Au Sénégal, le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan accuse la majorité parlementaire (Pastef) de faire de l'obstruction sur l'examen du budget 2027. Dans un communiqué, il regrette une «succession d'initiatives (qui) s'apparente à des manœuvres d'obstruction dont l'objectif serait notamment de compromettre l'assainissement des finances publiques, la relance économique, l'apurement des arriérés de paiement, le soutien de l'État aux populations les plus vulnérables et le respect de certains engagements pris vis-à-vis des syndicats de travailleurs dans le cadre du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable».
À l'origine du différend, une lettre du 3 novembre 2026, adressée au ministre par le président de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire, demande «le retrait du projet de loi de finances initiale 2027 transmis à l'Assemblée nationale par décret présidentiel» Ce dernier estime que «le rejet de la LFR 2026 remet en cause les hypothèses de référence du budget 2027 » et demande « une version révisée du budget fondée sur la LFI 2026. »
Le ministère conteste le fondement de cette démarche en rappelant deux règles. D'abord, « l'article 46 de la loi organique n°2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l'Assemblée nationale prévoit la convocation des Commissions au moins quarante-huit heures avant leur réunion, sauf exceptions liées notamment à l'urgence ou à certains amendements. » Ensuite, « le rejet d'un projet de LFR n'emporte pas, par lui-même, le retrait de la LFI de l'année suivante. » À titre d'illustration, il rappelle que « l'Assemblée nationale a adopté la LFI de l'année 2026 le 13 décembre 2025, avant la deuxième LFR 2025, adoptée le 30 décembre 2025. »
Face à cette situation, le ministère «en appelle à la responsabilité pour des questions relatives aux décisions budgétaires qui concernent le quotidien des populations sénégalaises et exigent de la cohérence et le strict respect des lois et règlements».