pas esquiver la question de la dette.
La DPG maintient clairement la thèse de la « dissimulation statistique » et affirme qu'elle aurait renchéri la signature du Sénégal et fermé des guichets de financement. Elle continue également d'utiliser l'expression « dette dite cachée ».
Nous en prenons acte. Mais nous maintenons notre position de fond.
La vérité des comptes doit être établie avec toute la rigueur nécessaire. Mais la vérité exige aussi la comparabilité des méthodes, la permanence des périmètres et l'explication précise du passage entre anciens et nouveaux agrégats.
Tout écart statistique ne démontre pas automatiquement une intention de dissimulation.
Il faut distinguer ce qui relève notamment de l'élargissement du périmètre, des passifs reconnus, des révisions statistiques, des arriérés et de l'endettement effectivement contracté.
C'est pourquoi nous continuons à demander une chose très simple :
Publiez le tableau de passage.
Comment passe-t-on précisément de l'ancien stock de dette au nouveau ?
Quelle part provient de l'élargissement du périmètre ?
Quelle part relève de passifs antérieurement non consolidés ?
Quelle part correspond aux révisions ?
Quelle part représente effectivement de nouveaux emprunts ?
Et quel est l'effet des changements statistiques intervenus parallèlement sur le PIB utilisé comme dénominateur ?
Ce débat doit désormais sortir du terrain politique pour revenir sur celui des chiffres.
LA COMMUNICATION SUR LA DETTE A ELLE-MÊME UN COÛT
C'est également ici qu'il faut rappeler une responsabilité politique importante.
Le discours de la « dette cachée » n'a pas été seulement un constat technique.
Il a constitué pendant de longs mois un élément central du discours politique porté au plus haut niveau du précédent Gouvernement. Or le Premier ministre reconnaît aujourd'hui une réalité que nous avons précisément rappelée : la confiance financière est un actif extrêmement fragile.
Il parle d'une fermeture des marchés internationaux, d'un surcoût d'intérêt et de refinancement, d'investissements publics comprimés et rappelle les dégradations successives des agences de notation.
La DPG nous dit également qu'il faut désormais « rétablir la confiance des investisseurs ».
Nous posons alors une question légitime : dans quelle mesure la communication financière extrêmement alarmiste des deux dernières années a-t-elle contribué elle-même à détériorer cette confiance ?
Cela ne signifie pas qu'il fallait cacher quoi que ce soit. Cela signifie exactement le contraire.
La transparence financière exige de la précision, de la méthode et de la responsabilité.
Parce qu'une déclaration d'un responsable politique n'a pas le même impact qu'une conversation privée.
Parce qu'un État parle aussi à ses créanciers, à ses investisseurs, aux agences de notation et aux marchés. Et parce que la signature du Sénégal appartient au Sénégal, pas à un parti politique.
LE TRAITEMENT DE LA DETTE : LES INTENTIONS SONT CONNUES, LES MODALITÉS DOIVENT L'ÊTRE
Le Gouvernement annonce désormais un Plan de traitement de la dette du Sénégal.
L'objectif déclaré est clair : allonger significativement les maturités, réduire le coût moyen de la dette, rétablir la confiance des investisseurs et rendre le service de la dette compatible avec les capacités réelles du pays. Le Gouvernement affirme avoir la certitude que le processus pourra être intégralement bouclé au dernier trimestre 2026. Nous ne nous opposons pas par principe à cette démarche.
Mais le sérieux commande désormais de répondre aux questions essentielles :Quelles dettes seront concernées ? Quels créanciers ? Quelles maturités ? Quelle réduction du coût moyen ? Quelle économie annuelle sur le service de la dette ? Quelle incidence sur la valeur actuelle nette des créances ? Quelle conséquence sur l'accès futur du Sénégal aux marchés ?
Le Gouvernement affirme que le PTDS est « quasi-finalisé dans ses moindres détails ».
Dans ce cas, ces détails doivent progressivement être présentés aux Sénégalais.
La confiance ne se restaure pas par l'emphase. Elle se restaure par la précision.
