Depuis près de deux ans, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) au Sénégal subit une contraction brutale. Ce ralentissement n'est pas sans conséquences, il ébranle l'industrie cimentière, dont la contribution fiscale est passée de 109 milliards à 104 milliards FCfa en 2024, selon le rapport de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
L’année 2025 s'achève sur un bilan encore plus sombre. Le manque à gagner pour le Trésor public, notamment sur la TVA et la taxe sur le ciment, dépasse désormais les 6 milliards FCfa. Un paradoxe, alors que la capacité de production n'a jamais été aussi élevée.
La décision des autorités de suspendre ou d'arrêter de nombreux chantiers publics au nom de la bonne gouvernance et de la transparence a provoqué un « choc exogène ». « La suspension des projets a constitué un traumatisme pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques, eux, sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, DG de Dangote Sénégal et Président de la Chambre des Mines, sur les colonnes de « L’Observateur ».
Au-delà de l'arrêt des travaux, trois facteurs viennent aggraver la situation des industriels, « les créances impayées de l’État envers les entreprises du BTP s’élèvent à plus de 300 milliards FCfa. Sans ce paiement, les entreprises ne peuvent plus honorer leurs commandes auprès des cimenteries. Également, le Sénégal dispose d'une capacité installée de 15 millions de tonnes, pour une demande locale qui plafonne à 7 millions de tonnes. S’en suit, la fermeture du marché gambien avec une hausse de 500% des droits de douane et l'instabilité sécuritaire au Mali réduisant ainsi à néant les soupapes de secours à l'export.
Pour les industriels, ces cinq dernières années, le secteur a injecté plus de 600 milliards FCfa dans l'économie et généré 5 000 emplois directs. Sococim a investi 220 milliards FCfa en quatre ans pour moderniser son usine. Elle a en outre enregistré une perte de chiffre d'affaires proche de 30% entre 2024 et 2025. Cimaf-Sénégal, avec 160 milliards FCfa d'investissement, le groupe fait face à un marché en déclin total pour la première fois de l'histoire du pays. « On n'a jamais vu deux années de suite aussi difficiles. C’est inédit », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.
Pour sortir de cette impasse, les cimentiers interpellent directement l'État. L'incertitude entourant les accords avec le Fonds Monétaire International (FMI) pèse sur le moral des investisseurs.
Pour sortir de cette crise,les acteurs du secteur ont proposé comme solution, « l’apurement intégral de la dette intérieure pour redonner de l'oxygène aux entreprises de construction, la reprise immédiate des grands travaux publics structurants, et la protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs ».
« Tant qu'on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a prévenu Mohammed Bennis, DG de Cimaf.
L’année 2025 s'achève sur un bilan encore plus sombre. Le manque à gagner pour le Trésor public, notamment sur la TVA et la taxe sur le ciment, dépasse désormais les 6 milliards FCfa. Un paradoxe, alors que la capacité de production n'a jamais été aussi élevée.
La décision des autorités de suspendre ou d'arrêter de nombreux chantiers publics au nom de la bonne gouvernance et de la transparence a provoqué un « choc exogène ». « La suspension des projets a constitué un traumatisme pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques, eux, sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, DG de Dangote Sénégal et Président de la Chambre des Mines, sur les colonnes de « L’Observateur ».
Au-delà de l'arrêt des travaux, trois facteurs viennent aggraver la situation des industriels, « les créances impayées de l’État envers les entreprises du BTP s’élèvent à plus de 300 milliards FCfa. Sans ce paiement, les entreprises ne peuvent plus honorer leurs commandes auprès des cimenteries. Également, le Sénégal dispose d'une capacité installée de 15 millions de tonnes, pour une demande locale qui plafonne à 7 millions de tonnes. S’en suit, la fermeture du marché gambien avec une hausse de 500% des droits de douane et l'instabilité sécuritaire au Mali réduisant ainsi à néant les soupapes de secours à l'export.
Pour les industriels, ces cinq dernières années, le secteur a injecté plus de 600 milliards FCfa dans l'économie et généré 5 000 emplois directs. Sococim a investi 220 milliards FCfa en quatre ans pour moderniser son usine. Elle a en outre enregistré une perte de chiffre d'affaires proche de 30% entre 2024 et 2025. Cimaf-Sénégal, avec 160 milliards FCfa d'investissement, le groupe fait face à un marché en déclin total pour la première fois de l'histoire du pays. « On n'a jamais vu deux années de suite aussi difficiles. C’est inédit », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.
Pour sortir de cette impasse, les cimentiers interpellent directement l'État. L'incertitude entourant les accords avec le Fonds Monétaire International (FMI) pèse sur le moral des investisseurs.
Pour sortir de cette crise,les acteurs du secteur ont proposé comme solution, « l’apurement intégral de la dette intérieure pour redonner de l'oxygène aux entreprises de construction, la reprise immédiate des grands travaux publics structurants, et la protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs ».
« Tant qu'on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a prévenu Mohammed Bennis, DG de Cimaf.