Dakar au cœur de l'innovation : la recherche ouest-africaine à l'assaut du marché



L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et le Programme de Recherche et Innovation de l'Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) ont ouvert la quatrième Conférence des Recteurs Afrique de l'Ouest (C2R) et les Journées Recherche & Innovation, réunissant une centaine de dirigeants universitaires venus de douze pays pour créer des passerelles directes entre les laboratoires scientifiques et le monde économique.
 
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, a rappelé la volonté des autorités sénégalaises d'ancrer la science dans le développement concret du continent. « L'université africaine ne sera pleinement utile à nos nations que si ses savoirs quittent les laboratoires pour atteindre les entreprises, les champs, les hôpitaux, les territoires », a-t-il affirmé. Il a souligné les axes clés de l'agenda national NTRI 2050, axés sur la gouvernance, le financement pérenne et la valorisation industrielle.
 
Le Chef de la Délégation Adjoint de l'Union Européenne au Sénégal, Thomas Huyghebaert, a réaffirmé l'engagement financier de son institution à travers la stratégie Global Gateway et le programme Horizon Europe. « Il faut de la recherche pratique qui peut se connecter avec le secteur privé et les banques d'investissement pour réaliser cette transformation », a-t-il précisé.
 
Pour sa part, le Recteur de l'AUF, le Professeur Slim Khalbous, a recadré le débat sur le manque de moyens financiers souvent évoqué par les établissements. « L'Afrique ne manque pas d'argent. L'Afrique doit avoir une gouvernance plus efficace. Lorsqu'on a des projets clairs avec une vision, avec un tour de table d'acteurs compétents, on va trouver l'argent et on le trouvera facilement », a-t-il déclaré.
 
Du côté des enseignants-chercheurs, Sidi Sèck, médecin et chercheur à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, a insisté sur la nécessité de structurer tout l'écosystème d'accompagnement autour des laboratoires. « Le premier obstacle, c'est d'abord d'avoir des ressources humaines de qualité et surtout d'avoir des questions de recherche qui sont orientées besoins de la population », a-t-il indiqué. Il a cité en exemple les avancées du projet VaRRIWA dans la mise au point de phytomédicaments contre l'hypertension artérielle.
 
Les travaux de ce sommet international se sont poursuivis avec l'examen de la stratégie 2025-2029 de l'AUF et la préparation de recommandations destinées aux décideurs politiques de la sous-région.





Lundi 28 Septembre 2026 15:39


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