1 956 MILLIARDS D'ARRIÉRÉS : LE SECTEUR PRIVÉ NE PEUT PLUS FINANCER L'ÉTAT À SON INSU
La DPG révèle un stock d'arriérés de paiements évalué à 1 956 milliards de FCFA à fin mars 2025.
Elle indique que seulement 49,5 % du stock, soit 2 406 dossiers, correspond aux dossiers réguliers prioritaires et prévoit différentes modalités : paiement en numéraire, affacturage, titrisation, compensation fiscale et rééchelonnement.
Nous approuvons le principe selon lequel le secteur privé national ne doit plus servir de variable d'ajustement de la trésorerie de l'État. Mais les entreprises ont maintenant besoin de réponses opérationnelles.
Combien sera payé en 2026 ?
Combien en 2027 ?
Quelle part sera réglée en numéraire ?
Quelle part sera titrisée ?
Comment ces paiements s'articulent-ils avec les 300 milliards de FCFA précédemment annoncés ?
Et surtout : d'où viendra la trésorerie ?
Une PME ne paie ni ses salariés ni sa banque avec une déclaration d'intention.
1 000 MILLIARDS AU FONSIS, 5 000 MILLIARDS MOBILISÉS, 200 000 EMPLOIS : IL FAUT MAINTENANT DÉMONTRER L'EFFET DE LEVIER
Le Gouvernement prévoit de transférer 1 000 milliards de FCFA d'actifs marchands ou à potentiel marchand au FONSIS. À partir de ces actifs, il ambitionne de mobiliser près de 5 000 milliards de FCFA de capitaux, principalement privés, et de générer 200 000 emplois. L'ambition est intéressante. Mais un potentiel de mobilisation n'est pas une ressource disponible. Il faut préciser la nature des actifs transférés, leur valorisation, le calendrier des transferts, les investisseurs ciblés, la structure des véhicules de financement et les risques éventuellement supportés par l'État. Il faudra également expliquer comment est construit le multiplicateur annoncé de 1 à 5.
Nous ne contestons pas l'ambition.Nous demandons l'équation.
LE QUOTIDIEN DES SÉNÉGALAIS : DES OBJECTIFS IMPORTANTS, MAIS ENCORE BEAUCOUP DE PROMESSES
Le Gouvernement annonce des objectifs importants :
un million de ménages pauvres et vulnérables couverts par un filet social dès 2027, avec une enveloppe passant de 70 à 140 milliards de FCFA ; une baisse de 30 % du prix du kWh à l'horizon 2030 ; 30 000 logements effectivement occupés par an ; et un potentiel global de 1,52 million d'emplois à l'horizon 2029 selon le Masterplan.Nous souhaitons que ces objectifs soient atteints.Mais après presque trente mois, les Sénégalais ne peuvent plus être uniquement renvoyés à 2029, 2030 ou 2050.
Ils veulent savoir : qu'est-ce qui changera en octobre 2026 ?
Qu'est-ce qui changera dans leur budget en janvier 2027 ?
Combien d'emplois seront effectivement créés dans les douze prochains mois ?
Quand la facture d'électricité commencera-t-elle réellement à diminuer ?
Quand les PME commenceront-elles effectivement à être payées ?
C'est à cette échelle que la politique publique rencontre la vie réelle.
LES GRANDS PROJETS : L'AMBITION NE REMPLACE PAS LE FINANCEMENT
La DPG présente de nombreux projets catalytiques : Yakaar-Teranga, réseau gazier, SAR 2, projets miniers, engrais, agropoles, Grand Transfert d'Eau, infrastructures ferroviaires et portuaires.
Le seul développement de la première phase de Yakaar-Teranga est évalué entre 5 et 10 milliards de dollars, selon le schéma qui sera finalement retenu. Le Grand Transfert d'Eau et la nouvelle ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda figurent également parmi les opérations structurantes annoncées.
Ces projets peuvent transformer le pays.
Mais la question centrale demeure :
qui finance, selon quel montage, avec quelle participation publique, quel calendrier, quelle rentabilité économique et quels risques budgétaires ?
Le Premier ministre écrit lui-même que :« Des engagements sans projets ne sont que des intentions bien rédigées. » Nous ajouterions simplement : Des projets sans financement sécurisé restent également des intentions.
