Damas, cible des pirates informatiques

Alors que les frappes militaires contre la Syrie sont remises à plus tard, il semble qu’une cyber-guerre contre le régime de Damas se soit engagée. Les cyber-combattants des deux camps s’affrontent tous azimuts. Les hackers anti-al-Assad s’opposent aux pirates informatiques du régime. D'un côté le groupe de l’Armée électronique syrienne qui avait revendiqué l’attaque des serveurs du New York Times, de Twitter ; de l'autre, sous la bannière des Anonymous, les pirates répliquent en menant des opérations au cœur même de l’internet syrien.



Les pro-Assad ne sont pas les seuls à avoir entamé la cyber-guerre. Des pirates informatiques du monde entier mènent des opérations au coeur même de l'internet syrien. REUTERS/Kacper Pempel/Files
Les Anonymous revendiquaient, jeudi dernier, sur leurs comptes Twitter, @blackplans, l'intrusion de plusieurs sites gouvernementaux, le ministère de l’Energie, de la Poste, et l’attaque de l’agence des télécommunications syriennes ainsi que le piratage de l’agence de presse Sana. Les Anonymous affirment avoir désactivé le site de la ville d’Alep ce week-end, site qui est de nouveau en fonctionnement aujourd'hui. Les pirates anti-al-Assad ont également publié l’identité de membres de l’Armée électronique syrienne qui habiteraient aux Etats-Unis dans l’Etat de Pennsylvanie !
Des cyber-attaques qui s'intensifient depuis le 21 août
L’un de ces « hacktivistes », luttant contre le régime de Damas s’est confié au Washington Post. Il estime que la guerre cybernétique ne fait que commencer, mais qu’elle s’est intensifiée depuis l'annonce de l’utilisation d’armes chimiques contre des civils. Par ailleurs, une nouvelle vidéo des Anonymous circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux sous le titre : « Le silence est un crime de guerre ». Selon les propos d’Olivier Tucket, rapportés par le Washington Post, le réseau internet de la Syrie présente de nombreuses failles de sécurité, les sites sont très faciles à pénétrer. Il affirme, documents à l’appui, avoir pris le contrôle des serveurs informatiques syrgov.sy, avoir accédé aux boîtes électroniques du pouvoir en place dont il a aussitôt transféré le contenu sur les pages d’un blog américain, sur le portail du gouvernement israélien. Le pirate a également redirigé le nom de domaine syrgov.sy vers les serveurs de mails de la marine chinoise.
Un réseau internet syrien fragile
Selon le hacker, les autorités syriennes ne prennent pas au sérieux la sécurité de leur propre réseau. La plupart des communications gouvernementales, par exemple, ne sont pas chiffrées. Un constat confirmé par de nombreux experts américains qui remarquent que certaines pannes du réseau internet en Syrie seraient volontairement provoquées par les informaticiens du régime. Ces coupures serviraient vainement à endiguer le flot des attaques perpétrées par les hackers.

Dépéche

Mardi 3 Septembre 2013 12:21


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