Destruction de maisons à Dougar par DSCOS: les populations en colère contre Peacock



La Dscos a procédé hier à Dougar à la démolition de lots de bâtiments dans le périmètre qui oppose les populations aux investisseurs marocains de l’entreprise Peacock Investissements. Ces dernières ont décidé de résister à ce qu’elles qualifient d’expropriation irrégulière.

Le réveil a été brutal mercredi pour les habitants de Dougar, une localité située à l’est de la commune de Diamniadio. Ils ont été surpris par le bruit des engins convoyés sur le site litigieux qui oppose depuis 10 ans les populations autochtones et les responsables de la société marocaine Peacock Invest. « Depuis dix ans, nous luttons avec ces investisseurs pour la sauvegarde de nos terres. Il y a deux ans ils avaient procédé à des opérations de démolitions. Aujourd’hui ils reviennent pour nous déposséder de 10 hectares sur nos terres cultivables », fustige le jeune Mamadou Fall. Le site en question a été très tôt pris d’assaut par les bulldozers escortés par des agents de la Dscos.

Une forte présence des gendarmes qui n’a pas calmé pour autant l’ardeur des populations. « Nous avions alerté sur cette situation qui reste tendue depuis quelques temps. Ils doivent se résoudre à nous laisser nos terres. Nous ne nous laisserons pas faire ! » avertit pour sa part Ousmane Dione. « Nous avons épuisé toutes les voies de recours légales. Il est inacceptable qu’ils viennent nous déposséder des terres de nos ancêtres », s’écrie-t-il à nouveau dans les colonnes du journal Le Témoin.

Dans ce combat contre Peacock Investment, les populations de Dougar disent avoir perdu tout espoir de perspectives pour leurs enfants. Une inquiétude encore plus grande avec l’omerta des autorités dans cette zone en proie à une spéculation foncière à outrance. Un sentiment partagé par les populations qui dénoncent un certain laxisme. « Le maire Moulaye Gueye nous a déçus. Il devait se ranger du côté des populations, mais non du côté des investisseurs étrangers pour nous exproprier nos terres. Nous le déclarons persona non grata », a confié la nommée Ndèye Fatou Faye, une manifestante, au correspondant du journal Le Témoin sur place.

AYOBA FAYE

Jeudi 29 Avril 2021 11:05


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