L'ÉTAT DE DROIT : DES PAROLES IMPORTANTES QUI DEVRONT ÊTRE SUIVIES D'ACTES
Nous relevons favorablement plusieurs engagements : indépendance de la justice, présomption d'innocence, accès à l'information, réforme électorale, nouveau Code électoral, projet de Cour constitutionnelle et volonté affichée de réconciliation.
Mais là encore, la DPG contient un élément extrêmement révélateur concernant les audits fonciers.
Le Premier ministre indique que les rapports concernant sept zones avaient été finalisés entre juillet 2024 et février 2025 et transmis au précédent chef du Gouvernement. Il parle lui-même d'une validation restée en « quasi-latence depuis 16 mois » et estime que ces rapports auraient dû être publiés.
C'est un fait majeur.
Il confirme que certaines lenteurs aujourd'hui dénoncées par le nouveau Gouvernement sont intervenues au sein même du pouvoir actuel.
Encore une fois : on ne peut pas réclamer la responsabilité pour hier et l'effacer pour les deux dernières années.
« UN GOUVERNEMENT NE SE LAMENTE PAS : IL PREND SES RESPONSABILITÉS »
Nous entendons le discours sur les contraintes. Nous savons qu'elles sont réelles.
Mais, comme le rappelle Abdoulaye Wilane : « Un gouvernement ne se lamente pas. Il prend ses responsabilités. » Il est trop facile de transformer chaque difficulté en justification supplémentaire.
La dette est élevée : gouvernez.Les marchés sont difficiles : restaurez la confiance.
Les recettes sont insuffisantes : élargissez intelligemment l'assiette sans étouffer l'économie.
Les entreprises attendent leur argent : présentez le calendrier d'apurement.
Les projets avancent trop lentement : exécutez. L'administration est inefficace : réformez-la.
C'est précisément pour résoudre ces problèmes que les Sénégalais élisent un Gouvernement.
NOTRE POSITION : NI DÉNI, NI DRAMATISATION, NI PILOTAGE À VUE
Le Parti Socialiste ne niera jamais les difficultés du Sénégal.
Nous ne nierons pas la dette.
Nous ne nierons pas les contraintes financières.
Nous ne nierons pas davantage la nécessité de réformes parfois difficiles.
Mais nous refusons également que la peur devienne une méthode de gouvernement.
On ne gouverne pas sérieusement un pays en faisant du pilotage à vue.
On ne peut pas annoncer simultanément des milliers de milliards d'investissements, le paiement des arriérés, le redressement budgétaire, la réduction de la dette, l'augmentation de la protection sociale, la baisse du coût de l'énergie et la création de centaines de milliers d'emplois sans présenter progressivement l'équation financière qui relie tous ces objectifs.
C'est cela que nous demanderons au Gouvernement.
Pas moins de dépenses pour le plaisir de réduire les dépenses.
Pas davantage d'impôts pour le plaisir de collecter davantage.
Mais une politique économique cohérente où chaque franc prélevé, emprunté ou investi produit un résultat mesurable pour les Sénégalais.
NOUS PRENONS LE PREMIER MINISTRE AU MOT
Le Premier ministre dit avoir tiré de sa carrière de banquier central une règle simple : « on ne doit promettre que ce qu'on peut tenir, et il faut tenir ce que l'on a promis ».
Nous partageons cette conception. Il annonce également que les ministres auront désormais des objectifs mesurables, que leurs lettres de mission seront publiques et que l'exécution fera l'objet de revues trimestrielles.
Très bien.
Nous conserverons donc les chiffres annoncés.
Nous conserverons les échéances.
Nous conserverons les engagements.
Et nous jugerons sur les résultats. Car le Premier ministre a également reconnu que, durant les premières années, « l'annonce [a précédé] l'exécution ».
Cela ne doit plus arriver.
CONCLUSION
Cette DPG est moins triomphaliste que certains discours qui l'ont précédée. Elle reconnaît davantage les contraintes financières, les limites du financement endogène, les difficultés du PRES, les insuffisances d'exécution, la nécessité de renouer avec la communauté financière internationale et l'urgence de restaurer la confiance.
