«Dirty Diesel» : ​"Les premiers prélèvements ont confirmé nos suppositions", Andreas Missabach



«Dirty Diesel» : ​"Les premiers prélèvements ont confirmé nos suppositions", Andreas Missabach
Quelle est la motivation des négociants suisses, si la vente de carburants «Sales» en Afrique n’était pas en fait un modèle d’affaire lucratif ? C’est sur cette question qu’Andreas Missabach, pilote du projet «Dirty Diesel», a pris l’initiative de faire des enquêtes sur les quatre (4) négociants suisses, tous propriétaires de réseaux de stations-service en Afrique : Trafigura et son félin Puma Energy ; Vitol et son enseigne Shell pilotée par le consortium Vivo Energy ; Addax & Oryx Group et sa branche aval Oryx Energies, Lynx Energy.

Selon Andreas Missabach : «les trois (3) années d’enquête ont été nécessaires pour comprendre un modèle d’affaires méconnu et complexe. Et qu’elle pourrait être la contribution du rapport au débat sur les carburants».

En l’en croire, les premiers prélèvements ont tout de suite confirmé nos suppositions : ils présentaient une très haute teneur en soufre et d’autres substances nocives pour la santé.

«Nous avons trouvé dans l’essence un additif utilisé comme substitut du plomb, le MMT, à base de manganèse, un métal neurotoxique. Sur les quatre échantillons prélevés, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, tous contenaient du MMT", a-t-il informé.

Et, de poursuivre, «cela est lié à notre regard sur l’Afrique. Le continent est toujours considéré essentiellement comme un producteur de matières premières plutôt que comme un marché porteur, alors que son économie connaît une forte croissance».  

 Les gouvernements africains «doivent adopter des standards plus stricts» afin d’arrêter «cette bombe à retardement», a-t-il lancé. 

Aminata Diouf

Vendredi 16 Septembre 2016 - 09:07



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