Drame de Lompoul et blocage de la LFR : Abdou Mbow dénonce l'indifférence du pouvoir et exige l'arrêt de la politique politicienne



Dans une déclaration rendue publique ce 08 novembre 2026 à Dakar, le député de la coalition Takku Wallu Senegal, Abdou Mbow, réagit avec sévérité au naufrage survenu au large de Lompoul et fustige la gestion politique actuelle de la crise migratoire.
 
Le parlementaire de l'opposition ouvre son propos sur l'ampleur du drame et la réaction des autorités d'une phrase sans équivoque : « Plus de 30 morts. Un seul rescapé. Je répète, pour ceux qui, à Dakar, sont trop occupés à se disputer un budget pour entendre : Plus de 30 jeunes Sénégalais morts. Plus de 30 corps repêchés au large de Lompoul, dans le département de Kebemer, commune de Léona. »
 
Revenant sur le contexte politique et le rejet du projet de loi de finances rectificative par l'Assemblée nationale, le texte de la déclaration d'Abdou Mbow poursuit : « Ils se crêpent le chignon sur la Loi de Finances Rectificative. Ils la rejettent sans débat. Sans débat ! On ne discute même pas du texte qui doit prendre en charge les préoccupations des jeunes laissés à eux-mêmes. On le rejette comme on rejette un plat qu'on n'a même pas goûté. On vote par consigne, par vengeance, par calcul. Et pendant ce temps, à Lompoul, on enterre. C'est ça qui est insupportable. C'est ça qui est indécent. »
 
Sur les causes profondes poussant la jeunesse vers les pirogues, la déclaration du député Takku Wallu Senegal met en cause l'action des gouvernants : « Ces jeunes ne partent pas par plaisir. Ils ne partent pas par goût de l'aventure. Ils partent parce qu'ils n'entrevoient plus aucun avenir chez eux. Ils ont cru aux promesses. On leur a promis la rupture. On leur a promis le système. On leur a promis des emplois, la souveraineté, la dignité. Deux ans après, qu'est-ce qu'ils ont ? Le chômage, la vie chère, l'humiliation de devoir quémander un stage, et des discours. Alors ils choisissent l'océan. Ils préfèrent risquer la mort que de subir la mort lente du désespoir. C'est un choix terrible, mais c'est un choix rationnel quand l'État a abdiqué. »
 
Face aux réponses de l'Exécutif et aux blocages institutionnels, la déclaration de l'élu conclut en interpellant directement la responsabilité de la République : « On ne peut pas, d'un côté, prétendre défendre la jeunesse et, de l'autre, rejeter sans débat la loi qui finance sa formation, son emploi, sa santé. On ne peut pas parler de souveraineté quand on laisse nos enfants mourir pour aller chercher en Europe la dignité qu'ils ne trouvent pas ici. La vérité est cinglante : le Sénégal est en train de perdre sa jeunesse deux fois. Une fois dans l'océan, une fois dans les querelles de Palais. À Lompoul, ce ne sont pas 34 migrants qui sont morts. Ce sont 34 Sénégalais que la République a abandonnés. 34 fils de Léona et de Thiéppe qui ont préféré l'incertitude de l'Atlantique à la certitude de l'oubli chez eux. »


Dimanche 8 Novembre 2026 22:49


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