C'est une évolution que nous saluons.
Mais cette lucidité nouvelle ne doit pas devenir une manière de réécrire les responsabilités.
Le précédent Gouvernement a dirigé le pays pendant plus de deux ans.
Il a porté le PRES.
Il a conduit la politique économique.
Il a porté politiquement le récit de la « dette cachée ».
Il a supervisé des dossiers dont le nouveau Premier ministre reconnaît aujourd'hui les lenteurs, les insuffisances ou la nécessité de réévaluation.
Ces responsabilités ne disparaissent pas parce que leur titulaire a changé de fonction.
Nous ne demandons aucun procès politique.
Nous demandons simplement la même exigence pour tous : rendre compte.
Le Premier ministre a lui-même rappelé que les chiffres finissent toujours par avoir raison des discours.
Sur ce point, nous sommes pleinement d'accord avec lui.
LES MOTS ONT CHANGÉ.
LES CONTRAINTES SONT ENFIN RECONNUES.
MAIS LES RESPONSABILITÉS DEMEURENT.
LE TEMPS DES RÉSULTATS EST VENU.
Abdoulaye WILANE
Porte-parole du Parti Socialiste
Nous voulons être une opposition responsable. Lorsqu'un diagnostic est juste, nous devons savoir le reconnaître. Lorsqu'une orientation sert l'intérêt national, nous devons pouvoir l'encourager. Mais lorsque les faits contredisent les discours, notre devoir est aussi de le dire.
Cette DPG a, de ce point de vue, un premier mérite : elle ramène progressivement le pouvoir au principe de réalité.
Le Premier ministre reconnaît lui-même qu'après presque trente mois de pouvoir, les lignes n'ont bougé qu'à un rythme « particulièrement lent ». Il reconnaît une contrainte financière majeure, un environnement des affaires difficile et des faiblesses administratives importantes. Plus sévèrement encore, il constate que trop de projets ont souffert d'une préparation insuffisante, de délais excessifs, de chaînes de décision interminables et d'un suivi défaillant.
Dans une autre partie de sa déclaration, le diagnostic devient presque un bilan : « les premières années ont révélé une très faible structuration, des démarrages trop lents, un suivi trop irrégulier ».
Nous prenons acte de cette lucidité.
Mais elle appelle nécessairement une question :
Qui a gouverné pendant ces premières années ?
ON NE PEUT PAS CHANGER DE MÉTHODE SANS ASSUMER LE BILAN DE L'ANCIENNE
Le Premier ministre nous dit que « le Cap sera maintenu ». Il reprend les sept ruptures de la précédente DPG et précise qu'elles ont été mises en œuvre par l'équipe entourant le précédent chef du Gouvernement.
Il n'annonce donc pas une rupture avec les deux premières années du régime.
Il annonce une continuité du cap accompagnée d'un changement de méthode.
C'est précisément là que se trouve la première question politique majeure de cette DPG.
Car si le cap reste le même mais qu'il faut aujourd'hui corriger la méthode parce que les projets ont été insuffisamment préparés, que leur démarrage a été trop lent et leur suivi trop irrégulier, alors il faut assumer la responsabilité politique de la méthode appliquée pendant les deux premières années.
Changer de Premier ministre ne remet pas les compteurs à zéro.
Changer de fonction ne saurait davantage effacer un bilan.
Le précédent chef du Gouvernement a dirigé la Primature pendant plus de deux ans. Il a conduit et coordonné l'action gouvernementale. Le PRES a été supervisé sous son autorité. Les orientations budgétaires, les politiques de rationalisation et les arbitrages concernant notamment les subventions énergétiques ont été instruits pendant cette période.
La DPG elle-même le rappelle.
Nous n'avons donc nul besoin de faire un procès de personne. Les faits suffisent.
Et comme le dit Abdoulaye Wilane : « La stratégie qui consiste à déshabiller Jean pour habiller Paul a ses limites. » On ne peut pas attribuer systématiquement au régime précédent tout ce qui va mal et à la nouvelle majorité tout ce qui irait bien. Après presque trente mois de pouvoir, il existe désormais un bilan propre à cette majorité.
LE PRES : LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE DRESSE LUI-MÊME LE CONSTAT DES LIMITES
C'est probablement l'un des passages politiquement les plus importants de la DPG.
Le Plan de redressement économique et social – PRES « Jubbanti Koom » 2025-2028 – représente une ambition annoncée de 6 166 milliards de FCFA. Or le Premier ministre reconnaît aujourd'hui qu'il « peine à délivrer toutes ses promesses ».
À fin août 2026, la mobilisation des ressources domestiques, notamment fiscales, n'atteint que 172,5 milliards sur 303,3 milliards attendus, soit 56,9 %. Le Premier ministre reconnaît également que la réduction du déficit s'est faite au prix de renoncements à certains investissements publics sociaux et productifs, tandis que les arriérés continuent d'affecter les PME-PMI. Plus significatif encore, la DPG reconnaît que le PRES « ne peut produire des résultats spectaculaires avant quelques années au risque d'étouffer l'économie ». Voilà précisément ce que nous demandions : que l'on sorte des slogans et que l'on regarde l'équation économique.
Le PRES n'est pas un héritage d'avant avril 2024.
Il appartient entièrement au pouvoir actuel. Il a été élaboré et supervisé pendant le Gouvernement précédent. Et c'est désormais le nouveau Gouvernement qui annonce qu'il devra être évalué et recentré vers davantage d'efficacité. Cela constitue de fait un constat de limites. Il faut en tirer les conséquences.
FINANCEMENT ENDOGÈNE : LE RETOUR AU PRINCIPE DE RÉALITÉ
Il y a également dans cette DPG une évolution doctrinale que nous considérons importante.
Le Premier ministre affirme désormais que la faiblesse de l'épargne nationale impose au Sénégal de continuer à attirer l'épargne internationale et appelle à « renouer avec la communauté financière internationale des relations objectives et cohérentes ». Nous partageons cette approche.
La souveraineté économique n'est pas l'autarcie.
La souveraineté consiste à négocier librement ses partenariats dans l'intérêt national, et non à prétendre que nous pouvons financer seuls des besoins que notre niveau actuel d'épargne ne permet pas de couvrir.
Ce retour au réalisme doit cependant nous conduire à interroger certains discours des deux dernières années. On ne peut expliquer pendant des mois que le salut résidera principalement dans le financement endogène pour reconnaître ensuite que celui-ci « ne se décrète pas » et que le Sénégal n'a pas encore accumulé suffisamment de richesse pour couvrir seul ses besoins.
Nous préférons cette lucidité nouvelle.
Mais encore une fois : les mots ont changé.
« DETTE CACHÉE » : APRÈS LE RÉCIT POLITIQUE, VIENT L'ÉPREUVE DE LA GESTION
Nous ne devons pas esquiver la question de la dette.
La DPG maintient clairement la thèse de la « dissimulation statistique » et affirme qu'elle aurait renchéri la signature du Sénégal et fermé des guichets de financement. Elle continue également d'utiliser l'expression « dette dite cachée ».
Nous en prenons acte. Mais nous maintenons notre position de fond.
La vérité des comptes doit être établie avec toute la rigueur nécessaire. Mais la vérité exige aussi la comparabilité des méthodes, la permanence des périmètres et l'explication précise du passage entre anciens et nouveaux agrégats.
Tout écart statistique ne démontre pas automatiquement une intention de dissimulation.
Il faut distinguer ce qui relève notamment de l'élargissement du périmètre, des passifs reconnus, des révisions statistiques, des arriérés et de l'endettement effectivement contracté.
C'est pourquoi nous continuons à demander une chose très simple :
Publiez le tableau de passage.
Comment passe-t-on précisément de l'ancien stock de dette au nouveau ?
Quelle part provient de l'élargissement du périmètre ?
Quelle part relève de passifs antérieurement non consolidés ?
Quelle part correspond aux révisions ?
Quelle part représente effectivement de nouveaux emprunts ?
Et quel est l'effet des changements statistiques intervenus parallèlement sur le PIB utilisé comme dénominateur ?
Ce débat doit désormais sortir du terrain politique pour revenir sur celui des chiffres.
LA COMMUNICATION SUR LA DETTE A ELLE-MÊME UN COÛT
C'est également ici qu'il faut rappeler une responsabilité politique importante.
Le discours de la « dette cachée » n'a pas été seulement un constat technique.
Il a constitué pendant de longs mois un élément central du discours politique porté au plus haut niveau du précédent Gouvernement. Or le Premier ministre reconnaît aujourd'hui une réalité que nous avons précisément rappelée : la confiance financière est un actif extrêmement fragile.
Il parle d'une fermeture des marchés internationaux, d'un surcoût d'intérêt et de refinancement, d'investissements publics comprimés et rappelle les dégradations successives des agences de notation.
La DPG nous dit également qu'il faut désormais « rétablir la confiance des investisseurs ».
Nous posons alors une question légitime : dans quelle mesure la communication financière extrêmement alarmiste des deux dernières années a-t-elle contribué elle-même à détériorer cette confiance ?
Cela ne signifie pas qu'il fallait cacher quoi que ce soit. Cela signifie exactement le contraire.
La transparence financière exige de la précision, de la méthode et de la responsabilité.
Parce qu'une déclaration d'un responsable politique n'a pas le même impact qu'une conversation privée.
Parce qu'un État parle aussi à ses créanciers, à ses investisseurs, aux agences de notation et aux marchés. Et parce que la signature du Sénégal appartient au Sénégal, pas à un parti politique.
LE TRAITEMENT DE LA DETTE : LES INTENTIONS SONT CONNUES, LES MODALITÉS DOIVENT L'ÊTRE
Le Gouvernement annonce désormais un Plan de traitement de la dette du Sénégal.
L'objectif déclaré est clair : allonger significativement les maturités, réduire le coût moyen de la dette, rétablir la confiance des investisseurs et rendre le service de la dette compatible avec les capacités réelles du pays. Le Gouvernement affirme avoir la certitude que le processus pourra être intégralement bouclé au dernier trimestre 2026. Nous ne nous opposons pas par principe à cette démarche.
Mais le sérieux commande désormais de répondre aux questions essentielles :Quelles dettes seront concernées ? Quels créanciers ? Quelles maturités ? Quelle réduction du coût moyen ? Quelle économie annuelle sur le service de la dette ? Quelle incidence sur la valeur actuelle nette des créances ? Quelle conséquence sur l'accès futur du Sénégal aux marchés ?
Le Gouvernement affirme que le PTDS est « quasi-finalisé dans ses moindres détails ».
Dans ce cas, ces détails doivent progressivement être présentés aux Sénégalais.
La confiance ne se restaure pas par l'emphase. Elle se restaure par la précision.
1 956 MILLIARDS D'ARRIÉRÉS : LE SECTEUR PRIVÉ NE PEUT PLUS FINANCER L'ÉTAT À SON INSU
La DPG révèle un stock d'arriérés de paiements évalué à 1 956 milliards de FCFA à fin mars 2025.
Elle indique que seulement 49,5 % du stock, soit 2 406 dossiers, correspond aux dossiers réguliers prioritaires et prévoit différentes modalités : paiement en numéraire, affacturage, titrisation, compensation fiscale et rééchelonnement.
Nous approuvons le principe selon lequel le secteur privé national ne doit plus servir de variable d'ajustement de la trésorerie de l'État. Mais les entreprises ont maintenant besoin de réponses opérationnelles.
Combien sera payé en 2026 ?
Combien en 2027 ?
Quelle part sera réglée en numéraire ?
Quelle part sera titrisée ?
Comment ces paiements s'articulent-ils avec les 300 milliards de FCFA précédemment annoncés ?
Et surtout : d'où viendra la trésorerie ?
Une PME ne paie ni ses salariés ni sa banque avec une déclaration d'intention.
1 000 MILLIARDS AU FONSIS, 5 000 MILLIARDS MOBILISÉS, 200 000 EMPLOIS : IL FAUT MAINTENANT DÉMONTRER L'EFFET DE LEVIER
Le Gouvernement prévoit de transférer 1 000 milliards de FCFA d'actifs marchands ou à potentiel marchand au FONSIS. À partir de ces actifs, il ambitionne de mobiliser près de 5 000 milliards de FCFA de capitaux, principalement privés, et de générer 200 000 emplois. L'ambition est intéressante. Mais un potentiel de mobilisation n'est pas une ressource disponible. Il faut préciser la nature des actifs transférés, leur valorisation, le calendrier des transferts, les investisseurs ciblés, la structure des véhicules de financement et les risques éventuellement supportés par l'État. Il faudra également expliquer comment est construit le multiplicateur annoncé de 1 à 5.
Nous ne contestons pas l'ambition.Nous demandons l'équation.
LE QUOTIDIEN DES SÉNÉGALAIS : DES OBJECTIFS IMPORTANTS, MAIS ENCORE BEAUCOUP DE PROMESSES
Le Gouvernement annonce des objectifs importants :
un million de ménages pauvres et vulnérables couverts par un filet social dès 2027, avec une enveloppe passant de 70 à 140 milliards de FCFA ; une baisse de 30 % du prix du kWh à l'horizon 2030 ; 30 000 logements effectivement occupés par an ; et un potentiel global de 1,52 million d'emplois à l'horizon 2029 selon le Masterplan.Nous souhaitons que ces objectifs soient atteints.Mais après presque trente mois, les Sénégalais ne peuvent plus être uniquement renvoyés à 2029, 2030 ou 2050.
Ils veulent savoir : qu'est-ce qui changera en octobre 2026 ?
Qu'est-ce qui changera dans leur budget en janvier 2027 ?
Combien d'emplois seront effectivement créés dans les douze prochains mois ?
Quand la facture d'électricité commencera-t-elle réellement à diminuer ?
Quand les PME commenceront-elles effectivement à être payées ?
C'est à cette échelle que la politique publique rencontre la vie réelle.
LES GRANDS PROJETS : L'AMBITION NE REMPLACE PAS LE FINANCEMENT
La DPG présente de nombreux projets catalytiques : Yakaar-Teranga, réseau gazier, SAR 2, projets miniers, engrais, agropoles, Grand Transfert d'Eau, infrastructures ferroviaires et portuaires.
Le seul développement de la première phase de Yakaar-Teranga est évalué entre 5 et 10 milliards de dollars, selon le schéma qui sera finalement retenu. Le Grand Transfert d'Eau et la nouvelle ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda figurent également parmi les opérations structurantes annoncées.
Ces projets peuvent transformer le pays.
Mais la question centrale demeure :
qui finance, selon quel montage, avec quelle participation publique, quel calendrier, quelle rentabilité économique et quels risques budgétaires ?
Le Premier ministre écrit lui-même que :« Des engagements sans projets ne sont que des intentions bien rédigées. » Nous ajouterions simplement : Des projets sans financement sécurisé restent également des intentions.
L'ÉTAT DE DROIT : DES PAROLES IMPORTANTES QUI DEVRONT ÊTRE SUIVIES D'ACTES
Nous relevons favorablement plusieurs engagements : indépendance de la justice, présomption d'innocence, accès à l'information, réforme électorale, nouveau Code électoral, projet de Cour constitutionnelle et volonté affichée de réconciliation.
Mais là encore, la DPG contient un élément extrêmement révélateur concernant les audits fonciers.
Le Premier ministre indique que les rapports concernant sept zones avaient été finalisés entre juillet 2024 et février 2025 et transmis au précédent chef du Gouvernement. Il parle lui-même d'une validation restée en « quasi-latence depuis 16 mois » et estime que ces rapports auraient dû être publiés.
C'est un fait majeur.
Il confirme que certaines lenteurs aujourd'hui dénoncées par le nouveau Gouvernement sont intervenues au sein même du pouvoir actuel.
Encore une fois : on ne peut pas réclamer la responsabilité pour hier et l'effacer pour les deux dernières années.
« UN GOUVERNEMENT NE SE LAMENTE PAS : IL PREND SES RESPONSABILITÉS »
Nous entendons le discours sur les contraintes. Nous savons qu'elles sont réelles.
Mais, comme le rappelle Abdoulaye Wilane : « Un gouvernement ne se lamente pas. Il prend ses responsabilités. » Il est trop facile de transformer chaque difficulté en justification supplémentaire.
La dette est élevée : gouvernez.Les marchés sont difficiles : restaurez la confiance.
Les recettes sont insuffisantes : élargissez intelligemment l'assiette sans étouffer l'économie.
Les entreprises attendent leur argent : présentez le calendrier d'apurement.
Les projets avancent trop lentement : exécutez. L'administration est inefficace : réformez-la.
C'est précisément pour résoudre ces problèmes que les Sénégalais élisent un Gouvernement.
NOTRE POSITION : NI DÉNI, NI DRAMATISATION, NI PILOTAGE À VUE
Le Parti Socialiste ne niera jamais les difficultés du Sénégal.
Nous ne nierons pas la dette.
Nous ne nierons pas les contraintes financières.
Nous ne nierons pas davantage la nécessité de réformes parfois difficiles.
Mais nous refusons également que la peur devienne une méthode de gouvernement.
On ne gouverne pas sérieusement un pays en faisant du pilotage à vue.
On ne peut pas annoncer simultanément des milliers de milliards d'investissements, le paiement des arriérés, le redressement budgétaire, la réduction de la dette, l'augmentation de la protection sociale, la baisse du coût de l'énergie et la création de centaines de milliers d'emplois sans présenter progressivement l'équation financière qui relie tous ces objectifs.
C'est cela que nous demanderons au Gouvernement.
Pas moins de dépenses pour le plaisir de réduire les dépenses.
Pas davantage d'impôts pour le plaisir de collecter davantage.
Mais une politique économique cohérente où chaque franc prélevé, emprunté ou investi produit un résultat mesurable pour les Sénégalais.
NOUS PRENONS LE PREMIER MINISTRE AU MOT
Le Premier ministre dit avoir tiré de sa carrière de banquier central une règle simple : « on ne doit promettre que ce qu'on peut tenir, et il faut tenir ce que l'on a promis ».
Nous partageons cette conception. Il annonce également que les ministres auront désormais des objectifs mesurables, que leurs lettres de mission seront publiques et que l'exécution fera l'objet de revues trimestrielles.
Très bien.
Nous conserverons donc les chiffres annoncés.
Nous conserverons les échéances.
Nous conserverons les engagements.
Et nous jugerons sur les résultats. Car le Premier ministre a également reconnu que, durant les premières années, « l'annonce [a précédé] l'exécution ».
Cela ne doit plus arriver.
CONCLUSION
Cette DPG est moins triomphaliste que certains discours qui l'ont précédée. Elle reconnaît davantage les contraintes financières, les limites du financement endogène, les difficultés du PRES, les insuffisances d'exécution, la nécessité de renouer avec la communauté financière internationale et l'urgence de restaurer la confiance.
C'est une évolution que nous saluons.
Mais cette lucidité nouvelle ne doit pas devenir une manière de réécrire les responsabilités.
Le précédent Gouvernement a dirigé le pays pendant plus de deux ans.
Il a porté le PRES.
Il a conduit la politique économique.
Il a porté politiquement le récit de la « dette cachée ».
Il a supervisé des dossiers dont le nouveau Premier ministre reconnaît aujourd'hui les lenteurs, les insuffisances ou la nécessité de réévaluation.
Ces responsabilités ne disparaissent pas parce que leur titulaire a changé de fonction.
Nous ne demandons aucun procès politique.
Nous demandons simplement la même exigence pour tous : rendre compte.
Le Premier ministre a lui-même rappelé que les chiffres finissent toujours par avoir raison des discours.
Sur ce point, nous sommes pleinement d'accord avec lui.
LES MOTS ONT CHANGÉ.
LES CONTRAINTES SONT ENFIN RECONNUES.
MAIS LES RESPONSABILITÉS DEMEURENT.
LE TEMPS DES RÉSULTATS EST VENU.
Abdoulaye WILANE
Porte-parole du Parti Socialiste